Shahin Vallée

Shahin Vallée est chercheur à la LSE, ancien conseiller du Président du Conseil européen (Herman Von Rompuy) et ancien conseiller du Ministre de l’Économie (Emmanuel Macron)


Emmanuel Macron a prononcé un discours important devant le Parlement européen hier à Strasbourg. Shahin Vallée, ancien conseiller économique d’Herman Van Rompuy, puis du Ministre de l’Economie Emmanuel Macron, aujourd’hui directeur du programme géo-économique du DGAP, propose une explication ligne à ligne de ce qu’il pourrait signifier pour l’avenir de l’Europe et pour l’agenda institutionnel des prochains mois.

La crise ukrainienne est au bord de l’explosion, toute issue semblant paralysée par un triangle d’incompatibilité. Si la voie diplomatique est évidemment la seule souhaitable, avancer impliquera pour chacune des parties prenantes de dépasser ses lignes rouges. Une perspective de Shahin Vallée.

«  L’association entre la création de l’État-providence et des banques centrales publiques au milieu du XXe siècle n’a pas été abandonnée.  » Shahin Vallée s’est entretenu avec Eric Monnet à propos des propositions formulées dans son dernier essai La Banque-providence. Démocratiser les banques centrales et la monnaie, paru aux éditions du Seuil.

Le rapport Duclert récemment remis au président de la République constitue un effort de transparence louable qui mérite une analyse approfondie. Malgré un certain nombre de partis pris méthodologiques et de lacunes dans la consultation des archives, il constitue indéniablement un pas significatif vers la reconnaissance du rôle de la France. La balle est désormais dans le camp politique  : Emmanuel Macron a annoncé qu’il se rendra au Rwanda au mois de mai 2021, une visite qui devra être saisie comme l’occasion de vraiment rompre l’omerta et initier un travail mémoriel.

Par l’analyse informée de ses réussites et de ses errements, une critique pro-européenne de la doctrine Macron en Europe est un préalable pour réunir la gauche en 2022.

Au-delà de leurs tailles variables, les plans de relance des États européens diffèrent par rapport aux normes comptables retenues. En particulier, la France a inscrit la plupart de ses mesures en tant que mesures ad hoc et temporaires, au contraire de l’Allemagne. Dans tous les cas, le réel soutien budgétaire des États semble beaucoup plus mesuré qu’annoncé. L’OCDE et le FMI devraient veiller à ce que l’Union européenne, à commencer par la France et l’Allemagne, entende ce message.

Le débat politique français sur le plan de relance et d’investissement européen et sur son financement n’est pas à la hauteur des enjeux, et il se base sur deux lectures opposées, toutes les deux politiquement et économiquement erronées. Selon Shahin Vallée, c’est sur le terrain de la stratégie européenne de la France en général et sur les moyens d’améliorer ce plan de relance qu’un débat politique serait plus utile.