Les attaques ukrainiennes répétées contre les raffineries sur l’ensemble du territoire russe ont provoqué une grave pénurie de carburant dans tout le pays.
- Selon les statistiques officielles russes, les prix du Super 95 sont ainsi passés de 0,55 dollar par litre en moyenne en décembre 2024 à 0,93 dollar par litre en juillet 2026, soit une hausse de près de 70 % en un an et demi.
- Les prix de l’essence ont ainsi retrouvé en Russie les sommets qu’ils avaient brièvement atteints en juin 2022, à la suite immédiate de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.
- Face à cette poussée inflationniste, le gouvernement russe a interdit à Rosstat, l’organisme statistique officiel du pays, de publier les données hebdomadaires sur les prix qu’il rendait publiques jusqu’alors.
Dans le même temps, les files d’attente et les mesures de rationnement se sont multipliées dans de nombreuses régions russes, notamment en Crimée.
- Pour limiter la pénurie, la Russie, qui est traditionnellement un exportateur majeur de pétrole et de produits pétroliers, a même dû importer de l’essence en provenance d’Inde et du Kazakhstan ces dernières semaines.
- Les autorités russes ont aussi décrété une interdiction d’exportation d’essence le 1er avril dernier. Elles avaient également interdit l’exportation de diesel le 9 juillet. Ces deux interdictions devaient initialement expirer fin juillet, mais le 30 juillet, le gouvernement russe les a prorogées jusqu’au 31 janvier 2027.
- Le kérosène pour l’aviation, particulièrement touché par la pénurie, était déjà interdit d’exportation jusqu’en novembre.
Ces difficultés majeures se reflètent dans les données des exportations russes de produits chimiques et pétroliers collectées par le CREA depuis 2022.
- Alors qu’elle exportait plus de 400 000 tonnes de produits pétroliers et chimiques par jour au début de l’année 2022, au moment de l’invasion de l’Ukraine, cette quantité est tombée ces derniers jours à 150 000 tonnes seulement, soit une baisse de près de 50 % depuis le mois de juin.
- Selon le CREA, la Russie est toutefois parvenue jusqu’à présent à maintenir, voire à accroître légèrement, ses exportations de pétrole brut, malgré les attaques ukrainiennes contre sa flotte fantôme. Elle y est notamment parvenue grâce à un recours accru à la route arctique, qui permet de raccourcir les trajets et d’éviter la mer Rouge 1.
- Avec des capacités de raffinage et de stockage réduites par les attaques ukrainiennes, il est vital pour la Russie de pouvoir exporter son pétrole brut.
- Sans cela, elle serait obligée de fermer provisoirement ses puits de pétrole, ce qui serait risqué et coûteux pour l’exploitation future de ces mêmes puits.
- Le pétrole brut rapporte toutefois nettement moins aux finances de l’État russe que les produits raffinés.
Sources
- Julian Lee, « Russia Drives Up Oil Flows Through Arctic to Maintain High Exports », Bloomberg, 28 juillet 2026.