Méditerranée

Long format

Le Parlement turc vient de voter son accord à l’envoi de troupes turques en Syrie. L’implication de la Turquie en Libye n’est pas nouvelle, elle vise à consolider une stratégie militaire, géopolitique et commerciale lancée dans les années 2000 vers l’Afrique. En dévoilant la carte d’un engagement militaire accru, Recep Tayyip Erdogan joue son va-tout en Méditerranée et en Afrique, comptant bien profiter du désengagement américain et de l’absence européenne.

Hier 5 janvier a eu lieu le second tour de l’élection présidentielle croate. Avec 53  % des voix l’ancien Premier ministre Zoran Milanovic (Parti social-démocrate, SDP), est arrivée en tête devançant la présidente sortante Kolinda Grabar-Kitarovic, soutenue par l’Union démocratique croate (HDZ). Le membre le plus récent de l’UE occupera aussi pour le premier semestre de 2020 la présidence du conseil de l’Union Européenne.

À quoi faut-il s’attendre en 2020  ? Après avoir passé en revue la mouvementée année 2019, nous soulignons cette semaine les tendances à suivre pendant l’énigmatique 2020, mois par mois. Fin janvier, l’Italie pourrait devenir encore plus leghiste  : les élections en Émilie-Romagne et en Calabre le 26 janvier pourraient renforcer le parti de Salvini, quelques jours avant la date officielle du Brexit.

L’élection présidentielle en Algérie s’est conclue sur la victoire au forceps de l’ancien premier ministre Abdelmajid Tebboune et pendant que le général Ahmed Gaid Salah est furieux, la colère gronde toujours dans le pays et les partenaires européens sont dans une position délicate. Francis Ghilès, chercheur au CIDOB, décrit les résultats d’une élection qui ne résout rien.

La coalition gouvernementale italienne est dans la tourmente  : le Président du Conseil Conte a été contraint de donner des explications sur la position du gouvernement italien dans les négociations autour de la réforme du mécanisme européen de stabilité (MES), dans un cadre particulièrement tendu avec le risque de fragilisation d’une coalition déjà fragmentée. Les craintes de Bruxelles portent sur l’allongement potentiel des négociations et le risque d’un échec de la ratification.

Pourquoi face à une foison de partis de droite – religieux, démocrate religieux, libéral, populiste – n’y a-t-il pas de partis de gauche en Tunisie  ? Si les arbitrages droite-gauche se font dans la rue et non au Parlement, la Tunisie est-elle dans une démocratie d’institutions ou une anarcho-démocratie  ? Francis Ghilès, chercheur au CIDOB revient sur une situation politique où la démocratie représentative a fait long feu.

Fin octobre, les premiers entretiens sur le processus constitutionnel en Syrie ont été entamés à Genève. L’établissement du Comité constitutionnel syrien après plus de huit ans de guerre souligne qu’une nouvelle étape du conflit a commencé – celui qui déterminera l’ordre d’après-guerre en Syrie. Outre l’avenir géopolitique du pays, cette évolution relève de nouveau la question des réfugiés syriens – qui s’attendent à des situations complexes lors de leur retour.

Dans une économie dont plus du tiers du PNB est informel, où les arrangements entre individus, industriels et gouvernants échappent pour l’essentiel à la lumière crue de la vérité, ou les médias n’ont ni les moyens ni, quand ils appartiennent à des individus fortunés, l’envie d’engager des débats sérieux, décrire la réalité économique et sociale tunisienne n’est guère chose aisée. Francis Ghilès, chercheur au CIDOB, peint le tableau du véritable défi auquel devra faire face le nouveau gouvernement tunisien.