Le crépuscule du néolibéralisme

Le 49ème Forum Économique Mondial de Davos vient de se terminer. Cette grand-messe du libéralisme mondial, souvent perçue comme la vitrine d’où l’élite mondiale exhibe chaque année son autosatisfaction1, s’est en effet tenue du 22 au 25 janvier dernier.

Au delà des traditionnels tables rondes policées, des cocktails feutrés, et des 1500 jets privés stationnés sur l’aéroport de la petite bourgade suisse, Davos est surtout devenu une caisse de résonance des évolutions du cadre mental des décideurs mondiaux. Cette année encore, et plus que jamais peut-être, le rituel de Davos aura joué ce rôle de révélateur, de diapason du concert mondial — mais sur une tonalité bien singulière.

Le charmant village alpin a en effet baigné le temps de quelques jours dans une ambiance fin de règne. Les participants ne se sont pas vraiment occupés du programme officiel — les défis de la quatrième révolution industrielle — et encore moins respecté le slogan du forum — améliorer l’état du monde —, mais se sont bien plutôt inquiétés de la dégradation de l’ordre mondial.


Par Cyprien Batut, Thomas Belaich
et Benjamin Carantino

1 – Qu’est-ce que Davos ?

Le Forum Économique Mondial de Davos, à l’origine nommé Forum Européen de Management et fondé en 1971 par le professeur Klaus Schwab avec le soutien de la Commission Européenne, avait pour objectif de permettre aux entreprises européennes de rattraper leurs homologues américains, dans le contexte de forte croissance européenne du début des années 1970.

Le Forum s’est institutionnalisé, son audience s’est diversifiée : Davos n’est plus simplement un grand séminaire inter-entreprises aux milieu des Alpes suisses. Dès 1976, les leaders politiques sont invités au côté des chefs d’entreprises et des personnalités du monde académique. Davos accueille annuellement, dans un cadre très sécurisé, plus de 2 500 participants de multiples horizons pendant quatre jours de tables rondes et de débats avec pour objectif affiché : « construire un monde meilleur. »

Mais au delà de son vernis diplomatico-médiatique, Davos est l’occasion de sonder l’état d’esprit du monde des affaires et de se faire une bonne idée des tendances de long terme. Cette année encore en a été la preuve.

2 – Le cadre idéologique post-Guerre froide est remis en question

Cette année, le thème principal prévu par les organisateurs, la mondialisation 4.0 (et l’impact des innovations technologiques sur l’ordre économique mondial), a vite cédé la place à un étonnant procès contre la mondialisation. Étonnant car émanant des élites mondiales elles-mêmes, entre introspection coupable et prévisions inquiètes ! Un peu comme si le 47ème Forum actait la fin du déni face aux tâtonnements de l’ordre libéral.

Le succès depuis 2016 d’options politiques qui n’avaient a priori pas leur place à Davos – le Brexit, le protectionnisme trumpiste, le nationalisme brésilien, le populisme italien ou encore le ras-le-bol en gilet jaune – semble avoir ébranlé peu à peu les certitudes bien ancrées du public du forum. Les décideurs mondiaux ont pris conscience que le multilatéralisme et le néolibéralisme, que Davos contribuait à mettre en scène et à développer depuis sa création, devaient répondre aux rancœurs suscitées.

À cet ébranlement des cadres occidentaux de la mondialisation répondent les nouvelles ambitions de la Chine de Xi Jinping, qui n’aura finalement joué avec les règles du jeu néolibéral que dans la mesure où elles étaient compatibles avec son propre agenda, et avance peu à peu sa propre vision de la mondialisation.

La conjonction de ces faits est apparue à Davos comme un ébranlement du cadre idéologique qui avait organisé trente ans de mondialisation.

3 – Klaus Schwab pointe une crise de modèle

Klaus Schwab a donné le ton dans un discours d’introduction assez éloigné de l’optimisme habituel de Davos. Tentant une distinction entre mondialisation et mondialisme – la première étant le phénomène inéluctable d’interconnexion des économies, et la seconde la doctrine ayant sous tendu la dernière phase de la mondialisation, et « qui privilégie un ordre mondial néolibéral par rapport aux intérêts nationaux »– le fondateur du Forum a pris acte de la contestation croissante et s’est proposé de condamner le second pour mieux sauver la première.

