Les précipitations de la mousson en Inde devraient être cette année les plus faibles depuis 2015, avec environ 90 % de la moyenne des précipitations de ces 50 dernières années attendues — soit 2 points de moins que la précédente estimation d’avril du Service météorologique du pays (90 %) 1.

  • En Inde, la mousson est responsable de 70 % des précipitations annuelles nécessaires à l’alimentation des sources d’eau du pays, comme les rivières, les lacs et les nappes phréatiques.
  • Ces dernières sont clefs dans un pays où près de 50 % des terres agricoles ne sont pas irriguées et où près de la moitié de la population vit de l’agriculture.
  • Le niveau de précipitations a ainsi un impact direct sur la production agricole – comme le riz et la canne à sucre – et la sécurité alimentaire, notamment parmi les populations les plus vulnérables.

Le pays connaît généralement des niveaux de précipitations plus faibles que la normale durant les années marquées par le phénomène climatique El Niño, qui devrait être particulièrement intense cette année. Le dernier épisode, survenu en 2023-2024, avait contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale.

El Niño est l’un des nombreux facteurs qui peuvent entraîner une hausse du prix des denrées alimentaires.

  • L’Inde est parmi les pays les plus touchés par la guerre en Iran.
  • Les agriculteurs dépendent notamment des engrais azotés, comme l’urée, dont le prix a bondi de 60 % depuis février, car le riz et le blé ne peuvent pas absorber suffisamment d’azote directement de l’air.
  • Le Golfe représente jusqu’à 30 % des approvisionnements de l’Inde en urée, et 50 % des importations de GNL, qui est utilisé dans la fabrication d’engrais azotés.

Fin mai, le gouverneur de la banque centrale indienne, Sanjay Malhotra, a déclaré que l’institution allait revoir à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2026, les portant à 4,6 %, contre 3,5 % en avril — un niveau qui n’avait pas été atteint depuis février 2025.

  • Si les stocks actuels d’engrais devraient permettre de couvrir les besoins de la saison des semis, qui doit prendre fin en juillet, une prolongation du blocage du détroit d’Ormuz pourrait entraîner des pénuries.
  • Face à des prix plus élevés et à une disponibilité réduite, les agriculteurs pourraient être contraints de réduire leur utilisation d’engrais, ce qui aurait un impact sur les niveaux de production.

L’Inde n’est pas le seul pays affecté par la dégradation des conditions climatiques et la pression provoquée par la guerre en Iran : la plupart des pays d’Asie du Sud, qui concentre plus de 20 % de la population mondiale, devrait connaître des précipitations inférieures aux moyennes de saison cette année, selon l’Organisation météorologique mondiale 2.

Sources
  1. « India may see 90 % of long-period average rainfall this monsoon : IMD », Hindustan Times, 29 mai 2026.
  2. South Asia is expected to receive below average monsoon rainfall, Organisation météorologique mondiale, 30 avril 2026.