Steve Coll, The Achilles Trap ; Saddam Hussein, the CIA, and the Origins of America’s Invasion of Iraq, Penguin

« The Achilles Trap démêle les personnes, les stratagèmes et les enjeux de pouvoir qui ont conduit à la désastreuse guerre des États-Unis contre l’Irak, détaillant les erreurs d’appréciation fondamentales de l’Amérique dans sa relation ruineuse avec Saddam Hussein, qui dure depuis des décennies. En commençant par l’arrivée au pouvoir de Saddam en 1979 et la naissance du programme secret d’armement nucléaire irakien, Steve Coll retrace les motivations de Saddam. Il fait revivre les diplomates, les scientifiques, les membres de la famille et les généraux qui n’avaient d’autre choix que de s’en remettre à leur chef, un chef directement responsable de la mort de centaines de milliers d’Irakiens, ainsi que de la torture ou de l’emprisonnement de beaucoup d’autres. La CIA et les administrations présidentielles successives n’ont pas réussi à saisir les nuances essentielles de sa paranoïa, de ses ressentiments et de ses incohérences, même lorsque les enjeux étaient incroyablement élevés.

S’appuyant sur des sources inédites et peu médiatisées, sur des entretiens avec des témoins et sur les transcriptions et fichiers audio de Saddam lui-même, The Achilles Trap dresse le portrait remarquable d’un dictateur qui était convaincu que le monde lui voulait du mal et qui a agi en conséquence. Il révèle la manière dont la corruption du pouvoir, les mensonges de la diplomatie et la vanité – des deux côtés – ont conduit à des erreurs d’État évitables : des erreurs qui allaient engendrer des souffrances humaines incommensurables et changer à jamais notre paysage politique. »

Parution le 27 février

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Emmanuel Droit, La dénazification. Posthistoire du IIIe Reich, Puf

« Ni complète ni irréprochable, la dénazification se donnait pour ambition de punir et de rééduquer une population allemande jugée coupable. Si cette politique publique épuratoire fut mise en œuvre de manière différente selon les zones d’occupation, elle n’en fut pas moins vécue et partagée par des millions d’Allemands. Plus qu’une procédure politico-judiciaire, elle fut ainsi une expérience tant individuelle que collective, sociopolitique, de responsabilisation, de marginalisation et de réintégration.

Dans cette enquête, Emmanuel Droit tente de cerner au plus près cette expérience majeure de l’histoire du XXe siècle. Entre exigence de transparence et volonté de soustraire certains faits aux puissances occupantes, puis aux autorités allemandes, de les passer sous silence ou de les travestir, il affronte la difficile question des liens entre vérité et histoire, mais aussi entre justice et pardon. »

Parution le 14 février

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Andreas Schwab, Freiheit, Rausch und schwarze Katzen. Eine Geschichte der Boheme, C. H. Beck

« Else Lasker-Schüler, Richard Dehmel, Edvard Munch, Oda Krogh, Henri Murger, Franziska zu Reventlow, August Strindberg, Frank Wedekind – tous faisaient partie de la bohème, cette sous-culture artistique qui s’est développée dans le dernier tiers du XIXe siècle à Paris et à Vienne, à Munich et à Berlin, et qui s’est opposée à la société bourgeoise par son style de vie libertin, son esprit rebelle et, surtout, ses conditions financières précaires. Ce livre raconte leur histoire.

La bohème a révolutionné les opinions sur ce qui constitue une bonne vie. Et ce, moins dans des textes et des manifestes que dans la vie active avec toutes ses ambivalences. Andreas Schwab ne dresse pas seulement le portrait des écrivains et des artistes, des hommes et des femmes de la bohème, à l’origine de cette révolution du mode de vie, mais évoque également les lieux où ils se rencontraient, le bar « Das schwarze Ferkel » à Berlin, le « Chat Noir » à Montmartre à Paris, le « Café Stefanie » ou le cabaret « Die Elf Scharfrichter » à Munich. Il en résulte une description de la vie de bohème à l’atmosphère dense, qui fait ressentir la fascination qu’elle exerce et qui s’étend jusqu’à notre époque. »

Parution le 15 février

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Elisabeth Braw, Goodbye Globalization ; The Return of a Divided World, Yale UP

« Après la guerre froide, la mondialisation s’est accélérée à une vitesse vertigineuse. La production, le transport et la consommation ont défié les frontières nationales, les entreprises ont gagné plus d’argent et les consommateurs ont eu accès à un éventail toujours plus large de biens. Mais ces dernières années, un profond changement s’est amorcé.

