10 points sur l’environnement

1. Qu’entend-on exactement par « environnement » ?

L’environnement est, au sens large, l’ensemble des facteurs biotiques et abiotiques qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins. En ce qui concerne plus précisément l’espèce humaine, on peut rajouter aux conditions naturelles les conditions culturelles susceptibles d’agir sur les activités des sociétés. L’environnement est finalement l’ensemble des éléments qui nous entourent et nous permettent de vivre à un endroit donné du globe.

Les révolutions industrielles du XIXe siècle ont eu un impact majeur sur l’environnement, aussi bien en Europe que dans d’autres parties du monde. Imaginez par exemple qu’avant l’arrivée des Européens dans le Nouveau Monde, une immense forêt primaire (c’est-à-dire s’étant formée après la dernière glaciation) tempérée recouvrait la moitié des Etats-Unis. Même si la conscience de la nécessité de protéger l’environnement s’était déjà faite jour chez certains intellectuels et artistes au XIXe siècle, on pense par exemple au mouvement romantique, c’est majoritairement dans la deuxième moitié du Xxe siècle, avec l’augmentation massive de la population mondiale, que s’est imposée la nécessité de mettre en place des mesures généralisées de protection.

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Aujourd’hui, on peut classer par ordre d’urgence quatre risques majeurs qui pèsent sur notre environnement, donc sur notre capacité à vivre correctement dans le futur :

  • les pollutions (d’origines et de natures diverses)

  • la diminution de la biodiversité

  • l’épuisement des ressources naturelles

  • les changements climatiques

2. Les pollutions menacent-elles notre qualité de vie ?

Le terme pollution peut s’appliquer à un ensemble très divers de phénomènes : pollutions de l’eau, de l’air, des sols mais aussi pollutions visuelles, sonores… De manière générale la pollution est un phénomène de modification des facteurs abiotiques d’un écosystème qui altère son fonctionnement naturel. En général, comme pour la pharmacologie, tout est une question de dose, et n’importe quelle substance ou radiation peut virtuellement causer une pollution si elle est en quantité trop importante. Le CO2 est un bon exemple : de gaz indispensable à la vie, via sa transformation photosynthétique en sucres par les plantes, il est devenu le facteur majeur des dérèglements climatiques.

Les pollutions sont un enjeux majeur pour l’ensemble de la planète parce que le mode de vie moderne, en particulier des pays riches, pollue massivement sont environnement proche et lointain. Que ce soit les particules fines émises par les moteurs à combustion, les perturbateurs endocriniens, dont on ne fait que commencer à prendre la mesure de l’impact sur la santé humaine, les rejets de nitrates d’origines agricoles dans les rivières, ou encore la radioactivité d’origine humaine (Tchernobyl, Fukushima), notre environnement est beaucoup plus pollué que celui qu’ont connu nos ancêtres, même proches.

Selon l’OMS, en 2012, un quart des décès dans le monde ont pour origine les pollutions et les facteurs environnementaux contribuent à la survenue de plus de 100 maladies ou traumatismes.


3. Pourquoi est-il important de préserver la biodiversité ?

L’émergence du concept de biodiversité est le résultat du développement de la biologie en général et de l’écologie en particulier depuis le début du XIXe siècle. Depuis que l’écologie, en tant que science des écosystèmes, existe, la question de l’explication scientifique de la répartition de la biodiversité au niveau mondial a été l’une de ses questions majeures. Cette question n’est d’ailleurs toujours pas complètement tranchée.

La biodiversité est la diversité de l’ensemble des êtres vivants. Cela dit, cette définition n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air. En effet, comment mesurer cette diversité ? En comptant le nombre d’espèces (diversité spécifique) ? C’est souvent cette méthode qui est employée mais elle présente de nombreux défauts, notamment de favoriser les écosystèmes avec une grande diversité spécifique (entre les Tropiques notamment) et de négliger les écosystèmes très particuliers (les déserts par exemple). On peut alors mesurer la diversité écosystémique, c’est-à-dire le nombre et les différences entre écosystèmes. Mais on peut également mesurer la diversité génétique, c’est-à-dire les différences entre les individus d’une même espèce. Le terme de biodiversité est équivoque et prête souvent à confusion puisqu’il incorpore des diversités de natures et d’échelles très différentes.

La préservation de la biodiversité fait partie des discussions internationales depuis au moins 1992 et le sommet de la Terre de Rio. En 2012, un équivalent du GIEC pour la biodiversité a d’ailleurs été mis en place : la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). C’est effectivement ce concept de services écosystémiques, c’est-à-dire des services que les être humains retirent des écosystèmes, qui est au coeur de l’importance de la préservation de la biodiversité. En effet, la biodiversité est menacée sur l’ensemble de la planète et certain n’hésite pas aujourd’hui à parler d’une 6ème grande extinction. La perte généralisée de biodiversité est extrêment préoccupante à moyen terme car elle remet en question le fonctionnement de presque tous les écosystèmes et par conséquent des services écosystémiques qu’en tire l’espèce humaine – services qui sont indispensables à notre survie sur cette planète.


