Dans cette Coupe du monde, rien n’est écrit d’avance, comme l’a montré le match Argentine–Cap-Vert hier, 3 juillet.
- Après les 45 premières minutes, tout semblait joué : l’Argentine menait 1-0 sans forcer, le Cap-Vert n’avait pas tiré une seule fois au but et Messi avait fait ce qu’on attendait de lui en marquant son 7e but du tournoi en 4 matchs (autant qu’il n’en avait marqué en 2022 sur l’ensemble de la compétition).
- L’Argentine ne brillait pas, mais semblait en mesure de gérer le match en jouant en mode « économie d’énergie ». Le problème, c’est qu’aucune équipe ne peut vraiment se permettre de jouer en mode « économie d’énergie », pas dans une Coupe du monde où même les équipes les moins cotées prouvent qu’elles peuvent donner du fil à retordre.
- En deuxième mi-temps, le Cap-Vert a égalisé grâce à Deroy Duarte, un joueur de 27 ans né à Rotterdam et évoluant aujourd’hui en Bulgarie, puis a tenu bon jusqu’à la 90e minute.
- Puis, en prolongation, l’Argentine a pris l’avantage, mais le Cap-Vert a de nouveau égalisé par l’intermédiaire de Sidny Lopes Cabral.
- Il ne pouvait pas non plus croire à la beauté de son tir enroulé, ni au fait d’avoir marqué de cette manière contre les champions du monde en titre.
- Au cours de la deuxième prolongation, l’Argentine a inscrit le but du 3-2 qui lui a valu la victoire et la qualification. Ce match restera toutefois surtout dans l’histoire pour la performance du Cap-Vert.
- Il s’agit d’une équipe qui faisait ses débuts en Coupe du monde, puis est devenue la plus petite nation de tous les temps à se qualifier pour les huitièmes de finale, avant de marquer deux buts face aux tenants du titre.
- Il peut sembler réducteur de raconter le parcours du Cap-Vert, de la RD Congo ou de Curaçao sous l’angle de la rédemption postcoloniale, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.
En huitièmes de finale, l’Argentine affrontera l’Égypte, qui a battu l’Australie hier soir aux tirs au but, après un match soporifique. Seul Mohamed Salah a su animer la rencontre, même si ce n’était que l’espace d’un instant, en tirant (et en marquant) son penalty d’un lob.
Le tableau des seizièmes de finale est désormais complet avec le match Colombie–Ghana. Les Sud-Américains se sont imposés 1-0 et affronteront la Suisse en huitièmes de finale. Sept des neuf équipes africaines qualifiées pour les seizièmes de finale ont donc été éliminées.
- Les huitièmes de finale débutent ce soir avec l’une des deux équipes africaines encore en lice : le Maroc, favori de la rencontre, affronte le Canada.
- Puis, ce sera au tour de la rencontre France–Paraguay. Ces derniers jours, tout le monde a parlé de Michael Olise, le meilleur joueur du dernier match contre la Suède. Ce qui est d’ailleurs curieux, car Olise est le seul membre du « quatuor magique » offensif français à ne pas avoir encore marqué.
- Il a toutefois délivré cinq passes décisives, et ne lui en manque donc qu’une pour égaler le record de Pelé du plus grand nombre de passes décisives lors d’une édition de la Coupe du monde.
- Cela montre bien qu’Olise est le créatif de l’équipe de France. Il faut rendre hommage à Didier Deschamps qui, en le replaçant au poste de milieu offensif central après la première mi-temps contre le Sénégal, en a fait littéralement le pivot.
Quelques observations et points d’intérêt
- À la 80e minute du match Australie-Égypte, Trezeguet est entré en jeu dans l’équipe africaine.
- Non, l’attaquant qui a offert la victoire à la France lors de l’Euro 2000 ne s’est pas fait naturaliser. Le joueur en question s’appelle en réalité Mahmoud Hassan. Il évolue au poste d’ailier et est un vétéran de l’équipe nationale égyptienne. Mais depuis toujours, il se fait appeler, et fait inscrire sur son maillot, « Trezeguet ».
- Un entraîneur de jeunes l’aurait ainsi surnommé parce que son style de jeu et son apparence lui rappelaient ceux du champion français. Depuis, c’est devenu son pseudonyme officiel.
- De toute évidence, l’équipe nationale égyptienne adore les pseudonymes et les footballeurs du passé : dans cette équipe joue également Mostafa Abdelraouf qui porte « Zico » sur son maillot. Comme le grand numéro 10 brésilien des années 1980, l’idole de son père.
- Zico (l’Égyptien) a récemment déclaré que son père lui avait tant parlé de Zico (le Brésilien) qu’il avait fini par aller le regarder sur YouTube et qu’il avait décidé que ce serait son joueur préféré, son modèle. Pour l’instant, il ne joue pas tout à fait de la même manière, mais il a commencé par adopter le même nom : c’est déjà un premier pas.