Selon des chiffres préliminaires publiés par S&P le 4 août, les exportations russes de produits pétroliers raffinés par voie maritime sont tombées à 1,18 million de barils par jour en juillet, contre 1,51 million en juin, soit leur niveau le plus bas depuis le début de la série en 2016 1.
- Cela est notamment dû aux frappes de drones ukrainiens qui ont mis hors service plus d’un tiers de la capacité de raffinage russe, faisant ainsi chuter les volumes traités à moins de 4 millions de barils par jour, soit le niveau le plus bas depuis plus de vingt ans.
Mais si les exportations de produits raffinés s’effondrent, Moscou redirige vers l’export le brut qu’elle ne peut plus raffiner.
- Selon ces mêmes chiffres, les exportations maritimes de brut russe ont atteint 4,321 millions de barils par jour en juillet, soit une baisse de 7 % par rapport à juin, mais une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Il s’agit également du deuxième meilleur résultat mensuel de l’année.
- Ainsi, si les frappes ukrainiennes touchent les capacités de raffinage et approchent la guerre des ménages russes, qui voient le prix de l’essence augmenter, elles libèrent dans le même temps des barils pour l’exportation.
Fait à noter, les exportations vers la Chine atteignent 1,017 million de barils par jour, soit une hausse de 18 % sur un mois et de 12 % sur un an.
- Cela est cohérent avec le fait qu’en juillet, les importations chinoises de pétrole brut ont atteint leur plus haut niveau depuis trois mois 2.
- Pékin, premier importateur de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz 3, a vu ses importations totales de brut chuter de 32 % au deuxième trimestre 2026, à 8,1 millions de barils par jour, un plus bas inédit depuis 2016 4.
- Les importations à destination de Singapour ont quant à elles augmenté de 112 % pour atteindre 456 000 barils par jour.
- Ce chiffre inclut les transbordements de navire à navire dans les eaux d’Asie du Sud-Est, une pratique en progression sous l’effet des sanctions occidentales, qui brouille la destination finale de ces barils.
Si la Russie parvient donc à maintenir ses volumes d’exportation, elle perd en termes de recettes, le brut étant moins cher que les produits raffinés. Elle devient aussi de plus en plus dépendante de sa flotte fantôme, que le S&P estime désormais à environ 22 % de la flotte mondiale, soit un système de transport parallèle.
Sources
- Thomas Washington, Max Lin, « Russian oil product exports hit decade low in July amid Ukraine strikes », S&P, 4 août 2026.
- Anniek Bao, « Hormuz closure clouds China’s crude imports after they hit a 3-month high in July », 8 aout 2026.
- Sumanta Sen, Pasit Kongkunakornkul, Sam Li, Lewis Jackson, Colleen Howe, « How China can survive without the Strait of Hormuz », Reuters, 1er avril 2026.
- « China’s crude oil imports fell in the second quarter, US Energy Information Administration », 31 juillet 2026.