4. Nos ressources naturelles sont-elles inépuisables ?

Une ressource naturelle est une ressource présente dans la nature qui fait l’objet d’une utilisation pour satisfaire les besoins humains. Il peut s’agir d’une substance minérale (eau, métaux), organique vivante (bois, nourriture) ou fossile (pétrole, charbon), ou encore d’une source d’énergie (vent, soleil). On distingue habituellement les ressources non renouvelables (énergies fossiles par exemple) des ressources renouvelables (biomasse par exemple), qui ne sont par ailleurs pas inépuisables !

L’un des grands enjeux de notre siècle est la diminution des ressources naturelles disponibles par rapport aux besoins engendrés par notre mode de vie. Selon les prévisions, plusieurs ressources non renouvelables seront épuisées d’ici la fin du siècle avec le rythme d’exploitation actuel. On pense évidemment aux énergies fossiles, mais on parle moins de la raréfaction des métaux, enjeux majeur étant donnée la forte consommation qu’en fait notre civilisation, en particulier dans le domaine numérique (le recyclage ne semblant pas être une solution viable à long terme).

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5.Est-ce si grave que la Terre se réchauffe ?

Même si quelques irréductibles, d’ailleurs non spécialistes du sujet, continuent de le nier, il est maintenant globalement admis que le réchauffement de la planète observé depuis 1945 est d’origine anthropique. Il est en effet causé par l’augmentation de la quantité de gaz à effet de serre dans l’atmosphère planétaire, en particulier du plus important d’entre eux, le gaz carbonique, dont la concentration a doublé depuis le début de l’ère industrielle. Le réchauffement dû à l’activité humaine, que l’on peut déterminer grâce à des modèles physiques et en particulier distinguer d’un réchauffement d’origine exogène (Soleil, variabilité naturelle…), est actuellement d’un degré et les modèles prédisent une augmentation de 2 à 6 °C d’ici 2100. Pourquoi une telle fourchette ? Notamment parce que les modèles ne prennent pas en compte les phénomènes physiques exactement de la même manière et surtout parce qu’ils ne considèrent pas tous le même scénario d’émission de gaz à effet de serre d’ici 2100.

Ce réchauffement global, et il faut insister sur le terme global car au niveau local on pourra assister à des refroidissements, est lourd de conséquences. Par comparaison, dans le passé, la différence de température globale entre une période glaciaire et non-glaciaire est de l’ordre de 5°C. Autrement dit, une différence de 5°C sur l’ensemble de la planète fait varier l’extension des glaces du pôle Nord du cercle arctique au centre de la France. La différence est notable. De même, depuis la dernière glaciation, c’est-à-dire dans la période qui a vu le développement des grandes civilisations humaines, les températures moyennes ont été relativement stables, évoluant dans une fourchette de plus ou moins 0,5°C.

Par conséquent, le réchauffement global de la planète, qui est un phénomène durable dans la mesure où le temps de résidence moyen du CO2 dans l’atmosphère est de 110 ans, va entraîner des changements climatiques majeurs dont nous ne sommes pas capables actuellement de mesurer l’importance réelle. Les modèles évoquent une augmentation de la fréquence des évènements extrêmes, l’augmentation du niveau de la mer, la modification du régime des pluies etc. Le phénomène de réchauffement global de la Terre n’est pas sous contrôle humain et peut potentiellement changer radicalement nos conditions de vie, voilà pourquoi il est fondamental de s’y opposer par tous les moyens.


6. Quelles sont les activités qui impactent le plus notre environnement ?

L’ensemble des activités humaines ont un impact sur l’environnement. L’espèce humaine fait en effet partie, au côté du castor et de la fourmi, de ces espèces qui modifient en profondeur leur environnement biotique et abiotique. Un exemple parmi d’autres : l’écosystème naturel de l’ensemble de l’Europe est la forêt tempéré, autrement dit, en l’absence d’êtres humains, l’Europe serait recouverte d’une immense forêt primaire, comme la forêt de Bialowieza entre la Pologne et la Biélorussie (l’une des dernières forêts primaires tempérées). Cela donne la mesure de l’impact que notre espèce peut avoir sur le paysage et ce depuis très longtemps.

Cela dit, ce n’est que très récemment que les activités humaines se sont mises à menacer gravement l’environnement. En ce qui concerne les gaz à effet de serre, les activités les plus émettrices sont la consommation énergétique hors transports, suivis des transports et de l’agriculture (notamment à cause du labour).

Pour la biodiversité, l’impactant majeur est, du fait de son extension (51% du territoire en France), l’agriculture qui modifie profondément le fonctionnement des écosystèmes.