C’est une manière élégante d’admettre une vraie crise de modèle. La construction intellectuelle sur laquelle l’Occident avait fondé la dernière phase de la mondialisation n’a pas mené au paradis espéré. Si le professeur Schwab s’est plu à rappeler que le multilatéralisme et l’ouverture du commerce mondial ont sorti des millions de personnes de la pauvreté au cours des dernières décennies, il a bien dû reconnaître l’augmentation sans précédent des inégalités, les difficultés grandissantes des systèmes démocratiques, et l’incapacité de la mondialisation libérale à gérer les biens communs mondiaux. L’appel final à une remoralisation de la mondialisation – faute d’une doctrine alternative – sonnait, dans la bouche du professeur Suisse au physique de pasteur protestant, comme un aveu d’échec.

Reste à en tirer les conséquences. La première question posée à la fin du discours de Klaus Schwab frappait juste en pointant du doigt « l’écart croissant entre une soi-disant élite et ceux qui sont laissés derrière. » Et sans surprise, elle était posée par une journaliste chinoise.

4 – L’affirmation des ambitions chinoises

La Chine aura été plus présente que jamais cette année à Davos. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle profitait du Forum pour mettre en scène sa puissance émergente. Ainsi, il y a deux ans, les participants avaient cru vivre un moment historique lorsque Xi Jinping avait, devant un parterre de patrons troublés par la victoire de Trump, dépeint la Chine comme le nouveau champion du multilatéralisme et de la mondialisation. L’assurance calme avec laquelle le président chinois défendait le consensus que les États-Unis venaient d’abandonner avait poussé nombre d’observateurs à prédire une transition historique vers une mondialisation libérale organisée autour d’une superpuissance chinoise.

Cette année, au sein d’un Davos déserté par les officiels américains pour cause de Shutdown, la délégation chinoise, plus nombreuse que jamais (131 personnes au moins), a fait l’objet de toutes les attentions. Mais l’enthousiasme du public face au discours de Xi a laissé place à la gêne. Car si la Chine a rappelé son attachement au multilatéralisme, elle n’a pas ménagé ses critiques contre la démocratie libérale.

L’orateur chinois qui a marqué Davos cette année se nomme Fang Xinghai. Vice-président de l’agence chinoise de régulation des titres financiers (CBIRC), il n’est certes pas un politique de premier plan, mais son profil n’est pas pour autant anodin. Docteur en économie de l’Université Stanford, il représente le type même de l’officiel polyglotte, maîtrisant les codes occidentaux, que la Chine privilégie pour faire passer des messages aux décideurs internationaux2.

Interrogé sur la crise du multilatéralisme lors d’un débat consacré à la chute de l’ordre mondial, Fang Xinghai a mis en cause la fragilité des systèmes politiques occidentaux. « L’ordre multilatéral est un bon ordre, et la Chine en est un grand bénéficiaire. La Chine n’est pas le facteur qui déstabilise le plus cet ordre. La plus grande cause [de la crise] est que vous, pays occidentaux, faites face à de grandes difficultés politiques : la démocratie ne fonctionne pas très bien, vous devez réaliser cela », a-t-il déclaré avant d’ajouter, avec toute l’urbanité d’un habitué des tables rondes de la station d’hiver suisse : « Une réforme politique est nécessaire dans vos pays. Je vous le dis vraiment en toute sincérité. »3

S’il n’est pas inhabituel qu’un officiel chinois désamorce de la sorte les accusations dont le régime fait l’objet, personne dans l’assistance ne s’attendait à se voir pour autant proposer en exemple un modèle de « démocratie consultative » chinoise fondé sur le fédéralisme et la concertation : « Vous pensez que notre président prend toutes les décisions par lui même et ne consulte personne mais il n’y a rien de plus faux. S’il en était ainsi, nous aurions fait de grandes erreurs. Vous remarquerez au contraire que la Chine n’a fait que peu d’erreurs au cours des quarante dernières années. C’est vous dire si le système est efficient. Nous accordons une grande importance à ce que nous appelons “consultation”. Une véritable … “démocratie consultative” fonctionne et vous ne le voyez pas. La plupart d’entre vous ne daignent même pas l’étudier. Sans doute pourtant avez-vous quelque chose à en apprendre. Vraiment, je vous exhorte à mener votre propre réforme politique ! » 4

