Le 27 avril dernier, les 50 villes les plus chaudes de la planète se trouvaient toutes en Inde 1. Le pays, qui compte plus de méga-villes que la Chine (cinq ont une population supérieure à 10 millions d’habitants, contre quatre pour la Chine) subit depuis plusieurs semaines une vague de chaleur intense qui fait régulièrement monter la température au-dessus des 40°C à New Delhi notamment.

Le changement climatique constitue l’une des menaces les plus importantes pour la santé des travailleurs indiens et pour la croissance du pays.

  • Selon une étude publiée en 2020, l’Inde pourrait devenir l’un des premiers pays au monde à connaître des vagues de chaleur dépassant le seuil de survie d’un être humain en bonne santé assis à l’ombre 2.
  • À partir de 2030, jusqu’à 200 millions de personnes (soit 1/7 de la population du pays) pourraient être exposées à un risque de 5 % de subir une vague de chaleur mortelle, soit une probabilité cumulée d’environ 40 % sur la prochaine décennie.
  • En raison du nombre d’heures de travail perdues, entre 2,5 et 4,5 % du PIB pourrait ainsi être amputé à la croissance du pays d’ici 2030, soit 150 à 250 milliards de dollars.

L’économie de l’Inde est particulièrement exposée à la hausse des températures en raison de la part élevée de travailleurs qui passent plusieurs heures par jour à l’extérieur ou dans des environnements mal climatisés. 

  • En 2024, près de 250 milliards d’heures de travail auraient été perdues en Inde en raison de l’exposition à la chaleur, selon une étude de Lancet Countdown on Health and Climate Change, soit plus du double par rapport aux années 1990 3.
  • En plus d’affecter la productivité des travailleurs, la chaleur a également un impact sur la qualité des produits (transpiration, poussière, erreurs…) et perturbe la fiabilité des livraisons 4.

Si elles sont les plus impactées à l’échelle mondiale par la hausse des températures, les mégalopoles indiennes sont également parmi les plus mal adaptées au changement climatique.

  • À New Delhi, près d’un tiers de la population vivrait dans des logements informels, construits avec des matériaux qui retiennent la chaleur et qui sont dépourvus de ventilation 5.
  • Le manque d’investissement dans les transports publics et la dégradation des infrastructures favorisent la congestion, ce qui contribue à la hausse des températures dans les villes et à la détérioration de la qualité de l’air.
  • En raison de l’étalement urbain et du manque de végétation, la capacité de New Delhi à se rafraîchir durant la nuit a diminué de 9 % ces 10 dernières années 6. Dans le centre-ville, l’écart avec les zones mixtes rurales-urbaines est ainsi proche de 4°C.
Sources
  1. Laura Paddison, « ‘Not normal’ : On one April day, all of the planet’s top 50 hottest cities were in a single country », CNN, 11 mai 2026.
  2. Jonathan Woetzel, Dickon Pinner, Hamid Samandari, Rajat Gupta, Hauke Engel, Mekala Krishnan et Carter Powis, Will India get too hot to work ?, McKinsey Global Institute, novembre 2020.
  3. Lancet countdown on health and climate change data sheet 2025, India, octobre 2025.
  4. Azman Usmani, « Extreme Heat Risks Losses for Indian Suppliers to Uniqlo, Tesco », Bloomberg, 9 juin 2026.
  5. Shalinee Kumari, « As Indian cities struggle to plan for heat, the most vulnerable suffer », PreventionWeb, 9 avril 2026.
  6. Mitashi Singh, Making Delhi Heat-Resilient. A roadmap with the focus on vulnerable groups, Centre for Science and Environment, 18 mai 2026.