Le trafic maritime a significativement augmenté dans le détroit d’Ormuz depuis le 18 juin, suite à la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. 

  • L’annonce, samedi 20 juin, d’une nouvelle fermeture du détroit par Téhéran, en réponse à des attaques israéliennes au Liban, a brièvement réduit le nombre de navires effectuant la traversée, sans toutefois l’arrêter.
  • Au total, 13 navires se sont engagés dans la voie maritime avec leurs signaux AIS activés dimanche, et 21 ont effectué la traversée le lendemain, lundi 22.
  • Si ces chiffres sont significativement inférieurs au trafic pré-guerre (environ 160 navires par jour), ils demeurent trois fois plus importants que la moyenne journalière mesurée au cours du mois de mai (6 navires par jour).

Hier, mardi 23, Téhéran a déclaré que le détroit était « entièrement ouvert à la navigation commerciale » et que d’importants volumes de pétrole y transitaient. Au moins 7 pétroliers – dont 2 super-pétroliers non iraniens chargés – ont effectué la traversée dans la journée d’hier, ce qui marque une augmentation significative par rapport aux dernières semaines 1.

Aucune nouvelle attaque de navire n’a été signalée dans le détroit d’Ormuz depuis près de deux semaines, soit la période la plus longue depuis le 26 mai.

  • La dernière alerte émise par l’United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO) remonte au 13 juin, lorsqu’un pétrolier battant pavillon de Hong Kong avait été touché à la proue par un projectile non identifié à 6 milles marins à l’est d’Oman.
  • L’avancée réalisée dans les négociations entre Washington et Téhéran est vue comme un signal positif par les armateurs, qui considèrent que les risques pour leurs navires, marins et cargaisons ont considérablement diminué.
  • L’incertitude subsiste toutefois quant aux règles de navigation qui seront imposées une fois la période de 60 jours, au cours de laquelle l’Iran s’engage à « tout mettre en œuvre pour assurer le passage en toute sécurité des navires commerciaux entre le golfe Persique et la mer d’Oman, et vice versa », expirée.

Lundi 22, le négociateur en chef de l’Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré que l’administration du détroit d’Ormuz « ne redeviendra jamais ce qu’elle était avant la guerre ». Téhéran viserait ainsi à négocier avec les États-Unis le droit de percevoir un péage sur le trafic commercial.

  • Selon des assureurs maritimes occidentaux, les armateurs recevraient des instructions contraires de la part de Washington et de Téhéran quant aux itinéraires à emprunter dans le détroit, depuis l’entrée en vigueur de l’accord.
  • Tandis que l’armée américaine conseille aux navires de longer les côtes omanaises, Téhéran continue de menacer de « sanctions » ceux qui n’emprunteraient pas le corridor qui passe dans les eaux iraniennes, plus au nord.
  • L’Iran et Oman ont annoncé hier, mardi 23, qu’ils allaient « entamer des discussions en vue de parvenir à un accord sur la future gestion du détroit, y compris sur le coût de la gestion du transit » 2.