Perspectives sur l’actualité


La guerre en Ukraine redessine la carte mondiale des affinités et des alliances. Mais assiste-t-on vraiment au retour d’une logique de non-alignement  ?

Parce qu’un débat sérieux ne peut faire l’économie de repères historiques, Florian Louis propose une bibliographie synthétique.

Un motif séquentiel est sur le point de se répéter en Italie  : l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement populiste après une phase technocratique. Cette fois, cependant, le modèle pourrait toucher à ses limites. Andrea Capussela dresse un historique des constantes qui ont structuré la vie politique et partisane italienne depuis l’affaire Ruby et propose des solutions pour affronter la perspective de voir Meloni arriver au pouvoir.

Longtemps perçue comme un outil de régulation de la politique intérieure italienne, la contrainte extérieure est une donnée essentielle pour comprendre les transformations politiques avant l’élection du 25 septembre. La favorite, Giorgia Meloni, marche elle-même sur une ligne de crête, entre incarnation d’un renouveau de droite au plan interne et exigence de respectabilité au plan externe. Pourtant, quelque chose a changé. La grande nouveauté est là  : les contraintes n’ont pas disparu, mais leur nature se transforme. Désormais, tout peut arriver.

La Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite ou encore les Émirats arabes unis refusent de sacrifier leurs intérêts sécuritaires et de développement pour sanctionner la Russie. Ils considèrent même que leur pouvoir de négociation leur permettra d’obtenir de l’Occident des accords plus intéressants en matière de commerce, de technologie et d’armement. Ils aspirent à une domination régionale et pensent qu’une position non-alignée sert mieux leurs intérêts nationaux.

Ces pays représenteront les trois quarts de la population globale et 60  % de l’économie mondiale d’ici 2030. Il est urgent de comprendre leur positionnement.

L’année 2022 marque un repère historique dont l’importance semble difficile à surestimer. La crise climatique bouleverse la structure même des rivalités géopolitiques en faisant planer la menace d’une guerre dont tous les acteurs seraient perdants — ou d’une paix impossible dans un monde perpétuellement instable. Pierre Charbonnier présente le nouveau numéro de la revue GREEN, publiée par le Groupe d’études géopolitiques.

La pandémie et la guerre reconfigurent la globalisation économique. Les frontières des espaces pertinents se rétrécissent. On cherche à réduire ses dépendances et ses vulnérabilités dans tous les domaines. À l’infrastructure de ces mouvements brutaux, la scène mondiale de la concurrence narrative des représentations s’active — plus que jamais. Une perspective signée Michel Foucher.