Sami Ramdani


Cet été, les menaces américaines de sanctions extraterritoriales ont provoqué un mouvement d’union nationale parmi les représentants politiques allemands. Un mois après, l’affaire Navalny a repolarisé l’échiquier politique national et européen dans l’approche du projet Nord Stream 2. Tour de l’horizon des reactions à un projet de gazoduc au fort caractère géopolitique.

Le Baltic Pipe, qui doit relier la Norvège à la Pologne en passant par le Danemark, a obtenu des autorités suédoises le dernier permis nécessaire à sa réalisation. D’une capacité de 10 BCM, ce gazoduc est la pièce majeure de la stratégie gazière polonaise  : le pays a pour ambition de devenir un hub à destination des marchés d’Europe centrale et orientale.

Pour pouvoir l’appliquer au Nord Stream 2, l’Union a modifié sa législation. Jugeant cela discriminatoire, Nord Stream 2 AG en appelle à la Charte de l’énergie. En réaction, la Commission souhaite modifier la Charte, contribuant ainsi à faire douter de la légitimité de son action. S’il est peu probable que la stratégie de Bruxelles soit fructueuse, ce conflit semble de toute manière se diriger vers une résolution devant la Cour de justice de l’Union plutôt que dans le cadre de la Charte de l’énergie.

Le directeur général de Nord Stream 2 AG a adressé une lettre à Jean-Claude Juncker pour obtenir une dérogation à la nouvelle «  directive gaz  » alors que cette dernière a été amendée justement pour s’appliquer au Nord Stream 2. C’est ce ciblage que Nord Stream 2 AG estime discriminatoire, invoquant la Charte de l’énergie pour se défendre.