Les chefs d’entreprise et les hommes politiques se rendent compte que la mondialisation ne fonctionne plus. Les chaînes d’approvisionnement sont menacées, la Russie a été expulsée de l’économie mondiale après son invasion de l’Ukraine, et la Chine utilise ces fissures pour obtenir un avantage stratégique. Compte tenu de ces pressions, à quoi ressemblera l’avenir de notre économie mondiale ?

Dans cet ouvrage novateur, Elisabeth Braw explore l’effondrement de la mondialisation et les profonds défis qu’il posera à l’Occident. S’appuyant sur des entretiens avec des dirigeants et responsables politiques du monde entier, elle pose les questions difficiles auxquelles toutes les entreprises et toutes les économies seront confrontées et retrace l’histoire complexe de la mondialisation, depuis l’exubérance des années 1990 jusqu’à la crise actuelle. »

Parution le 12 février

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Vincent Pouliot et Jean-Philippe Thérien, Comment s’élabore une politique mondiale. Dans les coulisses de l’ONU, Presses de Sciences Po

« Dysfonctionnements organisationnels, manque d’expertise, absence de volonté politique sont souvent invoqués pour expliquer l’incapacité des institutions internationales à gérer les défis planétaires. Vincent Pouliot et Jean-Philippe Thérien battent en brèche ces idées reçues. Selon eux, la gouvernance mondiale est foncièrement politique car elle procède toujours d’un choix de pratiques et de l’affirmation de certaines valeurs en opposition à d’autres. Pour le démontrer, ils se sont penchés sur la fabrique de trois initiatives onusiennes contemporaines : l’adoption des Objectifs de développement durable en 2015, l’institutionnalisation du Conseil des droits de l’homme à partir de 2005 et la promotion continue de la protection des civils dans les opérations de paix. En observant au plus près les dynamiques de pouvoir mais aussi le bricolage qui ont présidé à leur naissance, ils montrent que l’élaboration des politiques mondiales s’apparente à la confection d’une mosaïque, entre improvisation et conflits sociaux, et qu’elle exprime une vision particulière du bien commun, souvent aux dépens d’autres perspectives. »

Parution le 16 février

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Marc-William Palen, Pax Economica ; Left-Wing Visions of a Free Trade World, Princeton UP

« Le libre-échange est aujourd’hui souvent assimilé à une idée de droite. Dans Pax Economica, l’historien Marc-William Palen montre que le libre-échange et la mondialisation trouvent en fait leurs racines dans les politiques de gauche du XIXe siècle. Dans cette contre-histoire d’une idée, Marc-William Palen explore comment, à partir des années 1840, les mondialistes de gauche sont devenus les leaders des mouvements pacifistes et anti-impérialistes de leur époque. Au début du XXe siècle, une alliance improbable de libéraux radicaux, d’internationalistes socialistes, de féministes et de chrétiens considérait le libre-échange comme essentiel à un ordre mondial prospère et pacifique. Bien entendu, cette vision était en contradiction avec les fortes prédilections de l’époque pour le nationalisme, le protectionnisme, les conflits géopolitiques et l’expansion coloniale. Marc-William Palen révèle comment, pour certains de ses partisans de gauche les plus radicaux, le libre-échange représentait une critique sévère de l’impérialisme, du militarisme et de la guerre. »

Parution le 27 février

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Nicolás Sesma, Ni una, ni grande, ni libre. La dictadura franquista, Critica

« Ni una, ni grande, ni libre offre un récit complet et actualisé de la dictature franquiste, destiné aussi bien à ceux qui ont vécu ces années qu’à ceux qui veulent redécouvrir et comprendre cet épisode décisif. Il s’agit d’une histoire de la dictature dont le protagoniste n’est plus exclusivement le général Francisco Franco, mais le peuple espagnol dans son ensemble, et qui, surtout, remet définitivement en question le mythe d’une Espagne unique et exceptionnelle.Nicolás Sesma rassemble les meilleures contributions de l’historiographie nationale et internationale pour les mettre au service d’une relecture ambitieuse et multidimensionnelle. Il inclut des références à l’ensemble des parties du pays et à tous ses secteurs sociaux. Une attention égale est accordée à l’immédiat après-guerre et à la décennie des années soixante-dix, à l’autarcie et au développement, à la classe politique et à l’opposition antifranquiste, à l' »estraperlo » et à la culture de la consommation, aux marginaux et aux nouvelles classes moyennes. »

