Thomas Gauchet


Les relations diplomatiques entre la Suède et la Chine se tendent encore un peu plus depuis le début de l’été, à l’occasion du festival Almedalen et d’une décision de la Cour suprême suédoise. Depuis plus de quatre ans désormais, les affaires juridiques empoisonnent les relations entre les deux États, alors que la Chine est l’un des principaux investisseurs étrangers dans le royaume scandinave.

Les 13 et 14 mai derniers, l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt s’est rendu à Bruxelles pour participer à la célébration des dix années de mise en oeuvre du partenariat oriental. Créé en 2009 à l’initiative de la Suède et de la Pologne, le partenariat oriental vise à maintenir et approfondir les relations entre les pays membres de l’Union et d’anciennes républiques soviétiques. L’occasion de revenir sur ces dix années de coopération dans le domaine de la gouvernance démocratique et des réformes économiques, et de dresser des pistes pour l’avenir.

Invité par le Parlement européen le 3 avril pour discuter de ses perspectives sur l’Union, le premier ministre suédois Stefan Löfven a prononcé un discours résolument europhile, où il a notamment plaidé pour une participation accrue de la Suède à certains projets européens, comme celui de la justice. Signaux faibles du consensus croissant autour de la création d’un parquet européen.

Stefan Löfven, le premier ministre suédois, s’est entretenu avec le président russe en marge du sommet arctique de Saint-Pétersbourg le 9 avril dernier. C’est la première rencontre entre les deux dirigeants  : les deux pays sont en froid depuis l’annexion de la Crimée en 2014, la Suède étant le seul pays nordique à ne pas avoir repris une coopération normale avec son voisin baltique. Leur discussion semble avoir abouti à une amélioration des relations. Signaux faibles d’une reprise de la coopération  ?

Confrontées actuellement à un vaste scandale de blanchiment d’argent à l’échelle baltique, les autorités suédoises veulent revoir la législation européenne sur les fraudes bancaires. La ministre suédoise des Finances, Magdalena Andersson, a rencontré ses homologues nordiques et baltiques le lundi 1er avril afin de renforcer la coopération européenne dans ce domaine. Signaux faible d’un débat croissant autour du pouvoir des institutions européennes face aux fraudes de capitaux.

Suite à la publication de la lettre d’Emmanuel Macron dans les pages «  Débats  » du grand quotidien national Dagens Nyheter, les éditorialistes du royaume scandinave s’intéressent à la fois aux motivations qui poussent le président français à s’inviter ainsi dans le débat pour les européennes de chacun des États membres, mais aussi aux propositions formulées à cette occasion.

La révélation par les médias suédois le 13 février d’une rencontre entre l’ambassadrice de Suède en Chine et la fille d’un éditeur sino-suédois emprisonné dans le pays relance le débat sur les relations que le royaume scandinave doit entretenir avec la superpuissance. Depuis plusieurs années, les liens entre les deux pays se renforcent mais la société civile et certains secteurs clés s’inquiètent de l’entrisme chinois.