Le ton adopté par Fang Xinghai révèle l’assurance d’une Chine sûre de la viabilité de son système politique qui se propose ainsi comme exemple au monde, développant par la même occasion une nouvelle vision du multilatéralisme comme « communauté d’intérêts partagés »agnostique quant au régime politique de ses États-membres. Pour Fang Xinghai, ce qui importe est la capacité de ses partenaires commerciaux à mener une politique rationnelle et modernisatrice, et, selon lui, la démocratie libérale n’a pas prouvé sa capacité à assurer ni l’une ni l’autre.

L’événement de cette table ronde ne fut pourtant pas tant le ton professoral de l’officiel chinois que l’admission par le public de Davos de ce message : les rires gênés qui suivirent cette intervention montrèrent à l’évidence que Fang Xinghai avait frappé juste. Dans une certaine mesure, son propos critique de la démocratie libérale ne faisait que rappeler des évidences aux yeux des assistants, quand bien même il s’agissait d’évidences passées au crible de la vision chinoise.

5 – La critique du néolibéralisme est à la mode

Au cours du même débat, Adam Tooze5 a fait la généalogie de « l’ordre mondial multilatéral » et en a pointé du doigt les origines troubles. Bien loin d’être issu de 1945 et du cadre de Bretton Woods, il aurait bien plutôt émergé, selon l’historien britannique, du chaos des taux de changes flottants des années 1970. La « Grande Modération » des décennies 1990-2000 ne serait due qu’à un transfert historique de pouvoir d’une ampleur sans précédent du travail vers le capital à la fin de la Guerre froide. Chiffres à l’appui, Tooze a montré que l’établissement de l’ordre mondial au cours des décennies 1980 et 1990 se fit au prix d’une terrifiante croissance des inégalités dans les pays industrialisés, sapant les fondations sociales des démocraties libérales. Par exemple, en Europe entre 1980 et 1990, la part de la valeur ajoutée allant aux travailleurs a baissé de presque dix points de pourcentage si on agrège les données macroéconomiques des douze pays fondateurs de l’Union européenne. Une telle évolution n’a pas d’équivalent de mémoire de statisticien6.

Source : EUKLEMS7

La critique du capitalisme a été reprise en choeur lors du Forum. Selon le musicien Bono, le capitalisme « est une bête sauvage, qui, si elle n’est pas dompté, peut dévorer beaucoup de gens. »8 L’heure est donc au capitalisme social a-t-il enchaîné : il faut réimaginer le capitalisme. C’est pourquoi il a fait alliance avec TPG Capital (Texas Pacific Group) afin de promouvoir une nouvelle organisation, Y Analytics, dont le but sera de promouvoir des indicateurs de performance des investissements qui prennent en compte leur impact social. Cette critique du capitalisme à Davos n’est pas une nouveauté : Nicolas Sarkozy en son temps (2010) s’y était volontiers adonné9 et c’était le thème du discours d’ouverture de Klaus Schwab il y a deux ans. Mais, cette année, quelque chose a peut-être changé : car au-delà des critiques, certaines solutions ont émergé.

6 – Le retour de la question fiscale

La principale inquiétude formulée à Davos ? La croissance des inégalités et le fait que « la frustration légitime suscitée par l’échec de la mondialisation à améliorer les niveaux de vie se manifeste par un support croissant pour le populisme et le nationalisme »10.

Source : WIDWorld.com

La part du patrimoine détenue par le 99e percentile de la population est en effet en augmentation presque constante depuis 1980 : d’après les données du WID (World Income Database), la part du patrimoine détenue par les 1% plus riches atteignait 35% en 2014 aux États-Unis. La croissance de ces inégalités est concomitante avec la réduction des d’impôts touchant les plus riches (l’imposition sur le revenu et sur les successions). Ces baisses d’impôt n’ont été que rarement remises en cause : François Hollande fait figure d’exception historique11 en proposant sa taxe à 75%. L’importance de la question fiscale lors de ce forum est-elle le signe d’une évolution vers davantage de justice fiscale ?

