Le tableau de la Coupe du monde se précise et l’on a le vertige rien qu’à imaginer le parcours possible des Bleus. En terminant premiers de leur groupe, ils affronteraient la Suède en 16e, puis potentiellement l’Allemagne en 8e. S’ils terminent deuxièmes ce serait la Côte d’Ivoire au tour suivant, avec le Brésil ou le Japon en perspective.

Ce soir, la France devra montrer de quoi elle est capable face à la Norvège, de loin l’adversaire le plus redoutable du groupe.

  • Absents de la Coupe du monde depuis 28 ans, les Norvégiens se sont présentés en Amérique du Nord plus déterminés que jamais : deux matchs, deux victoires, et Erling Haaland déjà à 4 buts, soit autant que Mbappé.
  • C’est une équipe redoutable, désignée comme l’un des outsiders à surveiller avant le tournoi. Elle joue avec intensité, presse haut, récupère le ballon avec agressivité et lance des contres-attaques foudroyantes.
  • Ce style de jeu met en valeur la voracité d’Haaland dans le dos des défenses ainsi que l’énergie d’Antonio Nusa sur le flanc, l’un des ailiers les plus dangereux d’Europe avec le ballon.

La France, elle, a les qualités et l’expérience pour ne pas tomber dans le piège que lui tendra la Norvège. Elle devra éviter de s’étirer et de concéder de la profondeur, mais vu le style de Deschamps, qui ne sera pas sur le banc ce soir en raison du décès de sa mère et sera remplacé par son adjoint Guy Stéphan, le danger est très limité.

  • Les Bleus sont une équipe rusée, qui presse rarement au risque de se découvrir.
  • Ils laissent volontiers l’initiative à l’adversaire, attendant presque qu’il se mette lui-même en difficulté.
  • Ce soir, la France pourrait donc longtemps laisser le ballon à la Norvège, ce qui pourrait justement la piéger, elle qui est bien plus à l’aise sans ballon qu’avec. 
  • Contrainte de manœuvrer dans les espaces restreints d’une défense française patiente, elle pourrait vite se retrouver en difficulté.

En attendant le coup d’envoi, FranceNorvège (et donc Mbappé contre Haaland) est déjà un événement en soi.

  • Les deux équipes sont qualifiées, mais c’est la première place qui est en jeu, et avec elle un parcours très différent en phase éliminatoire.
  • Difficile de dire lequel est le plus favorable : vaut-il mieux tomber du côté de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Maroc et de l’Espagne, ou de celui du Brésil, de l’Angleterre et de l’Argentine ? On a jusqu’à ce soir pour y réfléchir.

Une chose est sûre dans cette Coupe du monde : on marque beaucoup, avec 2,98 buts par match en moyenne, soit le chiffre le plus élevé depuis 1958.

  • On marque également plus tôt : lors des six matchs d’hier et de cette nuit, pas moins de sept buts ont été inscrits dans les dix premières minutes.
  • Les équipes ne perdent pas de temps à « s’étudier », elles attaquent d’emblée.

AllemagneÉquateur en a été l’exemple parfait : dès la 10e minute, le score était déjà 1-1 et la rencontre s’est révélée être la plus passionnante et la plus surprenante de la soirée.

  • L’Équateur l’a emporté 2-1 (l’Allemagne, déjà assurée de la première place, alignait pourtant tous ses titulaires) avec un but décisif à un quart d’heure de la fin.
  • Les Équatoriens terminent 3e de leur groupe avec 4 points et se qualifient pour les 16e de finale.
  • Leur entraîneur, Sebastian Beccacece, a célébré au coup de sifflet final, grimpant sur les barrières pour embrasser sa famille.

Alors que le tableau des 16e se précise, deux affiches se détachent déjà : Pays-BasMaroc et BrésilJapon. Cela peut paraître étrange à dire, le Japon n’est pas d’emblée condamné face au Brésil. Hier, les Japonais ont tenu tête à une solide Suède (1-1), montrant une équipe de qualité, qui joue avec la fluidité d’un club : passes courtes, déplacements constants, combinaisons rapides entre les attaquants.

  • Mention spéciale enfin à la Turquie, éliminée avant même ce dernier match, mais qui a au moins terminé avec éclat : victoire 3-2 face aux États-Unis, gâchant la fête du pays hôte – qui n’a pas pu boucler la phase de groupe sans perdre un point.
  • Ce résultat ne fait que raviver les regrets autour d’Arda Güler, le joueur le plus talentueux de l’équipe, auteur d’un but et de plusieurs belles actions hier soir.

Quelques observations et points d’intérêt

  • Outre les buts, il y a une autre constante dans ce tournoi : les sifflets du public dès que l’arbitre signale la pause d’hydratation. Ces interruptions, qui surviennent en plein milieu des matchs, sont de plus en plus mal vécues, car elles sont davantage perçues comme un outil commercial que comme une mesure préventive.
  • Ces derniers jours, le président de la FIFA, Infantino, a tenté de mettre fin à la polémique : « Dans une compétition qui dure 39 jours et durant laquelle les équipes peuvent disputer jusqu’à huit matchs, il est essentiel de prévoir des moments de récupération », a-t-il déclaré, assurant que la FIFA ne tire « absolument rien » de ces pauses sur le plan financier : « Tous les accords commerciaux ont été signés bien en amont. C’est une question purement sportive. »
  • Mais ce discours peine à convaincre. Comme l’a relevé ESPN, ces pauses avaient été annoncées en décembre dernier par Manolo Zubiria, responsable de la Coupe du monde à la FIFA, lors d’un atelier organisé dans le cadre du World Broadcaster Meeting, un congrès réunissant les diffuseurs télé à Washington. Un contexte qui fait planer le doute sur les véritables motivations de cette initiative.