Le Covid-19 a ravagé la gouvernance mondiale et la mondialisation, en bouleversant le monde et en le faisant dériver dans une mer de transformations. Thomas Friedman a suggéré que l’histoire du monde pouvait être divisée en deux : un monde avant la pandémie1 et un monde après2, avec le Covid-19 comme pivot. C’est un résumé efficace de l’impact de la pandémie sur le système de gouvernance mondiale.

Nous assistons en effet à l’émergence d’un nouveau monde où la gouvernance mondiale, notamment la gouvernance de la santé publique, y compris la gestion des crises, est déstabilisée. La coopération et le consensus entre les grandes puissances pour assurer des biens communs mondiaux, absolument nécessaires pour soutenir un monde doté d’un système de gouvernance fonctionnel à l’échelle mondiale, semblent s’estomper et s’affaiblir.

Le phénomène était déjà présent avant le Covid-19. Toutefois, la pandémie a été un catalyseur qui a aggravé la fragmentation et l’anarchie de la gouvernance mondiale.  Il devient désormais évident que la gouvernance mondiale est en état de siège.

Le Covid-19 a ravagé la gouvernance mondiale et la mondialisation, en bouleversant le monde et en le faisant dériver dans une mer de changements.

He Yafei

1.

Avant de nous intéresser plus précisément à la gouvernance mondiale, il faut commencer par comprendre les effets du Covid-19 sur la mondialisation.

La mondialisation semble paralysée et même ramenée à l’époque qui avait précédé la mondialisation contemporaine. Les pays sont confinés, leurs frontières deviennent étanches, la pandémie se propage à travers le monde depuis des mois sans que l’on puisse prévoir sa fin prochaine.

Bien entendu, la mondialisation était déjà menacée avant l’apparition du Covid-19. Le système commercial mondial était ravagé par des guerres commerciales dont la plus dévastatrice implique encore aujourd’hui ses deux plus grandes économies et par l’effondrement de l’OMC, dû à la perte des membres de son Organe d’appel, nécessaires à son bon fonctionnement.

Le monde où la circulation insouciante et sans entrave des biens, des personnes, des capitaux et des informations était à l’ordre du jour n’existe plus.

He Yafei

Le Covid-19 et les nécessaires mesures qui ont été prises pour le combattre ont perturbé le commerce, les échanges et la libre circulation des personnes, en brisant la chaîne d’approvisionnement mondiale et en entraînant une croissance négative de l’économie mondiale : le FMI estime que la croissance économique mondiale en 2020 sera de moins 3 %, voire pire. Heureusement, pendant la pandémie, la chaîne alimentaire mondiale est demeurée intacte, faute de quoi nous aurions pu être confrontés à la famine dans de nombreux territoires. Mais le monde où la circulation insouciante et sans entrave des biens, des personnes, des capitaux et des informations était à l’ordre du jour, n’existe plus.

Il est illusoire de penser que la fin de la pandémie rétablira automatiquement la chaîne d’approvisionnement mondiale dans son état d’avant le Covid-19. Un universitaire de Singapour a affirmé que ce qui suivra la pandémie sera une « mondialisation limitée », tandis que le directeur de la Chatham House, Robin Niblett, prévoit que la mondialisation que nous connaissons touchera à sa fin.

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Yang Yongliang

2.

La pandémie et ses conséquences ont intensifié d’une manière encore plus évidente la détérioration des relations économiques et politiques entre les États-Unis et la Chine, les deux économies contemporaines les plus importantes, dont le PIB combiné représente 40 % du total mondial.

La mondialisation s’est développée à grande vitesse depuis les années 1990. La Chine est un bon exemple de cette accélération : elle est devenue durant cette courte période l’usine et l’une des locomotives de l’économie mondiale. C’est pourquoi l’émergence du découplage entre les États-Unis et la Chine, en particulier dans les domaines de la haute technologie et des sciences, est un signe très inquiétant de ce qui pourrait compromettre davantage la gouvernance mondiale, bien qu’il soit encore incertain que le découplage se concrétise réellement bientôt. Selon une enquête réalisée en avril par les chambres de commerce américaines en Chine et à Shanghai pour les grandes entreprises américaines en Chine, 44 % des personnes interrogées pensent que les États-Unis et la Chine ne découpleront pas leurs économies, contre 66 % lors de l’enquête d’octobre dernier. Les tarifs douaniers américains à l’égard de la Chine et d’autres partenaires commerciaux ont atteint un pic historique depuis 1993. Le gouvernement fédéral américain a récemment interdit à un grand fonds de pension fédéral d’acheter des actions sur la base d’un indice incluant des sociétés chinoises. Le ministère du commerce a inscrit plus de trente autres entreprises chinoises sur la Entity List3.

