Emmanuel Veron


Alors que la pandémie de COVID-19 est en train de tuer et de s’étendre sur toute la planète, les autorités centrales chinoises se sont lancées, par l’intermédiaire de leur diplomatie, dans une révision de l’histoire de l’apparition et de la dissémination du virus. Cet article propose une synthèse de l’action politique de Pékin à l’international depuis le début de la crise.

Le président Trump avait fait de la réduction du déficit commercial avec la Chine une des priorités de son mandat. Après près de deux ans de guerre commerciale, le déficit commercial s’est réduit de 323 à 296 milliards de dollars entre 2018 et 2019. Dans la foulée, le 15 janvier dernier était marqué par la signature d’une première phase d’accords entre les deux premières puissances économiques, synonyme d’une «  trêve  » et dans le même temps, par la signature entre le Japon, l’UE et les Etats-Unis d’une déclaration commune pour réformer l’OMC, en particulier pour mieux juguler les actions déloyales chinoises.

Forum initié par Pékin pour étendre son influence économique et politique en Europe en dehors du cadre institutionnel et formel de l’Union européenne (UE), le format 17+ 1 ne cesse de prendre de l’ampleur et défie l’UE. L’année 2020, selon les mots du Ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi, est à un «  nouveau point de départ historique  ».

Réunis du 12 au 14 novembre au Brésil pour le sommet annuel des BRICS, les grands pôles de puissances non occidentales (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont mis en avant les sujets commerciaux, passant sous silence les sujets politiques compliqués et la situation dégradée en Amérique latine. Organisation internationale étatique, les BRICS donnent à comprendre les convulsions contemporaines du système international  : atomisation des acteurs, concurrence technologique, géoéconomie et recomposition stratégique des pôles de puissance.

Au lendemain des célébrations des 70 ans de règne communiste à Pékin, Xi Jinping est polarisé par la diplomatie régionale en Asie du Sud, où les tensions entre les trois puissances nucléaires structureront ou non les équilibres stratégiques pour demain. En quelques jours, Xi a rencontré le premier ministre pakistanais, l’indien et le népalais, de quoi illustrer le «  grand jeu  » de la diplomatie dite de bon voisinage de la République populaire. Si le voisin pakistanais est l’allié stratégique de la zone, l’Inde représente le grand concurrent stratégique de la Chine dans la durée.

Au lendemain des célébrations des 70 ans de la République populaire de Chine et de son affirmation de toute puissance, un regard sur l’économie chinoise, plus précisément les secteurs financier et bancaire, permet de comprendre des limites de Pékin. Les exportations chinoises n’augmentent plus, sa croissance se tasse, les effets de la guerre commerciale avec Washington sont bien présents et l’endettement s’accroît paradoxalement avec le projet phare Belt and Road Initiative (BRI), d’internationalisation de l’influence et de l’économie chinoise. Le monde financier et bancaire chinois est en phase de recomposition.

Pour son 70e anniversaire, le régime de Pékin promet le plus important défilé militaire de son histoire. Alors que les tensions avec la puissance américaine et les heurts à Hong Kong ne sont pas réglées d’une part et que la remise en question des traités sur la maîtrise des armements demeure d’autre part, la Chine entend montrer au peuple chinois et au monde les symboles de sa puissance militaire et stratégique.

Le 24 juillet 2019, Pékin publiait son nouveau livre blanc de la défense, «  La défense nationale de la Chine à l’ère nouvelle  ». Deux fois plus long que le dernier livre blanc de 2015, cette nouvelle édition a fait l’objet d’un véritable exercice de communication visant à expliquer les efforts sécuritaires et de défense de la Chine afin de «  rassurer  » le monde.

Homme fort de la répression sanglante de Tiananmen en juin 1989, Li Peng est mort le 22 juillet à l’âge de 90 ans, peu de temps après le 30e anniversaire du mouvement pour la démocratie en Chine. Il est pour le régime une des références clefs de la politique intérieure et extérieure depuis le lancement des Réformes en 1979 et un bourreau pour les dissidents.