Xi Jinping : un nouvel empire bienveillant. L’économie ouverte selon Pékin

« Couvrant la terre, les océans, le ciel et Internet, notre réseau a stimulé les flux de marchandises, de capitaux, de technologies et de ressources humaines entre les pays et a insufflé une nouvelle vitalité à la route de la soie, vieille de plusieurs millénaires. » Pour comprendre comment Pékin déploie sa grande figure de style au reste du monde, nous proposons la première traduction introduite et commentée du discours de Xi au Forum des Nouvelles routes de la soie.

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Le Grand Continent
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© Louise Delmotte/AP/SIPA

En 1998, dans Foreign Policy, le néoconservateur Robert Kagan décrivait les États-Unis comme un « empire bienveillant ». Les deux décennies suivantes, et les réorientations géopolitiques des États-Unis, ont fait un sort à ce vœu pieux. Mais vingt-cinq ans plus tard, Xi Jinping paraît décidé à présenter la Chine comme un nouvel Empire bienveillant. C’est du reste la ligne qu’il développe de discours en discours depuis le début de l’année : « on récolte si l’on sème », disait le dirigeant chinois il y a quelques mois, et les Nouvelles routes de la soie seraient l’occasion pour la Chine de démontrer la véracité de cet adage. 

Le 18 octobre 2023, il a prononcé un important discours en ouverture du troisième Forum des Nouvelles routes de la soie. Dix ans après le lancement de cette initiative, celle-ci se déploie sur plusieurs continents et implique plus de cent-cinquante pays. Aujourd’hui, seuls une partie des membres de l’Union européenne (dont la France, l’Espagne et l’Allemagne), les États-Unis, le Canada, le Mexique, ou encore l’Inde, le Brésil et l’Australie n’ont pas rejoint une entreprise qui s’est déployée sur la quasi-totalité des continents. Malgré tout, le Forum intervient après une période de ralentissement : depuis l’année de la pandémie, le nombre d’entrées de nouveaux pays dans l’initiative est en nette baisse. L’Afghanistan est le seul pays à avoir rejoint les Nouvelles routes de la soie en 2023. Les montants de prêts accordés dans le cadre de l’initiative sont également en nette baisse, sur fond de ralentissement de l’économie chinoise. 

Après une décennie, marquée par plusieurs chocs globaux — pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine —, ce texte était à la fois une manière d’établir un bilan et de dessiner des perspectives pour la puissance chinoise. Prononcé à un moment où la guerre s’étend plus que jamais depuis l’attaque d’Israël le 7 octobre par le Hamas, l’intention de Xi était de présenter la Chine comme un facteur de cohésion dans un monde fracturé par l’incompétence et les limites de la puissance américaine. 

Il s’est surtout présenté comme le principal défenseur d’« une économie mondiale ouverte » et comme l’opposant résolu « aux sanctions unilatérales, à la coercition économique, au découplage et à la rupture de la chaîne d’approvisionnement ». Ces déclarations sont clairement adressés aux États-Unis et, dans une moindre mesure, aux Européens, qui recourent souvent à la stratégie des sanctions. Dans la logique de Xi, ce serait ces derniers — et uniquement eux — qui seraient responsables du désordre global. 

Ce discours est important parce qu’il permet de bien saisir les contours de l’agenda chinois en 2023. Il ne s’agit pas seulement de préparer l’affrontement avec les États-Unis, mais surtout de présenter un modèle de développement alternatif, qui serait plus attractif pour des pays tiers que celui proposé par les pays occidentaux. En réalité, à lire ce texte, la principale différence avec des déclarations occidentales tient au fait qu’il n’est nulle part fait mention de valeurs, de démocratie ou de droits humains : la Chine propose une zone de prospérité économique qui viendrait — apparemment — sans aucune forme de cahier des charges politiques.

