Cyprien Batut


La France s’est opposée, seule en Europe, à la reprise des négociations commerciales avec les Etats-Unis. Cette prise de position interroge alors que ces discussions ont pour objectif d’éloigner le spectre d’une guerre commerciale. Si la raison officielle est la défense de l’accord de Paris, la posture française peut s’expliquer car la France a peu à perdre dans une guerre commerciale avec les Etats-Unis, mais potentiellement peu à gagner aussi à l’obtention rapide d’un accord, notamment à cause des demandes américaines sur le marché agroalimentaire. Contrepoint sur une prise de position qui résonne comme un coup politique à l’aube des élections européennes.

La courbe des rendements de la dette américaine s’est inversée  : les dettes à plus court terme sont maintenant mieux rémunérés que les dettes à plus long terme. Cette situation anormale est historiquement annonciatrice de crise. Toutefois, il faut prendre en compte que le contexte monétaire mondial est inédit  : les anciennes lois d’airain ne sont peut être plus valides.

Une étude du CEP, un think tank allemand libéral, affirme que l’Euro a coûté à chaque français plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le problème est que ce chiffre est … faux. Le GEG | économie a trouvé de grossières erreurs méthodologiques qui disqualifient la démarche du CEP et laissent planer le doute sur sa bonne foi. Mais au-delà de la mise au point statistique, cette séquence révèle des points intéressants, tant sur les positions de la droite libérale allemande que sur les structures du débat public français. Le GEG | Économie vous en propose une synthèse en dix points.

Emmanuel Macron a défendu dans sa lettre aux Européens l’introduction d’un salaire minimum européen. Néanmoins, cette mesure est impossible à traité constant et impliquerait une transformation significative de la politique sociale de plusieurs pays européens. C’est donc une petite révolution sociale qui est annoncée ici et le niveau même d’un potentiel salaire minimum devrait y jouer un rôle important.

Amazon a engrangé en 2018 des profits records sur le territoire américain tout en ne payant aucun impôt dessus. C’est symptomatique de la facilité avec laquelle les multinationales sont aujourd’hui capables, tout à fait légalement, d’échapper à l’impôt. Depuis plusieurs années, les pays développés ont abandonné toute tentative de coopération dans la lutte contre les paradis fiscaux et se livrent au contraire une guerre fiscale à l’aide niches fiscales pour les entreprises.

Le candidat de Trump à la présidence de la Banque Mondiale David Malpass, un ancien banquier de Wall Street, est contesté. La candidature de ce fervent critique du fonctionnement de l’institution paraît incongrue à beaucoup. Ce coup de semonce de Donald Trump à l’une des institutions les plus représentatives du multilatéralisme pourrait paradoxalement unir les alliés traditionnels des États-Unis à ses adversaires actuels.

Le Forum Économique Mondial à Davos a été l’occasion de plusieurs épisodes médiatiques où les questions de l’évasion fiscale et de la redistribution par l’impôt furent posées. C’est probablement le signe d’une évolution des opinions sur le sujet  : que ce soit en France ou aux États-Unis, la question de l’équité fiscale est au centre du débat politique.

Luigi Di Maio a accusé l’héritage colonial et plus particulièrement l’un de ses vestiges, le Franc CFA, d’être à l’origine des vagues migratoires vers l’Europe. Une accusation qui est largement infondée. Si le Franc CFA peut jouer un rôle dans le sous-développement africain en empêchant les pays concernés de mener une politique monétaire indépendante , il permet dans le même temps à ces pays de jouir d’une certaine stabilité monétaire. Or c’est plutôt l’instabilité monétaire qui peut entraîner des vagues migratoires, comme ce fut le cas entre le mexique et les Etats-Unis. De plus, la majorité des demandeurs d’asile et réfugiés en Italie ne vient pas des pays de la zone FCFA.