Parution le 21 février

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Peter Schäfer, Das aschkenasische Judentum Herkunft, Blüte, Weg nach Osten, C. H. Beck

« Ashkénaze : c’est ainsi que les juifs installés en Europe depuis le Moyen-Âge appelaient leur zone d’implantation, principalement en Allemagne. Avec ce livre, Peter Schäfer offre pour la première fois un aperçu, basé sur des sources archéologiques et écrites, de l’origine et de l’épanouissement du judaïsme ashkénaze et de son cheminement forcé vers l’Europe de l’Est. Sa présentation couvre plus de 2000 ans d’histoire juive, de l’Antiquité au XXe siècle. Un édit de l’empereur Constantin datant de 321 évoque les juifs de Cologne, mais ce n’est qu’aux alentours de l’an 1000 que des communautés juives sont attestées avec certitude à Cologne, Mayence, Spire, Worms, Ratisbonne, Prague ou Francfort. D’où venaient ces juifs ? Comment étaient organisées leurs communautés ? De quoi vivaient-ils et quelles relations entretenaient-ils avec leur environnement chrétien ? Peter Schäfer décrit la vie quotidienne et la piété empreinte de mysticisme des juifs ashkénazes. Il raconte les persécutions et les expulsions de la fin du Moyen-Âge, le renouveau de la vie juive en Pologne, en Lituanie et en Russie, et le cheminement des juifs vers une modernité ambivalente, qui promettait l’émancipation et qui a apporté l’extermination. Depuis, les centres du judaïsme ashkénaze se trouvent aux États-Unis et en Israël, mais ses racines plongent loin dans le judaïsme oriental européen. »

Parution le 15 février

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Sébastien-Yves Laurent, État secret, État clandestin : essai sur la transparence démocratique, Gallimard

« Nous semblons vivre à une époque où tout finit par se savoir depuis qu’en 2013 un employé de l’agence de renseignement technique des États-Unis, Edward Snowden, révéla un authentique « secret d’État » : la collecte par les États-Unis de dizaines de millions de communications échangées dans le monde. Depuis lors en tous domaines des documents secrets ont été l’objet de fuites, laissant croire que la notion de secret d’État n’existe plus. L’État aujourd’hui serait-il désormais un État transparent, dépouillé de ses mystères ?

Sébastien-Yves Laurent déjoue les leurres. Dès ses commencements, l’État eut des raisons que la raison commune ignorait : la Raison d’État autorisait des agissements diplomatiques, policiers ou militaires dont le secret était la garantie du succès. Vint le libéralisme politique au XVIIIe siècle, porteur des droits de l’individu et des ferments de la démocratie grâce à la publicité, ici étudiée dans trois pays : Angleterre, États-Unis et France. Le secret fut néanmoins reconnu comme nécessaire au fonctionnement de l’État, mais institutionnalisé en services, budgets, voire commissions parlementaires d’enquête. L’État secret, légalisé, était né.

Vint au tournant de notre siècle le néo-libéralisme qui, doutant de l’efficacité du public face au privé, imposa l’idéologie de la transparence de l’action publique. Alors, le secret démocratique fut mis en cause et se créa dans l’ombre un État clandestin, acteur de liquidations physiques, déstabilisations dans l’univers numérique, emprisonnements extra-légaux. La démocratie en est fragilisée durablement. C’est pourtant notre monde. »

Parution le 22 février

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Lauren Benton, They Called It Peace ; Worlds of Imperial Violence, Princeton UP

« They Called It Peace offre une histoire panoramique de la façon dont ces routines de violence ont redessiné les contours de l’empire et réorganisé le monde du XVe au XXe siècle. Dans un récit qui s’étend de l’Asie aux Amériques, Lauren Benton montre comment la violence impériale a redéfini la nature même de la guerre et de la paix. Au lieu de préparer une paix durable, des trêves fragiles ont permis un retour facile à la guerre. Les conflits en série et les interventions armées ont projeté un état de fait de guerre perpétuelle à travers le monde. Lauren Benton décrit la façon dont une guerre apparemment limitée a déclenché des atrocités, allant de massacres soudains à de longues campagnes de dépossession et d’extermination. Elle fait revivre de manière saisissante un monde dans lequel les bellicistes se présentaient comme des artisans de la paix et où les Européens imaginaient que la « petite » violence était essentielle à la domination impériale et à l’ordre mondial. Elle révèle comment la violence impériale du passé a fait de la guerre perpétuelle et de la menace d’atrocités des caractéristiques endémiques de l’ordre international. »