Comme le soulignait Wassim Nasr, c’est cette logique qui a prévalu à l’éviction des puissances occidentales de nombreux pays africains. En réalité, il s’agit bien plus d’une tournure rhétorique que de la réalité des engagements chinois avec les pays qui deviennent ses débiteurs. Toujours est-il que cette posture alternative au bloc occidental a été rendue manifeste à plusieurs égards ces derniers jours. D’une part, le Forum de Pékin arrive une semaine après les assemblées d’automne du FMI et de la Banque mondiale qui se sont tenues à Marrakech, avec pour sujet central la question des crises de la dette dans les pays à faible revenu et les économies émergentes. D’autre part, ses invités de marque sont des adversaires déclarés de « l’Occident collectif » : Vladimir Poutine ; Viktor Orbán, qui en a profité pour rencontrer le président russe ; ou encore le président serbe Aleksandar Vučic. 

Vos Excellences les chefs d’État et de gouvernement,

Mesdames et Messieurs les chefs d’organisations internationales,

Représentants de divers pays,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour la cérémonie d’ouverture du troisième Forum de la Ceinture et de la Route [Nouvelles routes de la soie] pour la coopération internationale. Au nom du gouvernement et du peuple chinois et en mon nom propre, je vous souhaite à tous une très chaleureuse bienvenue !

Cette année marque le dixième anniversaire de l’Initiative de la Ceinture et de la Route (ou Belt and Road Initiative, BRI) que j’ai proposée. La BRI, qui s’inspire de l’ancienne Route de la soie et se concentre sur l’amélioration de la connectivité, vise à renforcer la connectivité politique, infrastructurelle, commerciale, financière et entre les peuples, à insuffler un nouvel élan à l’économie mondiale, à créer de nouvelles opportunités pour le développement mondial et à construire une nouvelle plateforme pour la coopération économique internationale.

Au cours de ces dix années, nous sommes restés fidèles à cette mission fondatrice. Grâce à nos efforts conjoints, la coopération internationale au sein de la BRI a démarré, s’est développée rapidement et a produit des résultats fructueux.

La coopération au sein de la BRI s’est étendue du continent eurasien à l’Afrique et à l’Amérique latine. Plus de 150 pays et plus de 30 organisations internationales ont signé les documents de coopération de la BRI. Nous avons déjà tenu deux sessions du Forum et établi plus de 20 plateformes de coopération multilatérale spécialisées dans le cadre de la BRI.

La coopération de la BRI est passée du stade de « l’esquisse » à celui de « l’élaboration des détails », et les plans ont été transformés en projets réels. Un grand nombre de projets emblématiques et de programmes « petits mais intelligents » axés sur les personnes ont été lancés.

La coopération de la BRI s’est étendue de la connectivité physique à la connectivité institutionnelle. D’importants principes directeurs pour une coopération de qualité ont été définis, notamment le principe « planifier ensemble, construire ensemble et bénéficier ensemble », la philosophie d’une coopération ouverte, verte et propre, et l’objectif d’une coopération durable, centrée sur les personnes et répondant à des normes élevées.

Au cours de ces dix années, nous nous sommes efforcés de construire un réseau mondial de connectivité composé de corridors économiques, de voies de transport internationales et d’autoroutes de l’information, ainsi que de chemins de fer, de routes, d’aéroports, de ports, d’oléoducs et de réseaux électriques. Couvrant la terre, les océans, le ciel et Internet, ce réseau a stimulé les flux de marchandises, de capitaux, de technologies et de ressources humaines entre les pays concernés et a insufflé une nouvelle vitalité à la route de la soie, vieille de plusieurs millénaires.

Des trains filant à grande vitesse sur les voies ferrées, des voitures sur les routes, des vols reliant différents pays, des cargos brisant les vagues et le commerce électronique apportant tant de commodités aux gens sont devenus autant de symboles du commerce international de la nouvelle ère, tout comme les caravansérails et les navires à voiles l’étaient autrefois.

Les centrales hydroélectriques, éoliennes et solaires, les oléoducs et les gazoducs, ainsi que les réseaux de transmission d’énergie de plus en plus intelligents et interconnectés, éliminent le goulot d’étranglement du développement causé par la pénurie d’énergie et réalisent le rêve des pays en développement de parvenir à un développement vert et à faible émission de carbone. Ces projets énergétiques sont devenus l’oasis et le phare du développement durable dans la nouvelle ère.

