Personne n’aurait osé exclure une rencontre entre l’Allemagne et la France en huitièmes de finale. Pourtant, l’Allemagne a été éliminée hier dès les seizièmes de finale, par le Paraguay. Plutôt que de se réjouir de l’élimination d’un adversaire redoutable, la France devrait en tirer un avertissement : ne pas sous-estimer la Suède, qu’elle affronte aujourd’hui, 30 juin. En phase à élimination directe, la surprise est toujours possible.
- La défaite allemande d’hier n’a rien d’un séisme : la Mannschaft traverse une mauvaise phase en Coupe du monde depuis plusieurs éditions et a été éliminée dès la phase de groupes en 2018 et en 2022.
- Le Paraguay a réalisé une grande performance défensive et a ouvert le score grâce à Julio Enciso, joueur du RC Strasbourg. L’Allemagne a égalisé en seconde période, puis la rencontre s’est prolongée jusqu’aux tirs au but. Si le gardien Orlando Gill a joué un rôle clef, c’est le défenseur central José Canale, qui disputait sa première titularisation en sélection, qui a transformé le tir décisif.
- Pour célébrer cet exploit, le président paraguayen conservateur Santiago Peña a décrété ce mardi 30 juin jour férié.
- Le Paraguay attend désormais de connaître son prochain adversaire, qui sortira du match opposant la France à la Suède.
- En phase de poules, la Suède a écrasé une Tunisie moribonde (5-1), avant de sombrer face aux Pays-Bas (1-5) et de faire match nul contre le Japon (1-1).
- C’est une équipe peu inspirée, mais très solide, que le sélectionneur anglais Graham Potter aligne avec une grande rigueur tactique. Le trio offensif Elanga-Isak-Gyokeres représente une menace réelle, même s’il n’a pas encore pleinement exprimé son potentiel dans ce tournoi.
Le match entre le Brésil et le Japon a prouvé que tout pouvait arriver en seizième de finale : la Seleção a frôlé une élimination improbable, tandis que le Japon a ouvert le score en première période.
- Mais en seconde période, le Japon s’est trop souvent replié près de ses cages, encaissant d’abord l’égalisation de Casemiro, puis le but décisif de Martinelli à la 95e minute, dans le temps additionnel.
- Le Brésil n’a pas non plus vraiment convaincu. Une fois de plus, l’équipe a semblé manquer de punch, avec un jeu lent et prévisible.
- Ancelotti a gagné grâce à ses changements (l’entrée en jeu de Martinelli s’est révélée déterminante) et au but inscrit dans le temps additionnel.
De son côté, le match Pays-Bas-Maroc a tenu toutes ses promesses. Les deux équipes ont livré une rencontre de qualité, marquée par une grande rigueur tactique et une lutte acharnée sur chaque ballon.
- Mais le Maroc a davantage maîtrisé le ballon et créé les occasions les plus dangereuses. C’est toutefois les Pays-Bas qui ont ouvert le score par l’intermédiaire de l’attaquant de Liverpool, Cody Gakpo.
- En fin de match, le Maroc a poussé désespérément pour égaliser, allant même jusqu’à faire monter son défenseur central Issa Diop (1,94 m) en attaque. Le pari a payé : c’est en effet Diop qui a marqué à la 91e minute d’une tête. Il s’agit du premier but de ce joueur en sélection, qui ne porte le maillot marocain que depuis le mois de mars. Né à Toulouse, il a évolué avec les équipes de jeunes françaises jusqu’aux Espoirs, avant d’opter pour le Maroc, pays de ses origines paternelles et sénégalaises du côté de sa mère. Son grand-père, Lybasse Diop, a d’ailleurs été le premier joueur sénégalais à évoluer en Ligue 1.
- La rencontre s’est prolongée jusqu’aux tirs au but, marqués par plusieurs ratés : deux côté marocain et trois côté néerlandais, qui se fait à nouveau éliminer aux tirs au but, comme cela lui est déjà arrivé à maintes reprises dans son histoire. Le Maroc, lui, poursuit l’aventure et confirme son statut d’équipe forte, déterminée à rééditer l’exploit de la Coupe du monde 2018, où il avait terminé quatrième. Il affrontera le Canada en huitièmes de finale et partira favori.
Ce soir, outre le match France-Suède, le pays hôte, le Mexique, entre également en lice. Il affronte l’Équateur, un adversaire qui ne sera pas surpris par l’altitude : le stade de Mexico se situe à 2 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, mais les Équatoriens ont l’habitude de jouer à Quito, à 2 850 mètres d’altitude.
Il faudra également surveiller le match Côte d’Ivoire–Norvège, programmé à 19h.
- C’est le duel entre deux équipes annoncées comme possibles surprises du tournoi, et entre deux des attaquants les plus spectaculaires de la compétition jusqu’à présent : l’Ivoirien Yannick Diomandé et le Norvégien Erling Haaland.
- Cette fois, pas de doute : le sélectionneur norvégien Solbakken alignera ses onze titulaires habituels.
Quelques observations et points d’intérêt
- Même les spectateurs les plus distraits auront remarqué un détail lors de cette Coupe du monde : de nombreux joueurs portent des chaussettes trouées au niveau des mollets. C’était encore le cas hier d’Ismaël Saïbari, le joueur marocain qui a marqué le penalty décisif face aux Pays-Bas.
- Ce n’est pas nouveau : cette pratique s’est répandue chez les footballeurs il y a près de dix ans. Mais pourquoi le font-ils ?
- La mode et une certaine recherche esthétique y sont pour quelque chose, mais pour la plupart des joueurs, ces trous serviraient surtout à réduire la pression exercée sur les mollets, le polyester des chaussettes étant un matériau particulièrement serré.
- En réalité, ce soulagement pourrait n’être qu’un effet psychologique. En 2023, le docteur Raj Brar a déclaré qu’aucune preuve médicale ne venait étayer l’efficacité de ces trous. Selon lui, une méthode plus scientifique consisterait même à faire l’inverse, c’est-à-dire à porter des chaussettes de compression entre les matchs pour améliorer la circulation sanguine et réduire les gonflements.
- Or, trois ans ont passé et personne ne l’a écouté. Son conseil serait peut-être plus scientifique, mais certainement moins esthétique.