Kinga Torbicka


La visite d’Emmanuel Macron en Pologne devait lancer un débat autour de la coopération franco-polonaise au sein de la sécurité européenne. La révision de la coopération des deux pays, sa multidimensionnalité et sa complexité induisent une réflexion approfondie sur l’état du dialogue franco-polonais contemporain dans les domaines de la sécurité et de la défense. Après la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, l’importance de l’Europe centrale et orientale, principalement de la Pologne en tant que leader de celles-ci, augmente. Est-il vraiment possible de parler d’un changement qualitatif dans l’approche des deux pays possédant deux visions différentes de la perception de la sécurité en Europe  ?

Les 3 et 4 février 2020, le président français Emmanuel Macron et son épouse se rendront en Pologne pour une visite officielle. Lors de son premier séjour en Pologne depuis son élection, il se rendra à Varsovie et à Cracovie. Cela signifie-t-il un nouvel épisode des relations franco-polonaises  ? Les rapports compliqués entre la Pologne et la France ont-ils une chance de parvenir à se reconstruire, sur le terreau du respect et de la confiance mutuels  ?

Droit et Justice (PiS) a remporté les élections pour la deuxième fois consécutive, remportant une majorité parlementaire au Sejm. Pour la première fois dans l’histoire de la Troisième République de Pologne instaurée en 1989, le nombre de sièges remportés au parlement offre au parti la possibilité de former son propre gouvernement avec le souhait, de Jarosław Kaczyński, d’établir la IVe République de Pologne – «  Etat fort et protecteur  ». Le parti va s’efforcer de modifier la constitution et la loi électorale afin d’assurer la continuité du pouvoir. Toutefois au Sénat, les partis de l’opposition ont remporté la majorité.

Les élections législatives au Parlement polonais auront lieu ce dimanche 13 octobre 2019. Le parti ultra-conservateur Droit et Justice, au pouvoir depuis quatre ans, obtiendra probablement la majorité parlementaire et pourra former un gouvernement pour la deuxième fois de l’histoire de la Troisième République polonaise (après 1989). Cependant, l’objectif de Jarosław Kaczyński, chef du parti au pouvoir, est d’obtenir une majorité qualifiée lui permettant de réviser la Constitution.

Le 4 juin, à Bruxelles l’ambassadeur des États Unis auprès de l’Union Gordon Sondland a organisé un dîner dédié aux “meilleurs amis” de Washington. Aux côtés de Federica Mogherini et de Jared Kushner, s’est réuni tout un cortège cortège de responsables politiques des pays de l’Europe de l’Est et Centrale  : le président polonais Andrzej Duda, la première ministre roumaine Viorica Dǎncilǎ et le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette réunion informelle souligne un fait  : l’Europe Centrale et de l’Est est le centre des intérêts sécuritaires américains en Europe. Les pays sont toujours réunis par le même ennemi  : la Russie.

Les résultats électoraux en Pologne ont confirmé la force du parti au pouvoir, PiS. Malgré son bon résultat, la Coalition Européenne, qui a réuni les partis d’opposition et est réussi arriver en deuxième position, risque d’être un compromis trop large pour durer dans l’environnement politique polonais. Surtout, à quelques mois des élections législatives, le scrutin européen confirme les profondes divisions du pays.

Les Polonais n’ont pas de tradition de manifestation enracinée. La situation a changé après l’arrivé au pouvoir du parti de droite Droit et Justice (PiS) en 2015  : les changements introduits par le PiS dans divers domaines de la vie ont commencé à susciter des protestations dans la société polonaise. Les Polonais sont descendus dans les rues et ont appris à manifester. Les manifestations ont pris un caractère social et politique, et voient désormais les deux parties du conflit polonais, les opposants et les sympathisants du gouvernement, protester.

Le 13 janvier 2019, le maire de Gdańsk, Paweł Adamowicz, a été poignardé sur la scène d’un concert du Grand Orchestre de la Charité de Noël. L’agresseur lui a donné cinq coups de couteau avant de crier «  j’étais en prison, torturé par la Plateforme civique et c’est pour cela qu’Adamowicz est mort  ». Le 14 janvier 2019, malgré une opération de 5 heures, Paweł Adamowicz est malheureusement décédé.

La mission Baltic Air Policing est en cours depuis 2004, quand les trois États baltes ont adhéré à l’OTAN. Avec ce programme, l’OTAN garantit la protection de leur espace aérien. Le 3 janvier 2019, la Pologne a pris en charge la surveillance de l’espace aérien des États baltes pour la huitième fois pour une période de quatre mois. La participation au Baltic Air Policing revêt une grande importance stratégique pour la Pologne, puisqu’elle lui permet de renforcer l’espace aérien sur le territoire de l’Union qui est limitrophe de la Russie.