Des aéroports et des ports flambant neufs, des routes praticables et des parcs industriels nouvellement construits pour la coopération commerciale ont créé de nouveaux corridors économiques et de nouveaux moteurs de croissance, et sont devenus les routes commerciales et les points d’arrêt de la nouvelle ère.

Des années culturelles riches et colorées, des festivals d’art, des expositions, des ateliers Luban, des programmes d’échange entre les peuples tels que l’initiative de construction communautaire de la route de la soie et le programme Brightness Action, ainsi que des échanges approfondis entre les organisations non gouvernementales, les groupes de réflexion, les organisations médiatiques et les jeunes, toutes ces activités florissantes ont composé une symphonie de l’amitié dans la nouvelle ère.

À travers un usage de l’épiphore « la nouvelle ère », Xi Jinping veut montrer que la Chine est entrée dans une nouvelle phase.

Lorsque le COVID-19 a frappé, la Ceinture et la Route est devenue une voie de sauvetage. La Chine a fourni plus de 10 milliards de masques et 2,3 milliards de doses de vaccins à d’autres pays et a produit des vaccins conjointement avec plus de 20 pays, apportant une contribution spéciale aux efforts des partenaires de la BRI dans la lutte contre le COVID-19. La Chine a également reçu un soutien précieux de la part de plus de 70 pays lorsqu’elle a été durement touchée par la pandémie.

La coopération dans le cadre de la Ceinture et de la Route repose sur le principe « planifier ensemble, construire ensemble et bénéficier ensemble ». Elle transcende les différences entre les civilisations, les cultures, les systèmes sociaux et les stades de développement. Elle a ouvert une nouvelle voie pour les échanges entre les pays et établi un nouveau cadre pour la coopération internationale. En effet, la BRI représente la poursuite commune par l’humanité du développement pour tous.

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Les résultats que nous avons obtenus au cours de la dernière décennie sont vraiment remarquables, et nous pouvons en tirer de nombreux enseignements.

Nous avons appris que l’humanité est une communauté qui a un avenir commun. La Chine ne peut se porter bien que si le monde se porte bien. Lorsque la Chine se portera bien, le monde ira encore mieux. Grâce à la coopération de la Ceinture et la Route, la Chine ouvre encore plus largement sa porte au monde, ses régions intérieures se transformant en « avancées » et ses régions côtières atteignant de nouveaux sommets en matière d’ouverture. Le marché chinois est devenu encore plus étroitement intégré au marché mondial. La Chine est devenue le principal partenaire commercial de plus de 140 pays et territoires et la première source d’investissement d’un plus grand nombre de pays. Les investissements chinois à l’étranger et les investissements étrangers en Chine ont stimulé l’amitié, la coopération, la confiance et l’espoir.

Cette vision irénique et bénévolente de la Chine masque la réalité de son hégémonie au sein des Nouvelles Routes de la soie. Elle est notamment la première créancière des États et de nombreuses entreprises issues d’États membres de l’initiative

Nous avons appris que la coopération gagnant-gagnant est le moyen le plus sûr de réussir à lancer des initiatives majeures qui profitent à tous. Lorsque les pays s’engagent dans la coopération et agissent de concert, un gouffre profond peut se transformer en voie de passage, des pays enclavés peuvent devenir reliés entre eux, et un lieu de sous-développement peut se transformer en terre de prospérité. Les pays qui sont à la pointe du développement économique devraient donner un coup de main à leurs partenaires qui n’ont pas encore rattrapé leur retard. Nous devrions tous nous considérer comme des amis et des partenaires, nous respecter, nous soutenir et nous aider à réussir. Comme le dit le proverbe, lorsque vous offrez des roses aux autres, leur parfum reste sur vos mains. En d’autres termes, aider les autres, c’est aussi s’aider soi-même. Considérer le développement des autres comme une menace ou croire qu’il y a un risque de l’interdépendance économique n’améliorera pas notre propre vie et n’accélérera pas notre développement.

