Shahin Vallée

Shahin Vallée est chercheur à la LSE, ancien conseiller du Président du Conseil européen (Herman Von Rompuy) et ancien conseiller du Ministre de l’Économie (Emmanuel Macron)


Au-delà de leurs tailles variables, les plans de relance des États européens diffèrent par rapport aux normes comptables retenues. En particulier, la France a inscrit la plupart de ses mesures en tant que mesures ad hoc et temporaires, au contraire de l’Allemagne. Dans tous les cas, le réel soutien budgétaire des États semble beaucoup plus mesuré qu’annoncé. L’OCDE et le FMI devraient veiller à ce que l’Union européenne, à commencer par la France et l’Allemagne, entende ce message.

Le débat politique français sur le plan de relance et d’investissement européen et sur son financement n’est pas à la hauteur des enjeux, et il se base sur deux lectures opposées, toutes les deux politiquement et économiquement erronées. Selon Shahin Vallée, c’est sur le terrain de la stratégie européenne de la France en général et sur les moyens d’améliorer ce plan de relance qu’un débat politique serait plus utile.

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Deux choses très importantes se sont produites hier, et aucune n’a eu lieu au Conseil européen. Tout d’abord, le nombre de demandes d’allocations chômage aux États-Unis a été un véritable choc pour l’Amérique. Ensuite, le président américain a changé de ton et préconise désormais une stratégie de confinement très courte avec l’objectif explicite d’être « ouvert aux affaires ». Si les États-Unis s’écartent du consensus international actuel sur le confinement, ils pourraient déchirer l’Europe.

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La téléconférence sur le coronavirus d’hier, qui était considérée comme le premier exercice de coordination entre les dirigeants européens sur les épidémies, s’est en réalité avérée totalement décevante. Le Conseil n’a pas su reconnaître l’ampleur de la crise sanitaire et proposer une stratégie commune, et son approche économique est loin d’être satisfaisante. L’Eurogroupe et, plus important encore, la BCE, ont un rôle fondamental à jouer pour y remédier.

Répondre aux chocs économiques du Coronavirus

Shahin Vallée s’entretient avec Laurence Boone, Chef économiste de l’OCDE, dans une conversation exclusive pour le Grand Continent  : entre les risques géopolitiques d’un choc macroéconomique qui pourrait conduire à une étape importante de la démondialisation et la réflexion sur les instruments appropriés pour soutenir l’économie réelle, un échange crucial pour penser l’effort de coordination politique et institutionnelle qui nous attend.

Lors du Conseil européen de décembre, les chefs d’État et de gouvernement seront invités à approuver la réforme de la Mécanisme européen de stabilité (MES). Ils ne devraient pas le faire, car la clôture actuelle des négociations sur la mesure de sauvegarde d’urgence éliminerait un élément important d’un éventuel accord global. En effet, la réforme est très imparfaite et déséquilibrée, et le débat sur la réforme de la zone euro mérite un agenda plus large et plus ambitieux.

En bref — Alors que la position allemande a souvent été perçue comme très minimale au sujet d’une union bancaire européenne, le ministère fédéral des Finances (BMF) a publié un document officieux sur le sujet, qui dépasse les affirmations politiques pour étudier la question plus amplement, en analysant les enjeux et en proposant des pistes pour l’avenir.