« Même si je ne suis pas américain, j’étais ému après le match », a déclaré Mauricio Pochettino, le sélectionneur des États-Unis, après la victoire 2-0 de son équipe face à l’Australie hier. Avec deux victoires en deux matchs, l’enthousiasme autour de l’équipe américaine n’a jamais été aussi fort. Supporters, médias et commentateurs se demandent désormais si les États-Unis peuvent réellement remporter cette Coupe du monde. Interrogé sur le sujet par Fox Sports, la légende du football Zlatan Ibrahimović a répondu sans hésiter : « Oui. »

  • Les États-Unis ne figurent sans doute pas parmi les principaux favoris. Des équipes plus expérimentées et plus talentueuses sont encore en lice, et les adversaires affrontés jusqu’ici étaient d’un niveau relativement abordable. L’équipe a néanmoins déjà accompli quelque chose de remarquable : elle a remporté deux matchs consécutifs en Coupe du monde, une performance qu’elle n’avait plus réalisée depuis 1930. Ils ont également assuré la première place du groupe D avec une journée d’avance et ont validé leur qualification pour les seizièmes de finale.
  • Cette sélection américaine est jeune, audacieuse et enthousiaste. Elle joue sans complexe et parvient à entraîner tout un pays derrière elle, ce qui est sans doute la qualité la plus importante pour une équipe qui évolue à domicile.

Voir les États-Unis dominer leur groupe semble désormais presque naturel. Pourtant, avant le début du tournoi, c’est la Turquie qui était considérée comme la favorite pour terminer en tête. La sélection dirigée par l’Italien Vincenzo Montella a été battue hier par le Paraguay, malgré une supériorité durant toute la seconde période. Elle a ainsi concédé une deuxième défaite en deux matchs et est déjà éliminée. 

  • Le graphique ci-dessous illustre l’inefficacité offensive de la Turquie : lors de ses deux premiers matchs, elle a tiré 62 fois sans marquer le moindre but. Cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de la Coupe du monde, du moins depuis 1966.
  • La rencontre entre la Turquie et le Paraguay restera surtout dans les mémoires pour l’expulsion de Miguel Almirón, sanctionné pour avoir parlé à un adversaire tout en dissimulant sa bouche avec la main. 
  • Il s’agit de la première application de la nouvelle règle introduite pour ce Mondial, afin d’éviter la répétition d’affaires comme celle impliquant Gianluca Prestianni, qui aurait tenu des propos insultants, voire racistes, à l’encontre de Vinícius Júnior. 

Ce soir, l’affiche du jour opposera l’Allemagne à la Côte d’Ivoire (22 heures, heure française). Une rencontre à suivre de près, puisque les deux équipes ont remporté leur premier match et qu’une victoire assurerait à son auteur la qualification ainsi que la première place du groupe E.

  • Pour l’Allemagne, il s’agira du premier véritable test de cette Coupe du monde, après sa large victoire inaugurale (7-1) contre le Curaçao. La Côte d’Ivoire est un adversaire d’un tout autre calibre : une équipe solide et dangereuse qu’il serait imprudent de sous-estimer. Elle est arrivée au Mondial après une série de matchs amicaux particulièrement convaincants, avec des victoires face à des adversaires de premier plan comme la Corée du Sud, l’Écosse ou encore la France
  • Pour son entrée en lice, la Côte d’Ivoire s’est imposée contre l’Équateur, une autre sélection qui suscitait beaucoup d’attentes, au terme d’un match marqué par la performance de Yannick Diomande.
  • Âgé de seulement 19 ans, le joueur du RB Leipzig est sans doute l’arme offensive la plus redoutable de la Côte d’Ivoire. Rapide, technique et imprévisible, cet ailier est capable de faire la différence à lui seul, que ce soit par ses dribbles, ses buts ou ses passes décisives.
  • La Côte d’Ivoire avait déjà participé à trois Coupes du monde auparavant, en 2006, 2010 et 2014. Malgré une génération exceptionnelle emmenée par Didier Drogba et Yaya Touré, elle n’était jamais parvenue à franchir la phase de groupes. Cette année, un exploit historique semble toutefois à sa portée.

De nombreux supporters ivoiriens sont attendus dans les tribunes du stade de Toronto pour cette rencontre. La communauté ivoirienne est en effet particulièrement importante dans la région nord américaine : on estime ainsi à près de 18 000 le nombre d’Ivoiriens vivant aujourd’hui au Canada, selon les chiffres de l’ambassade. 

  • Depuis le début de la Coupe du monde, les diasporas africaines installées en Amérique du Nord jouent un rôle clef dans le soutien apporté à leurs équipes. 
  • Pour les supporters vivant en Afrique, assister au tournoi s’est en effet révélé extrêmement difficile, en raison du coût élevé du voyage, mais aussi des obstacles administratifs liés à l’obtention d’un visa.

Quelques observations et points d’intérêt

  • Les matchs de cette Coupe du monde, en particulier ceux disputés aux États-Unis, se jouent dans des enceintes futuristes : certains stades sont dotés d’un toit rétractable et d’autres ressemblent à des vaisseaux spatiaux. Ils sont immenses, climatisés et constituent de véritables prouesses d’ingénierie. Mais tout le monde n’est pas séduit. Après le match de l’autre nuit contre la République tchèque, le sélectionneur sud-africain Hugo Broos s’en est ainsi pris au stade couvert d’Atlanta : « Ce n’est pas un stade de football », a-t-il déclaré. « J’aime les stades ouverts. Je ne ressens pas la même atmosphère ici. Si on le compare à l’Azteca, par exemple, alors oui, c’est un stade de football. »
  • Les journalistes, eux, semblent davantage apprécier ces nouvelles enceintes. « Il est impossible de ne pas être impressionné par l’immense SoFi Stadium de Los Angeles, une arène qui ressemble à un vaisseau spatial, coiffée d’une couverture en forme de goutte d’eau de près de 100 000 mètres carrés », écrivait récemment Ben Fisher dans The Guardian. Ils sont en revanche beaucoup moins enthousiastes à propos des prix pratiqués sur place. Ces derniers jours, des reportages ont évoqué des bouteilles d’eau vendues 5 dollars dans les centres de presse et des bières à 23,50 dollars aux abords du stade de Los Angeles.
  • La nuit où le Brésil a battu Haïti et retrouvé un peu d’élan, une plaisanterie du président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, à propos de Neymar est devenue virale. Évoquant l’absence prolongée de la star brésilienne, toujours blessée, Lula a lancé : « C’est le premier footballeur en télétravail de l’histoire. »
  • Quelle ville a fourni le plus de joueurs à la Coupe du monde au cours de l’histoire ? Selon l’analyste économique Daniel Schteingart, c’est Montevideo qui occupe la première place, avec 142 participants aux différentes éditions de la Coupe du monde nés dans la capitale uruguayenne, qui devance assez largement Mexico et Buenos Aires.
  • Ces chiffres ne prend toutefois en compte que la commune administrative de naissance, et non les aires métropolitaines. C’est notamment pour cette raison que Paris n’apparaît pas dans le classement. Or, pas moins de 53 joueurs participant à l’édition 2026 sont nés à Paris ou dans sa région métropolitaine, ce qui placerait la capitale française parmi les principaux viviers de talents du football mondial.