Nous avons appris que l’esprit de paix et de coopération, d’ouverture et d’inclusion, d’apprentissage mutuel et d’avantages réciproques de la Ceinture et de la Route est la principale source de force pour la coopération que nous engageons. J’ai dit un jour que les pionniers des anciennes routes de la soie avaient gagné leur place dans l’histoire non pas en tant que conquérants avec des navires de guerre, des canons, des chevaux ou des épées ; on se souvient plutôt d’eux comme d’émissaires amicaux conduisant des caravanes de chameaux et des voiliers chargés de marchandises. La coopération autour de la Ceinture et de la Route repose sur la conviction que la flamme est vive lorsque chacun ajoute du bois au feu et que le soutien mutuel peut nous mener loin. Cette coopération vise à améliorer la vie des habitants d’un pays, mais aussi ceux d’autres pays. Elle favorise la connectivité, les avantages mutuels, le développement commun, la coopération et les résultats gagnant-gagnant. La confrontation idéologique, la rivalité géopolitique et la politique des blocs ne sont pas un choix pour nous. Nous nous opposons aux sanctions unilatérales, à la coercition économique, au découplage et à la rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Ce qui a été réalisé au cours des dix dernières années démontre que la coopération « la Ceinture et la Route » se situe du bon côté de l’histoire. Elle représente l’avancée de notre époque et constitue la bonne voie à suivre. Nous devons rester lucides et sereins dans un monde instable, et nous devons être parfaitement conscients de notre responsabilité vis-à-vis de l’histoire, des peuples et du monde. Nous devons faire face ensemble aux différents risques et défis mondiaux et offrir aux générations futures un avenir radieux fait de paix, de développement, de coopération et d’avantages mutuels.

Les changements de notre monde et de notre époque sont d’ampleur historique et ils se déroulent comme jamais auparavant. La Chine s’efforce de renforcer et de rajeunir la nation chinoise sur tous les fronts en poursuivant sa modernisation. Celle-ci n’est pas destinée à la Chine seule, mais à tous les pays en développement grâce à nos efforts conjoints. La modernisation mondiale doit être poursuivie pour renforcer le développement pacifique et la coopération mutuellement bénéfique et apporter la prospérité à tous. Sur notre chemin, nous rencontrerons tous les types de vents contraires. Nous devons rester concentrés sur notre objectif, prendre des mesures axées sur les résultats, persévérer et continuer à aller de l’avant jusqu’à ce que notre objectif soit atteint. La Chine travaillera avec toutes les parties concernées pour approfondir les partenariats de coopération de la Ceinture et de la Route, faire entrer cette coopération dans une nouvelle phase de développement de haute qualité et déployer des efforts inlassables pour réaliser la modernisation pour tous les pays.

Je souhaite à présent annoncer huit mesures majeures que la Chine prendra pour soutenir notre quête commune d’une coopération de qualité sur la Ceinture et la Route.

Premièrement, nous voulons construire un réseau de connectivité multidimensionnel de « la Ceinture et la Route ». La Chine accélérera le développement de haute qualité de l’Express ferroviaire Chine-Europe ; elle participera au corridor de transport international transcaspien ; elle accueillera le Forum de coopération de l’Express ferroviaire Chine-Europe ; et elle déploiera des efforts conjoints pour construire un nouveau corridor logistique à travers le continent eurasien, relié par des transports ferroviaires et routiers directs. Nous intégrerons vigoureusement les ports, le transport maritime et les services commerciaux dans le cadre de la « Route de la soie maritime », et nous accélérerons la construction du nouveau corridor international de commerce terrestre et maritime et de la Route de la soie aérienne.