Parution le 13 février

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Ulinka Rublack, Dürer im Zeitalter der Wunder. Kunst und Gesellschaft an der Schwelle zur globalen Welt, Klett-Cotta

« En 1511, Albrecht Dürer prend une décision radicale : après s’être brouillé avec le marchand de Francfort Jacob Heller à propos d’une commande, il cesse de peindre des retables et se tourne vers d’autres types d’œuvres. Ce conflit fait ici office de lentille à travers laquelle peut s’observer la nouvelle relation entre l’art, la collection et le commerce en Europe jusqu’à la guerre de Trente Ans. En effet, avec le début du XVIe siècle, l’art est devenu partie intégrante d’un secteur croissant de produits de luxe et a connu une vaste commercialisation. Les marchands et leur mentalité ont joué un rôle décisif dans sa diffusion et ses créations. Dürer im Zeitalter der Wunder nous entraîne dans les pensées et les sentiments d’Albrecht Dürer et des amateurs d’art des grandes cours allemandes et des maisons de commerce de son époque, retraçant l’histoire de l’artiste, de son œuvre et du marché européen de l’art et de l’artisanat naissant. »

Parution le 17 février

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Emilio Carlo Corriero, La filosofia come orientamento. Un nuovo senso da assegnare alla terra, Einaudi

« La philosophie n’est pas une discipline comme les autres. Contrairement à celles-ci, qui ont un objet défini, l’objet de la philosophie est l’être lui-même sans autre détermination. Et il n’y a pas de philosophie authentique qui ne s’interroge pas sur sa propre définition et ses conditions d’existence. En tant que tension infinie vers la Sagesse, où convergent savoirs théoriques et savoirs pratiques, la philosophie, plutôt que comme science, se présente en fait comme une co-science qui doit pouvoir accompagner tous les savoirs et tous les choix que nous faisons. En ce sens, elle se révèle être avant tout une orientation, selon un besoin d’adaptation et de détermination qui accompagne l’être humain, toujours à la recherche d’une redéfinition de sa place dans le monde. Si, dès la crise des fondements au début du XXe siècle, la philosophie a perçu sa propre différence radicale dans son absence de sol, c’est surtout avec l’avènement de l’Anthropocène et la reconnaissance de l’être humain comme force naturelle que la philosophie peut redécouvrir pleinement sa propre fonction, en réalisant combien son absence de sol – son atopie – dépend de son enracinement naturel et de sa capacité à prendre la bonne distance par rapport à toute forme stable de connaissance. C’est à partir de là, au long d’un parcours critique qui traverse les principales positions théoriques de la pensée occidentale, que ce livre réaffirme tout le potentiel révolutionnaire de la philosophie visant à déterminer une nouvelle orientation possible. »

Parution le 6 février

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Éric Bussière, L’Europe de Jacques Delors. Gestation et mise en œuvre d’un projet, Sorbonne Université Presses

« La politique de Jacques Delors à la tête de la Commission européenne entre 1985 et 1994 est le fruit d’un long cheminement. Dès les années 1960, les perspectives nationale et européenne s’entrecroisent dans les missions accomplies par Delors, tour à tour au Conseil économique et social, au Commissariat général au Plan, au cabinet du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, au Conseil général de la Banque de France à partir de 1973, puis au sein des instances dirigeantes du Parti socialiste. Deux lignes qui se rejoignent lorsque Delors entre au Parlement européen en 1979-1981, avant d’être nommé ministre des Finances par François Mitterrand en 1981. Des années d’expériences, de rencontres et de réflexions façonnant un projet revitalisé pour l’Europe.

