Dans un entretien diffusé par l’agence de presse officielle IRNA, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que l’Iran et Oman étaient sur le point de finaliser un projet de cadre pour la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz : « Un accord de principe a été trouvé sur la quasi-totalité des questions soulevées, y compris sur la carte des voies d’entrée et de sortie du trafic maritime » 1.
- Selon des sources régionales et un responsable américain cités par Axios, cet accord établirait un arrangement temporaire de 60 jours entre Oman et l’Iran concernant le trafic dans le détroit d’Ormuz.
- Il prévoirait notamment que tout le trafic entrant emprunterait un couloir nord passant par les eaux iraniennes, et que tout le trafic sortant emprunterait un couloir sud passant par les eaux territoriales d’Oman, en coordination avec l’Iran.
- Aucun péage ni aucune taxe ne seraient perçus pendant cette période. Gharibabadi a ajouté que cet accord pourrait rester en vigueur pendant « deux à quatre mois ».
- Les parties s’emploieraient également à déminer le couloir médian du détroit dans un délai de 30 jours. Selon Bloomberg, Téhéran serait prêt à accepter que des pays européens mènent cette opération 2.
- Une fois le couloir médian déminé, il serait utilisé pour le trafic entrant et sortant, conformément aux termes d’un accord permanent que l’Iran et Oman devraient négocier 3.
- Gharibabadi a déclaré que cet accord reflétait une nouvelle stratégie visant à exercer une « souveraineté effective » sur le détroit, tout en soulignant que l’Iran n’avait pas l’intention de fermer régulièrement la voie maritime en temps de paix.
- Téhéran aurait déjà approuvé l’accord mardi 4 août. Il n’est pas clair pour autant si le guide suprême Khamenei l’a validé. Mercredi, le président Massoud Pezeshkian a déclaré que la communication avec ce dernier était « très difficile en ce moment » 4.
Pour autant, selon Gharibabadi, l’accord entre l’Iran et Oman ne garantirait pas la reprise du trafic. Pour cela, Téhéran poserait comme condition que les États-Unis lèvent leur blocus naval ainsi que les sanctions réimposées à l’Iran lors de la rupture du cessez-le-feu, en particulier celles visant le secteur pétrolier, et reprennent les négociations sur les avoirs gelés de Téhéran.
Durant le week-end, Donald Trump avait fait machine arrière après avoir menacé l’Iran de frappes « à des niveaux de terreur militaire, de force et de puissance jamais vus depuis la Seconde Guerre mondiale ». Il a annoncé la suspension des frappes prévues, « à la demande de l’Iran » et d’autres pays de la région.
- Il s’agit de la cinquième fois que le président américain menace la République islamique de frappes massives depuis le 28 février, avant de revenir sur ses propos.
- Depuis le début de la guerre avec l’Iran, les États-Unis auraient épuisé presque tout leur stock mondial de missiles à longue portée de haute précision, une information révélée par Reuters et démentie par le président américain 5.
Malgré les déclarations de Trump, Téhéran continue de nier tout pourparler avec Washington.
Sources
- « غریب آبادی : تفاهم ایران و عمان درباره ترتیبات تنگه هرمز در آستانه نهایی شدن است », Agence de presse IRNA, 5 août 2026
- Patrick Sykes, Ellen Milligan, Samy Adghirni, « Iran Weighs Allowing Europe to Clear Mines in Strait of Hormuz », Bloomberg, 4 août 2026.
- Barak Ravid, « U.S. nears Hormuz deal, aiming for Wednesday announcement », Axios, 4 août 2026.
- « ببینید| پزشکیان : شخصیت آیتالله سیدمجتبی خامنهای استثنائی است », Tasmim News, 5 août 2026. NB. La citation se trouve dans la vidéo de l’entretien avec Massoud Pezechkian, à partir de 16 minutes 50 secondes et non le corps du texte de l’article.
- Erin Banco, Mike Stone, Jonathan Landay, « US has used ‘virtually all’ of its long-range precision missiles during Iran war, sources say », Reuters, 4 août 2026.