Sur les dix années d’existence des nouvelles routes de la soie, les deux secteurs les plus importants en termes de volume d’investissement sont restés l’énergie et le transport. Ils ont systématiquement représenté plus de 50 % des investissements, suivis sur la majorité des années de la métallurgie et des mines, et de l’immobilier. Ceci dit, ce projet de connexion avec l’Europe intervient à un moment où les Nouvelles routes de la soie suscitent beaucoup moins d’enthousiasme dans l’Union. L’Italie, plus grand pays européen à avoir rejoint l’initiative, serait sur le point de la quitter. Ceci dit, malgré les nombreux signes de son retrait de l’accord, il n’y a aucune information précise sur la manière dont l’Italie annoncera sa décision à Pékin. Le protocole d’accord sera automatiquement renouvelé le 24 mars 2024, sauf si l’une des parties décide de se retirer au moins trois mois plus tôt. Le gouvernement italien devra ainsi communiquer sa décision avant le 23 décembre de cette année. 

Deuxièmement, nous voulons soutenir une économie mondiale ouverte. La Chine établira des zones pilotes pour la coopération en matière de commerce électronique sur la route de la soie, et elle conclura des accords de libre-échange et des traités de protection des investissements avec un plus grand nombre de pays. Nous supprimerons toutes les restrictions à l’accès des investissements étrangers dans le secteur manufacturier. À la lumière des règles économiques et commerciales internationales de haut niveau, nous ferons progresser l’ouverture de haut niveau dans le commerce des services et les investissements transfrontaliers, nous élargirons l’accès au marché pour les produits numériques et autres, et nous approfondirons la réforme dans des domaines tels que les entreprises d’État, l’économie numérique, la propriété intellectuelle et les marchés publics. La Chine organisera chaque année l’exposition mondiale du commerce numérique. Au cours des cinq prochaines années (2024-2028), le total des échanges de la Chine devrait dépasser 32 000 milliards de dollars pour les biens et 5 000 milliards de dollars pour les services.

Troisièmement, nous allons mettre en œuvre une coopération pratique. La Chine encouragera à la fois les projets de premier plan et les programmes de subsistance « à la fois petits et intelligents » (small yet smart). La Banque de développement de Chine et la Banque d’import-export de Chine mettront chacune en place un guichet de financement de 350 milliards de RMB. Un montant supplémentaire de 80 milliards de RMB sera injecté dans le Fonds de la Route de la Soie. Ensemble, ils soutiendront les projets de la BRI sur la base du marché et des opérations commerciales. Des accords de coopération d’une valeur de 97,2 milliards de dollars ont été conclus lors de la conférence des chefs d’entreprise qui s’est tenue pendant ce forum. La Chine réalisera 1000 petits projets d’aide aux moyens de subsistance et renforcera la coopération en matière d’enseignement professionnel par le biais d’ateliers Luban et d’autres initiatives. Nous intensifierons également nos efforts conjoints pour garantir la sécurité des projets et du personnel de la Ceinture et la Route. 

Les banques publiques chinoises sont la clef de voûte opérationnelle des Nouvelles Routes de la Soie. Il faut souligner que des institutions financières publiques telles que CDB et Exim Bank, de même que les grandes banques commerciales chinoises – à l’image de l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) – sont conçues pour opérer sans soutien budgétaire direct, c’est-à-dire sans engager les recettes des impôts. En cas de fragilité ou même de crise, c’est à la banque centrale (la Banque populaire de Chine) qu’il revient de mettre en œuvre un sauvetage éventuel, au moyen de ses actifs propres et de ses capacités de monétisation. 

Quatrièmement, nous allons promouvoir le développement vert. La Chine continuera d’approfondir la coopération dans des domaines tels que les infrastructures vertes, l’énergie verte et les transports verts, et renforcera son soutien à la Coalition internationale pour le développement vert de la Ceinture et la Route. La Chine continuera d’organiser la conférence sur l’innovation verte de l’initiative et établira des mécanismes de dialogue et d’échange pour l’industrie solaire ainsi qu’un réseau d’experts sur le développement vert et à faible émission de carbone. La Chine mettra en œuvre les principes d’investissement vert pour la Ceinture et la Route et offrira 100 000 possibilités de formation aux pays partenaires d’ici à 2030.

