Gilles Boquérat


Si la religion a toujours jouée un rôle central dans la République islamique du Pakistan – pays né sur une base confessionnelle -, cette centralité est redynamisée depuis l’accession au poste de chef du gouvernement d’Imran Khan. Le «  nouveau Pakistan  » promis par l’ancien joueur de cricket peine à afficher un visage libéral.

Le 29 février 2020, les Etats-Unis ont signé à Doha un accord de paix qualifié d’historique avec les talibans afghans, ceux-là même qu’ils avaient, à la tête d’une coalition internationale, évincé du pouvoir à Kaboul à l’automne 2001 suite aux attentats du 11 septembre. Historique puisqu’il doit mettre un terme au plus long conflit mené par les Etats-Unis. Mais plusieurs doutes sur sa durabilité persistent.

La campagne électorale pour les élections en Inde, qui ont débuté hier 11 avril, est d’autant plus suivie au Pakistan qu’elle se déroule alors que le traditionnel antagonisme entre les deux pays a atteint un niveau paroxystique, après le risque d’escalade militaire de fin de février au regard du Cachemire. Ce contrecoup montre comme une victoire nationaliste, causant une possible aggravation des relations avec l’Inde, ouvre des possibilités inattendues pour le dirigeants pakistanais.

Le récent attaque à Ghazni, en Afghanistan, témoigne que les talibans ont encore une force considérable dans le pays. Pour cette raison, ils sont de plus en plus engagés diplomatiquement pour trouver une solution durable qui mettrait d’accord tous les pays influents dans la région.