Source : WIDWorld.com

7 – L’effet « AOC »

Elizabeth Warren et Alexandra Ocasio Cortez (AOC), deux des figures les plus influentes du parti Démocrate américain, ont en effet proposé des plans ambitieux pour enrayer la croissance des inégalités. Si ces plans ont fait sourire à Davos où beaucoup d’intervenants se sont élevés contre la proposition d’Ocasio-Cortez de taxer à 70% les revenus au delà de 10 millions de dollars, l’inquiétude est réelle.

Michael Dell, fondateur de l’entreprise du même nom et membre du comité directeur du Forum, a mis en doute la viabilité d’une telle décision : son argent serait bien mieux utilisé dans sa fondation caritative que dans les mains de l’État12. Stephen Schwarzman, le PDG de Blackstone s’est dit « très enthousiaste » (de façon sarcastique). Scott Minerd, du fonds d’investissement Guggenheim, a regretté que « les démocrates soient tenus en otage par l’extrême gauche »13 et a déploré qu’un tel impôt serait improductif .

Mais cet outrage n’a pas égalé en retentissement celui de Rutger Bregman14 : le jeune historien néerlandais a fait scandale en posant la question de l’évasion fiscale : pourquoi si peu d’intérêt à Davos ? Pourquoi tant de sujets mineurs abordés alors que des milliards échappent aux appareils fiscaux et pourraient financer la transition vers une économie plus responsable. Décidément, Davos a semble-t-il marqué le retour de la question fiscale sur le devant de la scène et peut-être la fin d’un cycle politique défavorable aux politiques de redistribution qui dure depuis les années 1980.

8 – Hic sunt dracones : la dynamique du renversement de l’ordre dominant

Ce qui ressort le plus clairement de ce forum est ainsi la prise de conscience de la fin d’un modèle, et l’angoisse que suscite l’ordre à venir, incertain, renversé. Deux logiques émergent.

D’abord, si les puissances occidentales sont déstabilisées de l’intérieur, c’est à l’extérieur que l’ordre géopolitique est reconfiguré, et c’est par là que les élites s’en saisissent enfin. De là à dire que les menaces sur l’ordre mondial auront eu plus d’effet que les contestations internes pour la mise en procès du libéralisme, il n’y a qu’un pas. Le fait que la prise de conscience fiscale se soit faite dans les Grisons suisses est en ce sens tout un symbole. L’élite mondiale demeure ainsi, quoiqu’en ait dit le Professeur Schwab, résolument mondialiste.

Ensuite, le vacillement occidental s’accomplit à travers une double dynamique.

À l’extérieur, il est un appel d’air qui présage d’une place à prendre. Les discours chinois à Davos ont montré combien le retrait états-unien et la disqualification d’un Occident contesté de l’intérieur sont perçus comme une opportunité. Le néolibéralisme, battu en brèche, n’est plus le seul modus operandi de la globalisation, permettant à la Chine de proposer pas à pas, sans tambour ni trompettes mais avec une constance impressionnante, une autre voie idéologique.

À l’intérieur, il entraîne un questionnement sur la dynamique des inégalités et de la reproduction sociale pressentie comme le symptôme autant que la conséquence les plus graves de la déliquescence occidentale.

C’est à la croisée de ces deux logiques que convergent les risques. Comme le faisait observer finement Adam Tooze au cours d’un des débats de ce Forum Économique Mondial, si ce qui rassemble l’élite mondialisée est un engagement autour de la rationalité scientifique et de la modernisation15, alors le modèle technocratique chinois est un bien meilleur partenaire que la démocratie populiste et nationaliste émergente.