Cinquièmement, nous allons faire progresser l’innovation scientifique et technologique. La Chine continuera à mettre en œuvre le plan d’action pour la coopération en matière de science, de technologie et d’innovation dans le cadre de la Ceinture et de la Route ; elle organisera la première conférence de la Ceinture et de la Route sur les échanges scientifiques et technologiques ; elle portera à 100 le nombre de laboratoires conjoints construits avec d’autres parties au cours des cinq prochaines années ; et elle soutiendra les jeunes scientifiques d’autres pays pour qu’ils travaillent en Chine dans le cadre de programmes à court terme. Lors de ce forum, la Chine présentera l’initiative mondiale pour la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA). Nous sommes prêts à intensifier les échanges et le dialogue avec d’autres pays et à promouvoir conjointement un développement sain, ordonné et sûr de l’IA dans le monde.

En 2022, le secteur des technologies a représenté une part inédite de 16 % des investissements, une augmentation significative par rapport à toutes les années précédentes. Au moment où les États-Unis et la Chine visent à réduire leur dépendance mutuelle dans des domaines clés. Cet objectif de « découplage » se traduit notamment dans une stratégie de « double circulation » formulée par Xi Jinping.

Sixièmement, nous allons soutenir les échanges entre les peuples. La Chine accueillera le forum Liangzhu pour renforcer le dialogue sur les civilisations avec les pays partenaires de la Ceinture et de la Route. Outre la Ligue internationale des théâtres de la Route de la soie, le Festival international des arts de la Route de la soie, l’Alliance internationale des musées de la Route de la soie, l’Alliance internationale des musées d’art de la Route de la soie et l’Alliance internationale des bibliothèques de la Route de la soie qui ont été mis en place, la Chine a également lancé l’Alliance internationale du tourisme des villes de la Route de la soie. Et nous poursuivrons le programme de bourses du gouvernement chinois pour la Route de la Soie.

Septièmement, nous voulons promouvoir une coopération fondée sur l’intégrité dans le cadre de la Ceinture et de la Route. En collaboration avec ses partenaires de coopération, la Chine publiera le document intitulé « Achievements and Prospects of Belt and Road Integrity Building » et les « High-Level Principles on Belt and Road Integrity Building », et elle mettra en place le « Integrity and Compliance Evaluation System for Companies Involved in Belt and Road Cooperation » (système d’évaluation de l’intégrité et de la conformité des entreprises participant à la coopération sur la Ceinture et la Route). Nous collaborerons également avec des organisations internationales pour mener des recherches et des formations sur la promotion de l’intégrité dans le cadre de la coopération sur la Ceinture et la Route.

Huitièmement, nous voulons renforcer le développement institutionnel de la coopération internationale de la Ceinture et de la Route. La Chine travaillera avec ses partenaires pour renforcer la construction de plateformes de coopération multilatérale couvrant l’énergie, la fiscalité, la finance, le développement vert, la réduction des catastrophes, la lutte contre la corruption, les groupes de réflexion, les médias, la culture et d’autres domaines. La Chine continuera d’accueillir le Forum de la Ceinture et de la Route et elle lui adjoindra un secrétariat. 

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Ces dix dernières années ont été marquées par une coopération dévouée et des résultats fructueux. La coopération autour de la Ceinture et de la Route a été proposée par la Chine, mais ses avantages et ses opportunités doivent être partagés par le monde entier. Répondons aux attentes des peuples, assumons les responsabilités que l’histoire nous a confiées, suivons de près les tendances de l’époque et allons de l’avant avec énergie et esprit d’entreprise. Approfondissons la coopération internationale autour de la ceinture et de la route, et amenons la coopération autour de la ceinture et de la route à une nouvelle étape de développement de qualité et de haut niveau. Faisons progresser la modernisation de tous les pays, construisons un monde ouvert, inclusif et interconnecté pour un développement commun, et bâtissons ensemble une communauté avec un avenir partagé pour l’humanité.

Je souhaite au troisième Forum de la Ceinture et de la Route pour la coopération internationale un plein succès !

Je vous remercie.

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