Sa mise en œuvre de Bruxelles, à partir de 1985, en un processus accéléré, bouscule les hésitations et construit le marché intérieur puis l’union monétaire. La démarche de Delors vient pourtant buter sur les incertitudes et les craintes que soulève le bouleversement européen de 1989 et fait obstacle, lors de la négociation du traité de Maastricht, à une politisation des institutions européennes pourtant nécessaire. »

Parution le 2 février

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Nathan Perl-Rosenthal, The Age of Revolutions and the Generations Who Made It, Basic Books

« Les révolutions qui ont fait rage en Europe et en Amérique pendant sept décennies, de 1760 à 1825, ont créé le monde moderne. Les révolutionnaires ont brisé les empires, renversé les hiérarchies sociales et donné naissance à un monde de républiques. Mais de vieilles injustices ont persisté et les puissants moteurs du changement révolutionnaire ont créé de nouvelles formes insidieuses d’inégalité. À travers un kaléidoscope de vies à la fois familières et inconnues – de John Adams, Toussaint Louverture et Napoléon à un naturaliste français ambitieux et une nonne péruvienne séditieuse -, Nathan Perl-Rosenthal raconte l’épopée révolutionnaire comme une histoire générationnelle. La première génération révolutionnaire, animée par des idées radicales, s’est efforcée de briser les liens hiérarchiques de l’ancien ordre. Ses échecs ont façonné une deuxième génération, plus habile dans l’organisation des masses, mais avec une teinte illibérale. Les transformations politiques radicales qu’elle a accomplies après 1800 ont gravé les inégalités sociales et raciales dans les fondements de la démocratie moderne. »

Parution le 20 février

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Narges Bajoghli, Vali Nasr, Djavad Salehi-isfahani, Ali Vaez, How Sanctions Work. Iran and the Impact of Economic Warfare, Stanford University Press

« Les sanctions ont des conséquences énormes. En particulier lorsqu’elles sont imposées par un pays ayant l’influence économique des États-Unis, les sanctions provoquent des ondes de choc évidentes dans l’économie et la culture politique de l’État ciblé, ainsi que dans la vie quotidienne des citoyens. Mais les sanctions économiques induisent-elles les changements de comportement escomptés ? Les sanctions fonctionnent-elles comme elles le devraient ?

Pour répondre à ces questions, les auteurs de l’ouvrage How Sanctions Work mettent l’accent sur l’Iran, le pays le plus sanctionné au monde. Les sanctions globales sont censées provoquer des soulèvements ou des pressions visant à modifier le comportement de l’establishment en place ou à affaiblir son emprise sur le pouvoir. Mais, après quatre décennies, le cas de l’Iran montre que c’est le contraire qui est vrai : les sanctions ont renforcé l’État iranien, appauvri sa population, accru la répression de l’État et intensifié la position militaire de l’Iran à l’égard des États-Unis et de ses alliés dans la région. Au lieu d’offrir une « alternative à la guerre », les sanctions sont devenues une cause de guerre. Par conséquent, How Sanctions Work révèle à quel point il est nécessaire de comprendre comment les sanctions fonctionnent réellement. »

Parution le 6 février

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Ramón Villares, Repensar Iberia. Del iberismo peninsular al horizonte europeo, Pasado Presente

« L’idée d’un projet commun pour les pays ibériques, c’est-à-dire de trouver une autre façon de comprendre et d’organiser les territoires et les peuples de la péninsule, a une longue histoire. Ce livre analyse les clés, les blocages et les alternatives avec lesquels cette idée de « composer les Espagnes » ou de « repenser l’Ibérie » s’est dessinée au fil du temps – depuis les possibles unions dynastiques ou les propositions de la Catalogne « impériale » et du Portugal républicain à la fin du XIXe siècle jusqu’à l’ibérisme tripartite du XXe siècle – non pour raviver de vieux débats, mais pour penser avec audace un avenir différent dans lequel d’autres formes de composition ibérique peuvent émerger dans le cadre de l’Union européenne. Bref, penser un nouvel ibérisme adapté au XXIe siècle. »

Parution le 12 février

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Iryna Vushko, Lost Fatherland ; Europeans between Empire and Nation-States, 1867-1939, Yale UP

« Ce livre est un portrait collectif de vingt-et-un hommes d’État importants qui ont grandi sous l’empire des Habsbourg. Parmi eux figurent le cofondateur de l’austro-marxisme et le premier ministre des affaires étrangères de la république autrichienne, le cofondateur de l’Union européenne après la Seconde Guerre mondiale, le fondateur du parti communiste de Tchécoslovaquie et l’ambassadeur de Mussolini à Vienne. Certains ont survécu à la Première Guerre mondiale et aux divisions géographiques qui en ont résulté dans leur pays d’origine, et d’autres ont continué à servir dans la politique et les gouvernements de toute l’Europe. Pris ensemble, les récits de ces hommes offrent aux lecteurs une fenêtre sur les grandes questions de l’histoire européenne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, notamment sur la manière dont un héritage impérial, une vision commune de l’État et du nationalisme, et un engagement en faveur de la résolution pacifique des conflits ont contribué à établir une loyauté et une unité durables en dépit des lignes de fracture géographiques résultant de la guerre. Comme l’explique Iryna Vushko, leurs récits permettent également de mieux comprendre les réussites et les échecs de l’empire Habsbourg. »

