Gilles Boquérat


Un an après qu’une réforme de la citoyenneté qualifiée de discriminatoire envers la communauté musulmane ait engendré une vague de protestations finalement freinée par la crise du Covid-19, les médias occidentaux se font l’écho de manifestations aux portes de New Delhi d’agriculteurs, la plupart de confession sikhe et venus du Pendjab. A l’origine du mouvement de protestation, il y a trois projets présentés à la mi-septembre 2020 par le gouvernement de Modi, devenus lois en un temps record après avoir franchi les différentes étapes institutionnelles requises.

L’année prochaine, le Bangladesh fêtera ses 50 ans d’existence. En 2020, le pays célèbre le centenaire de la naissance de Sheikh Mujibur Rahman, leader du mouvement national de libération et premier dirigeant du pays qui connut une fin tragique. Pour célébrer l’anniversaire, les autorités du pays ont décidé d’ériger des statues représentant le «  père de la Nation  ». Une initiative qui ne plait pas aux islamistes radicaux car contraire aux règles de la charia.

Si la religion a toujours jouée un rôle central dans la République islamique du Pakistan – pays né sur une base confessionnelle -, cette centralité est redynamisée depuis l’accession au poste de chef du gouvernement d’Imran Khan. Le «  nouveau Pakistan  » promis par l’ancien joueur de cricket peine à afficher un visage libéral.

Le 29 février 2020, les Etats-Unis ont signé à Doha un accord de paix qualifié d’historique avec les talibans afghans, ceux-là même qu’ils avaient, à la tête d’une coalition internationale, évincé du pouvoir à Kaboul à l’automne 2001 suite aux attentats du 11 septembre. Historique puisqu’il doit mettre un terme au plus long conflit mené par les Etats-Unis. Mais plusieurs doutes sur sa durabilité persistent.

La campagne électorale pour les élections en Inde, qui ont débuté hier 11 avril, est d’autant plus suivie au Pakistan qu’elle se déroule alors que le traditionnel antagonisme entre les deux pays a atteint un niveau paroxystique, après le risque d’escalade militaire de fin de février au regard du Cachemire. Ce contrecoup montre comme une victoire nationaliste, causant une possible aggravation des relations avec l’Inde, ouvre des possibilités inattendues pour le dirigeants pakistanais.