Andy Burnham a été élu ce vendredi 19 juin dans la circonscription de Makerfield, proche de Manchester. 

Maire du Grand-Manchester depuis 2017, après avoir occupé plusieurs postes de Secrétaire sous Gordon Brown, de 2007 à 2010, Burnham avait échoué à prendre la tête du parti à la suite à l’élection de 2010, qui avait conduit à la victoire d’Ed Miliband.

  • C’est après la fronde parlementaire contre Jeremy Corbyn en 2016 et les luttes intestines au sein du Labour que Burnham avait troqué son mandat à Westminster contre un mandat local.
  • Il est passé au cours de cette période du New Labour modernisateur des années 1990-2000 à la « soft left », une aile plus modérée du parti Travailliste qui se place entre la gauche et la droite.
  • Burnham a été élu à la tête du Grand Manchester, la deuxième plus grande aire métropolitaine du pays après Londres, pour la première fois en 2017. Il a depuis été réélu à deux reprises, en 2017 puis en 2021.
  • Son élection de vendredi lui ouvre la possibilité de défier Starmer pour le leadership du parti travailliste et, devenir premier ministre. 

Burnham résume sa philosophie politique et économique par le « Manchesterism », une réponse, selon lui, « au piège des fortes inégalités et de la faible croissance résultant de la volonté, dès les années 1980, de privatiser le pouvoir économique et de centraliser à outrance le pouvoir politique au sein du ministère des Finances. Il s’agit de créer une nouvelle politique pour nous en sortir et développer une nouvelle économie » 1.

  • Burnham considère que la désindustrialisation, la privatisation, les politiques d’austérité et le Brexit sont les quatre principaux facteurs qui ont contribué à casser le modèle de croissance britannique.
  • Le Manchesterism promet notamment de redonner un contrôle plus direct aux collectivités sur le logement, les services publics, le transport et l’éducation, sur le modèle de sa politique mise en place à Manchester.
  • L’un de ses héritages les plus visibles en tant que maire a été la mise en œuvre du « Bee Network » : une refonte des transports en communs de l’agglomération au sein d’un réseau intégré et géré localement, à l’image de Londres, avec la mise en place d’un ticket à 2 livres.

Avec le Manchesterism, Burnham promet la fin du néolibéralisme et du ruissellement. Il n’est toutefois pas clair quelle forme cette politique prendrait à l’échelle nationale.

  • L’agglomération de Manchester, qui affiche l’une des plus fortes croissances en Europe, connaissait déjà un boom économique avant l’arrivée de Burnham.
  • Afin de financer son développement, Burnham a notamment cherché à attirer des capitaux privés, y compris étranges, ce qui est perçu par certains comme allant à l’encontre de l’image qu’il entend projeter 2.
  • Dans le New Statesman, Isaac Rose, qui travaille pour le Syndicat des locataires du Grand Manchester, va plus loin en accusant Burnham d’avoir « adopté un modèle capitaliste néolibéral qui profite aux investisseurs étrangers » 3.

Si Burnham est actuellement l’homme politique le plus populaire au Royaume-Uni, moins de la moitié des électeurs du Labour considèrent qu’il sera « différent » de Keir Starmer, selon une enquête YouGov. Sa popularité, en partie construite sur un discours anti-establishment, pourrait être mise à mal s’il venait à prendre la place de Keir Starmer.

Les prochaines élections générales britanniques doivent avoir lieu avant le 21 août 2029. Si Burnham arrivait au 10 Downing Street, il devrait surtout traiter des relations avec l’Union européenne, dix ans après le Brexit, mais aussi avec les États-Unis. Le Royaume-Uni accueillera le sommet du G20 l’année prochaine. 

Sources
  1. Andy Burnham, « ‘Manchesterism’ is building a better politics and a strong economy. The whole country should be inspired », The Guardian, 22 janvier 2026.
  2. Charlie Cooper, « Can ‘Manchesterism’ make Britain great again ? », Politico, 16 juin 2026.
  3. Isaac Rose, « Manchesterism is not socialism. Andy Burnham’s city is a neoliberal metropolis », The New Statesman, 15 juin 2026.