Stockholm. En ce mois de septembre, les négociations vont bon train sur le prochain budget de l’Union, qui sera applicable à partir de 2021. Les négociations budgétaires sont à un stade intense, d’autant que la sortie du Royaume-Uni crée un fossé budgétaire important que les administrateurs de l’Union veulent combler en augmentant les taxes sur certains pays membres, parmi lesquels la Suède. Même en cas de non-Brexit, la Commission affirme que l’extension de ses missions demandent une participation financière plus importante. La Suède elle-même et d’autres pays ont demandé à Bruxelles de s’impliquer davantage dans les politiques européennes, depuis la surveillance côtière, jusqu’aux problèmes environnementaux en passant par la recherche. L’ancienne commissaire européenne suédoise Cecilia Malmström a elle-même expliqué que cela coûte de l’argent.

En conséquence, lors de sa visite en Suède Gert-Jan Koopman, Directeur Général budget de la Commission européenne, a porté le message que la Commission européenne propose que la taxe suédoise soit augmentée de 40% dans le budget pluriannuel pour 2021-2027. Une contribution qui augmenterait de 15,3 milliards de couronnes suédoises. La Commission estime en effet que les taxes suédoises ne sont pas très élevées si on les compare au PIB suédois, le directeur général jugeant même à la radio suédoise que « (…) c’est une question de justice que la Suède paie sa part du budget de l’Union ». Le calcul de la Commission européenne montre que la Suède paie un dixième de moins de l’économie du pays – mesurée en PNB – par rapport à la moyenne des pays membrs. D’autant que le pays a dernièrement perçu d’importantes subventions de l’Union, notamment dans le domaine agricole1.

Une position que les Suédois refusent, arguant du fait que les frais d’adhésion par habitant sont plus élevés en Suède que dans le reste de l’Union : au cours des années 2010-2015, les Suédois ont payé 183 euros par personne en net d’impôt de l’Union. Les Pays-Bas paient 163 euros par habitant, le Danemark 149 et l’Allemagne 142 euros. Plusieurs parlementaires européens suédois militent pour élaborer une nouvelle proposition de budget à long terme réduisant les coûts et le champ d’application de la réglementation. Ils proposent notamment de limiter les contributions pour les pays qui refusent d’assumer la responsabilité de l’accueil des réfugiés dans l’Union, et de freiner les ardeurs fédéralistes de certains Etats. En cas de refus de la Commission, ils demandent à ce que tous les partis suédois s’accordent pour ne pas verser davantage que la contribution précédente2. Une volonté de peser dans le débat qui interroge la classe politique du pays. Le principal parti d’opposition des Modérés a exprimé sa désapprobation après que les sociaux-démocrates eurent nommé Ylva Johansson au poste de commissaire européenne suédoise. Le chef du parti Ulf Kristersson a nommé fustigé le choix de la candidate d’accorder sa priorité au « pilier social », ce qui représenterait un risque important de marginalisation3. D’autant qu’avec le départ du Royaume-Uni, la Suède perd un allié dans la plupart des négociations visant à renforcer les pouvoirs de la Commission.