Milàn Czerny


Photo manifestants Biélorussie : où en est-on ? Le bilan en 10 points Loukachenko Poutine Russie émeutes populaires société URSS Europe bloc de l'Est

Depuis le début du mois d’août, des manifestations sans précédent secouent le pays. Alors que Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko doivent se rencontrer prochainement, nous nous trouvons dans une situation inédite et difficile à appréhender de l’extérieur car elle ne revêt pas de caractère géopolitique évident.

Comment se structurera la suite  ? Que peut l’Europe  ? Comment expliquer la position lituanienne  ?

Le point en 10 questions/réponses.

Comme à chaque élection présidentielle ayant eu lieu en Biélorussie depuis 1994, Alexandre Loukachenko est arrivé en tête des suffrages avec 80  % des voix lors du scrutin qui s’est terminée le dimanche 9 août. Cependant, de manière inhabituelle, des manifestations sans précédents aussi bien en termes de mobilisation que de violences ont eu lieu suite à la publication des résultats pour contester les chiffres officiels et soutenir la candidate de l’opposition, Svetlana Tikhanovskaya.

Le centre Levada a publié un sondage sur l’opinion publique des citoyens russes vis-à-vis des différents pays et parties du monde. Les résultats indiquent que les relations entre l’Union et la Russie sont entrées dans une nouvelle phase. Le pourcentage de «  bonnes opinions  » à l’égard de l’Union est revenu à un niveau similaire à celui de janvier 2014, soit avant l’annexion de la Crimée et la guerre dans le Donbass. Toutefois, les résultats traduisent l’émergence d’une nouvelle identité russe, distincte de l’Europe. Des signaux à prendre en compte pour les dirigeants européens.

Le gouvernement français a exprimé sa profonde préoccupation après que plus de 1000 citoyens russes ont été arrêtés pour avoir manifesté dans les rues de Moscou le 27 juillet. En réponse, le Ministère des Affaires étrangères russe a pointé du doigt les violences policières ayant eu lieu lors du mouvement des gilets jaunes. Le débat chez les utilisateurs de réseaux sociaux en France s’est alors tourné vers la possibilité de comparer la France à la Russie.

L’Assemblée nationale a adopté mardi 9 Juillet la loi Avia, visant à réguler les contenus haineux publiés sur Internet. Cela marque une étape de plus dans la sécurisation par le gouvernement français des contenus disponibles sur les plateformes en ligne. Ce faisant, la France a adopté le discours sécuritaire répandu en Russie depuis le début des années 2010 et participe à la légitimation de la censure en ligne par le Kremlin.