Selon un document consulté par Bloomberg, les États-Unis ont adressé un questionnaire aux membres de l’OTAN dans le cadre de la révision de la présence militaire américaine en Europe, annoncée le 18 juin.
Parmi les questions auxquelles les États membres doivent répondre, on retrouve notamment : « Le pays a-t-il publiquement soutenu la politique étrangère américaine ? » Quelles « restrictions » ce pays a-t-il imposées à l’armée américaine concernant l’utilisation de ses bases ? Il s’agit d’une référence directe au positionnement des pays européens dans la guerre contre l’Iran 1.
Depuis le début de la guerre contre Téhéran, le 28 février, plusieurs pays membres de l’OTAN (l’Espagne étant le cas le plus médiatisé) 2 ont fermé leur espace aérien ou refusé que les États-Unis utilisent leurs bases pour mener des missions offensives.
- D’autres pays, comme le Portugal, ont autorisé les États-Unis à utiliser leurs bases dans les Açores.
- Washington dispose au total de 31 bases permanentes et de 19 autres sites militaires répartis dans toute l’Europe. Leur utilisation est toutefois codifiée, dans la plupart des cas, par des accords bilatéraux qui autorisent Washington à les utiliser dans le cadre de l’OTAN.
- Depuis février, plusieurs rapports de presse ont circulé faisant état d’un plan de la Maison Blanche de sanctionner certains membres de l’OTAN qui, selon Trump, n’auraient pas apporté leur soutien aux États-Unis et à Israël pendant la guerre contre l’Iran.
- Washington a déjà annoncé une réduction de ses troupes en Allemagne, mais dans le même temps, Trump a déclaré vouloir renforcer la présence militaire en Pologne, une « récompense » pour l’élection de Nawrocki à la présidence.
- Le questionnaire aborde également la stratégie militaire plus généralement, avec la question : « Le pays s’est-il aligné sur l’approche américaine dite “forte, claire et discrète” ? » Une référence au discours de Pete Hegseth, qui avait déclaré en mai, lors du Shangri-La Dialogue : « Notre approche est ferme, discrète et claire : ferme, discrète, claire. Claire quant à nos intentions, nos priorités et notre capacité à atteindre les objectifs fixés par le gouvernement. » 3
Le questionnaire examine également les budgets de défense, en demandant des justificatifs attestant du respect des objectifs, mais il aborde aussi un autre sujet lié à l’industrie de la défense et à l’effort européen de soutenir une industrie européenne.
- Le questionnaire pose directement la question de savoir si les alliés « entravent » la conclusion de contrats avec des entreprises américaines et s’ils sont en train de remplacer les moyens militaires américains par des moyens européens.
- Il demande notamment si les pays s’approvisionnent auprès d’entreprises américaines et s’ils se sont prononcés contre les nouvelles politiques « made in Europe ». Il ajoute : « Si ce n’est pas le cas, seraient-ils disposés à le faire ? »
- La Commission européenne cherche à déployer une approche « Made in Europe » en matière de défense, à travers notamment la Stratégie industrielle de défense européenne (EDIS) et le Programme industriel de défense européen (EDIP).
Sources
- Andrea Palasciano, « US Presses Allies on Ideological Loyalty Ahead of Troop Cuts », Bloomberg, 14 août 2026.
- Elsa Ohlen, « Trump says he doesn’t want anything to do with Spain : ‘Cut off all trade’ », CNBC, 8 juillet 2026.
- Remarks by Secretary of War Pete Hegseth at the 2026 Shangri-La Dialogue in Singapore (As Delivered), US Department of War, 30 mai 2026.