7. La protection de l’environnement est-elle un problème géopolitique ?

La protection de l’environnement est un problème géopolitique au sens littéral : elle s’ancre dans la géographie, puisqu’elle est toujours avant tout locale, et est par ailleurs par essence d’ordre politique. Mais la question de l’environnement relève aussi des rapports de force entre ensembles géographiques. En effet, que ce soit sur la question des migrants climatiques, de la répartition des ressources naturelles (sources d’énergies, métaux, eau) ou encore sur les efforts à faire en terme de diminution des émissions de gaz à effet de serre, tout est souvent une question d’intérêts politiques. En ce sens, la question environnementale est un nouvel élément dans les relations internationales.


8. Qu’est-ce qu’une politique environnementale ?

Une politique environnementale est une déclaration effectuée par une organisation, souvent un Etat mais un nombre croissant d’entreprises définissent aujourd’hui leur propre politique environnementale, sur ses intentions et principes par rapport à son comportement environnemental en général, qui offre un cadre à son action et établit ses objectifs et buts en matière d’environnement. La France a constitutionnalisé sa politique environnementale par l’intégration dans le bloc de constitutionnalité en 2005 de la Charte de l’environnement, reconnaissant ainsi les droits et les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement. Même si certaines entreprises cherchent réellement à diminuer leur empreinte écologique, il reste qu’une bonne partie des politiques environnementales publiées par les multinationales s’apparente à du « green washing », c’est-à-dire à une orientation des actions marketing et de la communication vers un positionnement écologique dont la réalité pratique est souvent douteuse.


9. Quelle est la politique de l’UE dans ce domaine ?

La politique environnemenale, initialement absente du traité de Rome (1957), est progressivement devenue un objectif en soi avec l’intégration d’un titre « Environnement » au traité de la CEE en 1986, la définition de la politique environnementale comme politique européenne dans le traité de Maastricht en 1992, l’intégration du développement durable dans le traité d’Amsterdam en 1997 et l’ajout de l’objectif de lutte contre le changement climatique dans le traité de Lisbonne. Aujourd’hui la politique environnementale de l’Union repose sur quatre principes juridiques : le principe de précaution, le principe de prévention, le principe de la correction des atteintes à l’environnement et le principe « pollueur-payeur ». De fait, disposant de peu de ressources, cette politique consiste surtout à édicter des normes et des règlementations (80% de la législation française dans ce domaine est par exemple d’origine communautaire).

A la suite du protocole de Kyoto, l’UE s’est par ailleurs fixée comme objectif une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport à l’année 1990. Dans la même logique, le plan « énergie-climat » vise à encourager l’utilisation d’énergies renouvelables et à diminuer la consommation d’énergie.

Les principaux axes de la politique environnementale de l’UE sont :

  • le changement climatique

  • la nature et la biodiversité

  • l’environnement et la santé, la qualité de la vie

  • les ressources naturelles et les déchets

Les sept stratégies thématiques de ce programme d’action portent sur la pollution atmosphérique, le milieu marin, l’utilisation durable des ressources, la prévention des déchets et le recyclage, l’utilisation durable des pesticides, la protection des sols et l’environnement urbain. Dans ces buts, un programme financier nommé LIFE+, orienté sur les travaux de recherches dans le domaine de la nature et de la biodiversité, dispose d’un budget de 3,4 milliards d’euros pour la période 2014-2020.


10. Le développement durable, solution de tous nos maux ?

Le concept étonnant, presque oxymorique, de développement durable est sur toutes les lèvres depuis quelques années. Toutes les politiques publiques doivent en effet intégrer le développement durable. Même les géants du pétrole parlent aujourd’hui de développement durable ! Rappelons le contenu de cette idée : le développement durable est une nouvelle conception de la croissance économique et de l’intérêt général. Cette expression est apparue pour la première fois en 1987 dans le rapport Brundtland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU et était définie comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.

Classiquement, le développement durable comprend trois piliers : le social, l’économique et l’environnementale.

L’idée majeure est d’associer ces trois piliers dans tout projet de développement, autrement dit de ne plus considérer seulement la rentabilité économique comme critère d’efficacité. Cela dit, le concept fait toujours la part belle à une certaine vision de l’évolution des sociétés humaines qui considère celle-ci comme une accumulation constante de toujours plus de richesses matérielles. Au vu de l’augmentation considérable de la population humaine et de la finitude de nos ressources, on peut réellement se poser la question de la durabilité, ou soutenabilité, d’un tel développement. Est-il vraiment raisonnable d’envisage que les 9 milliards d’humains présents sur Terre en 2050 puissent vivre comme des Occidentaux d’aujourd’hui ? La Terre, comme conglomérat de roches tournant autour du Soleil, y survivra, pas l’espèce humaine en revancheScreenshot 2017-08-24 23.44.37