Guillaume Lancereau


Le discours de Vladimir Poutine du vendredi 30 septembre inaugure une nouvelle phase du conflit. Fidèle à sa stratégie de la «  désescalade par l’escalade  », la Russie annexe des territoires, étend le domaine de la guerre et précise les termes de sa menace. Il faut le lire attentivement pour comprendre comment Poutine entend transformer la guerre régionale qu’il a déclenchée en conflit mondial.

Activiste d’origine russe pour la défense des droits des personnes LGBTQI+ , Anna Shcherbakova vit désormais en France, à Marseille. Par sa trajectoire personnelle, son engagement en faveur de la communauté LBTQI+ s’est lié à la défense des droits des personnes réfugiées. Elle revient ici sur son engagement, son parcours et adresse un signal d’alarme  : dans une Russie qui a relancé la guerre de conquête à ses frontières, la sécurité des personnes LGBTQI+ se trouve d’autant plus menacée.

Depuis des années, la Russie de Poutine a progressivement converti les vérités du régime en régime de vérité. Une «  vérité  » faite de mystifications, d’affabulations, loin des faits, proche d’un mode orwellien – mais dont Poutine a compris combien elle était mobilisatrice politiquement. À l’heure où l’extrême droite arrive en France aux portes du pouvoir en s’inspirant de ce modèle, il est temps de l’étudier de près.

Il y a quelques jours, le discours de Poutine aux régions a marqué les esprits par ses accents obsessionnels et sa tonalité génocidaire. Pour comprendre ce nouveau tournant, il faut lire comment Poutine articule la construction d’un ennemi extérieur à celle d’un ennemi intérieur.

«  Que périsse le monde avec la Russie.  » Aujourd’hui, la «  solitude du sang-mêlé  » passe par la guerre totale et la fuite en avant. Huit ans avant l’invasion d’Ukraine, Vladislav Sourkov, l’idéologue du poutinisme, avait théorisé l’isolement russe.

«  L’ouvrage de Marc Belissa et Yannick Bosc présente l’insigne avantage de rappeler ce qui devrait être une évidence universelle, à savoir le fait qu’un mouvement de concentration autoritaire du pouvoir, de centralisation bureaucratique, de surveillance et de dépolitisation de la société n’est «  efficace  » que dans la stricte mesure où on se donne la dictature personnelle pour idéal de société.  » Une lecture de Guillaume Lancereau.

Depuis quelques années, la France semble gouvernée à coup de lois prises au nom de l’urgence de l’exception. Mais qui détient la légitimité de dire que telle ou telle nécessité fait loi  ? Dans cette longue enquête d’histoire politique qui remonte à la Révolution française, Guillaume Lancereau dresse un constat  : la République, en France, est une affaire d’exception.