Dans cet étau, les chances d’un programme progressiste de rénovation de la démocratie libérale, alliant rationalité scientifique et souci de cohésion sociale, peuvent paraître bien minces. Si cette édition de Davos aura vu émerger des proposition de réforme de l’ordre libéral, l’accueil réservé aux propositions des promoteurs de la fiscalité peut aussi servir de rappel : si l’ancien ordre se meurt, peut être que, comme l’écrivait Gramsci, la caractéristique de la crise est que « le nouveau ne peut pas naître. »Peut être que nous y sommes, et que comme l’écrivait encore le penseur italien « dans ce clair-obscur, surgissent les monstres. »

Crédit photo : Albert Marquet, Journée grise à Davos, 1936 (CC BY 2.0)


Notes

1. Branko Milanovic remarquait cependant en 2018 dans son blog que les intervenants de Davos parlaient plus volontier de pauvreté et d’inégalité que du recours par les entreprises qu’ils représentent des contrats à 0 heure.

2. La nomination de Fang à la CSRC en 2015 à la suite de la déroute de la bourse de Shanghai la même année avait été perçue justement comme un signal pour rassurer les investisseurs internationaux, au point de mériter à l’époque un article du FT

3. “China is a huge beneficiary of this order. But China is not the most important factor of the change of the current order. The most important effect is that in the Western countries you are facing tremendous difficulties. Democracy is not working very well you have to realise that. You need political reform in your countries. I say that with all sincerity. That is even a bigger contributing factor to the one in a hundred year change that you are describing. This new community of shared interests that we want to settle would certainly preserve many features of the order you have just described, because it is a good order. But the reason why this order does not seem to be working any more is not because of China but because of your domestic issues. “ (Verbatim)

4. “The reason many americans view China as a threat is because they think we are a very different country with a very different political system : there is a danger by viewing a country by how it organize its domestic politics. When you speak about the order you sometimes refer at countries that share the same political system with the US. It is a dangerous thing, it is not gonna work, because the world is much more complicate. If you draw lines between political systems it is not gonna work. The order would never include Russia, nor China, and even nor India since the indian democracy would not be very much comparable to the western ones soon. India is going forward. We have to think about that. The new order should be based on external behavior of countries and not internal behavior. The Chinese system has its own features and you should study it more. You may find out the system works in a slightly different way but achieves the same results as the Western democracy try to achieve. To give you one example. You think that our president makes all the decisions and does not have to consult other people : that is not true ! If he did so he would make colossal mistakes and in fact China has made very few mistakes over the last forty years : this tells you how efficient the system is ! We have a lot of what we call consultation, and consultative democracy is going on but you do not see it. You do not even bother to study it! probably you can learn something from that as well ! I urge you to wage your own political reform !” (Verbatim)

5. Qui vient de faire paraître Crashed:How a Decade of Financial Crises Changed the World (2018), une histoire par le menu de la crise de 2008 et son enracinement dans une décennie de bouleversement de l’ordre mondial et financier.

6. “The stability of the proportion of the national dividend accruing to labor […] is one of the most surprising, yet best-established, facts in the whole range of economic statistics [….] Indeed, […] the result remains a bit of a miracle.” J. M. Keynes, “Relative Movements of Real Wages and Profit,” The Economic Journal, March 1939

7. Ce graphique montre une chose très simple : en 1980, 82% de la richesse créée allait aux travailleurs par l’intermédiaire des salaires, en 2008 (juste avant la crise) c’était 67,5%. Entre les deux, le partage de la richesse entre travail et capital a fondamentalement changé. Pour Adam Tooze et beaucoup d’autres, l’ordre capitaliste issu des années 1980 en est responsable.

8. https://www.youtube.com/watch?v=SbjqbCWPNoQ

9. https://www.youtube.com/watch?v=mcyXEGDeX7Y

10. https://www.weforum.org/agenda/2019/01/everything-you-need-to-know-about-davos-2019/

11. Mais la France est aussi une exception historique en terme d’inégalité. D’après les données du WID, c’est l’un des rares pays où les inégalités de revenus n’ont pas augmenté depuis 40 ans. Pourtant, la France n’a pas été épargné par la mondialisation ou le changement technologique.

12. https://www.youtube.com/watch?v=CLD621JTPaA

13. Hugh Son, Brian Schwartz, The super rich at Davos are scared of Alexandria Ocasio-Cortez’s proposal to hike taxes on the wealthy, CNBC, 24 Janvier 2019

14. https://www.youtube.com/watch?v=r5LtFnmPruU

15. “a commitment to scientific rationalism and modernization

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