Sébastien Lumet


Dans la soirée du mardi 26 août, Phil Hogan, le commissaire européen au Commerce, a remis sa démission à Ursula von der Leyen. Cette démission surprise est survenue alors que le commissaire irlandais faisait l’objet d’une vive controverse depuis sa participation, dans un club de golf en Irlande, à une réception mondaine ne respectant pas les consignes de santé publique relatives au Covid-19. Perspectives sur une démission qui fait du bruit.

Verre à moitié vide, verre à moitié plein. Ainsi pourrait-on résumer le résultat du Conseil européen du 23 avril et les débats qui ont lieu depuis autour de la solution européenne envisagée pour faire face aux retombées économiques de la crise du Covid-19. Échéance cruciale, la réunion des dirigeants européens suscitait autant d’espoir qu’elle a créé de frustrations. Deux semaines plus tôt, les Ministres des finances de la zone euro étaient parvenus à s’accorder sur une réponse autour de quatre piliers. Alors que les trois premiers instruments semblaient pouvoir passer l’épreuve de validation du Conseil sans difficulté, le principe d’un fonds de relance restait largement à définir.

Lignes de partage de l'est européen: la monnaie, l'état de droit, la circulation

Institués en juin 1993 pour ancrer les valeurs fondamentales des démocraties européennes, les critères de Copenhague devaient permettre aux ex-pays soviétiques de réformer leurs institutions afin d’intégrer progressivement l’Union européenne. 27 ans plus tard, la Hongrie est définie par nombre d’observateurs comme un régime autoritaire et la Pologne menace de suivre la même voie. L’Europe centrale n’est cependant pas un bloc homogène.

Mercredi 15 avril, la Commission européenne présentait sa feuille de route pour une levée commune des mesures de confinement. La Commission garde un souvenir douloureux de l’ordre dispersé dans lequel les mesures de confinement ont été prises lorsque le coronavirus s’est propagé sur le territoire européen. Le principe de coopération avait alors largement cédé sous le poids de la panique des États membres, les poussant à déployer des mesures unilatérales.

positions des pays face aux coronabonds

Déjouant les pronostics, l’Eurogroupe de jeudi 9 avril a permis de faire avancer les discussions et de ne pas donner raison aux prophètes de malheurs qui prédisaient une dislocation imminente de l’Union face à ses blocages. Cela étant dit, il ne s’agit ici que d’une étape technique avant un Conseil européen, le 23 avril prochain, lors duquel les dirigeants européens auront la responsabilité politique de prendre position sur les éléments les plus sensibles.

positions des pays face aux coronabonds

Après l’échec du Conseil européen virtuel du 26 mars, les chefs d’État et de gouvernement ont repoussé la brûlante question des eurobonds en invitant l’Eurogroupe à formuler de nouvelles propositions sous quinze jours. Sans mandat clair et face à la dimension très politique de l’enjeu, il est difficile d’envisager que cette prochaine étape permette une sortie de crise décisive tant l’impulsion politique, préalable nécessaire à toute traduction institutionnelle, a fait jusqu’ici défaut. Toutefois, la géopolitique des eurobonds a ravivé une autre dynamique que l’on pensait anesthésiée pendant la séquence électorale de 2019  : l’émergence d’une opinion publique européenne.