Parution le 13 février

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Andrea Martini, Fascismo immaginario. Riscrivere il passato a destra, Laterza

« Exilés dans leur pays, contraints d’occuper des scènes marginales, des espaces culturels périphériques : c’est ainsi que les fascistes décrivent leur condition au lendemain de 1945. Pourtant, dès l’immédiat après-guerre, les kiosques à journaux de toute l’Italie étaient remplis de revues dont les articles racontaient sur un ton hagiographique, ou du moins indulgent, les exploits de Mussolini et de ses fidèles. Les rayons des librairies abritaient des mémoires, des biographies et même des romans signés par des fascistes et des pro-fascistes. Ainsi, à l’aube du processus de construction d’une mémoire publique autour du Ventennio et de la saison de la guerre civile, la réécriture de ce même passé par les fascistes était en cours.

Une telle opération n’est pas surprenante en soi : le désir de raconter sa propre version des faits en les pliant à ses propres intérêts est un fait physiologique. Ce qui surprend, en revanche, c’est le succès de cette opération et c’est sur ce point en particulier que le livre enquête, en rendant compte du degré de complicité dont ont fait preuve de larges secteurs du monde journalistique et éditorial. Il n’est pas si évident, en effet, que les protagonistes d’un régime autoritaire et liberticide et d’un gouvernement, celui de la RSI, complice d’une force d’occupation, aient eu la possibilité de faire circuler légalement leur version des faits. »

Parution le 2 février

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Danielle Tartakowsky, Les syndicats en leurs murs. Bourses du Travail, maisons du peuple, maisons des syndicats, Champ Vallon

« Cet ouvrage, à la confluence de l’histoire syndicale et municipale, de l’architecture et de l’histoire urbaine, retraverse plus d’un siècle d’histoire de ces modes d’hébergement syndical que sont les Bourses du travail, les maisons du peuple ouvrières et les maisons des syndicats. Il analyse leurs conditions d’émergence, les interactions mouvantes entre syndicats et municipalités, leur inscription dans la ville, la nature des bâtiments qui leur sont dévolus, constitutifs d’un patrimoine qui vaut à une quarantaine d’entre eux d’être classés monuments historiques ou inscrits à l’inventaire du patrimoine. Si la désindustrialisation et la « mise en tourisme » des villes concernées suscitent aujourd’hui des remises en cause, une pluralité d’acteurs sociaux leur accordent un intérêt renouvelé. »

Parution le 16 février

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Michael Grüttner, Talar und Hakenkreuz. Die Universitäten im Dritten Reich, C. H. Beck

« Pendant longtemps, les universités allemandes se sont considérées avant tout comme des victimes du régime national-socialiste. Ce n’est que progressivement et à contrecœur que l’idée que cette histoire était plus complexe s’est imposée. Depuis, de nombreuses études ont été publiées sur certaines universités, disciplines et savants. Avec ce livre, Michael Grüttner offre pour la première fois une présentation globale des universités du Troisième Reich. Les 23 universités qui existaient en Allemagne à la fin de la République de Weimar ont été soumises à partir de 1933 à des « purges » massives, qui visaient surtout les étudiants et les scientifiques d’origine juive. A cette « prise de pouvoir » par le haut correspondait une « prise de pouvoir » par le bas : de nombreux professeurs ont adhéré au parti, certains, comme Carl Schmitt et Martin Heidegger, ont tenté de se positionner comme penseurs du régime nazi. Michael Grüttner décrit la prise de pouvoir étonnamment silencieuse, décrit la politique universitaire nationale-socialiste, qui a eu des répercussions très différentes sur les disciplines, et explique pourquoi les sciences au service du national-socialisme ne sont pas seulement devenues moins libres, mais ont même parfois bénéficié d’une plus grande marge de manœuvre que jamais, par exemple en matière d’expérimentation médicale sur les êtres humains. »

Parution le 15 février

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