Les États-Unis semblent déterminés à entraîner la Chine dans une rivalité géopolitique destructrice dont personne ne peut sortir vainqueur.

He Yafei

Historiquement, les pouvoirs en place et les puissances émergentes se sont souvent affrontés pour savoir qui dirigeait le monde sans qu’aucun d’entre eux n’abandonne avant que l’autre ne soit battu. La pandémie a semblé aggraver la rivalité géopolitique qui couvait déjà entre les deux grandes puissances. Personne ne souhaite voir les deux pays basculer dans une confrontation stratégique totale.

Le Covid-19 aurait pu fournir dès le début une bonne occasion aux États-Unis et à la Chine de coopérer dans la lutte commune contre le virus et de montrer la voie à suivre pour consolider le système mondial de santé publique, avec au centre l’OMS, et pour renforcer la recherche et le développement scientifiques sur les vaccins et les nouveaux médicaments anti-virus grâce à des efforts conjoints.

On peut regretter que les deux pays aient préféré jouer à se rejeter la faute sur le Covid-19. Les États-Unis semblent déterminés à entraîner la Chine dans une rivalité géopolitique destructrice dont personne ne peut sortir vainqueur. Prenons par exemple la récente 57e Assemblée mondiale de la santé : la Chine a apporté son plein soutien à l’OMS et aux efforts mondiaux visant à renforcer le système de santé publique, notamment en faisant un don de 2 milliards de dollars sur deux ans, tandis que le président Trump a fait exactement le contraire.

Les États-Unis sont au beau milieu d’un cycle électoral, ce qui a des conséquences importantes sur leur politique intérieure et leur diplomatie. Toute dynamique politique est subordonnée à des considérations électorales et deviendra encore plus instable vis-à-vis de la Chine qui, en cette année d’élections, joue un rôle tactique pour les deux partis afin de rallier des soutiens et d’obtenir des voix. Que les relations sino-américaines soient soumises aux vicissitudes de la politique intérieure américaine, n’est pas une perspective très optimiste.

3.

L’économie mondiale a subi des chocs sans précédent avec le déclenchement de la pandémie. La demande mondiale a chuté, un grand nombre de petites et moyennes entreprises ont fait faillite et les revenus des cols bleus et blancs ont diminué ou ont été perdus, en particulier dans le secteur des services comme le tourisme. En tant que secrétaire général de l’Alliance internationale du tourisme de montagne, je suis pleinement conscient des dommages causés par le Covid-19 au tourisme, tant au niveau international que national. Les prévisions du Centre mondial du tourisme de montagne (WTTC) montrent que 50 millions d’employés du tourisme ont perdu leur emploi à cause de la crise, ce qui représente 12 à 14 % de l’emploi total dans le secteur du tourisme au niveau mondial.

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Yang Yongliang

Les responsables de l’Union européenne réclament une « autonomie stratégique » tandis que l’administration américaine Trump contraint et attire les entreprises américaines à revenir aux États-Unis, notamment de Chine. Le conseiller économique de la Maison Blanche, M. Kudlow, a même promis au gouvernement américain de couvrir toutes les dépenses liées à ces délocalisations.

Les responsables de l’Union européenne réclament une « autonomie stratégique » tandis que l’administration américaine Trump contraint et attire les entreprises américaines à revenir aux États-Unis, notamment de Chine.

He Yafei

4.

Le multilatéralisme a été le fondement qui a sous-tendu les systèmes de gouvernance politique, économique et financière mondiaux au sein des Nations unies. Malheureusement, le système de gouvernance mondiale, en particulier le système mondial de santé publique et sa gestion de crise, a subi de nouveaux chocs, car il a été pris dans des combats avec la résurgence de l’unilatéralisme des États-Unis. Le président Trump, après avoir menacé l’OMS de se retirer totalement dans une lettre adressée à son directeur général si l’OMS ne cédait pas aux exigences américaines dans les 30 jours, a annoncé mettre fin à la relation des États-Unis avec l’OMS.

Le multilatéralisme a été la victime de l’anarchie érosive provoquée par la pandémie dans l’architecture de la gouvernance mondiale. Les gouvernements n’ont pas eu d’autre choix que d’instituer des mesures drastiques contre le Covid-19 pour empêcher sa propagation rapide, notamment des fermetures et des frontières scellées. Il n’y a pas eu suffisamment de consultation et de coordination au niveau mondial sur le calendrier, la durée et l’ampleur de ces mesures prises par les pays et l’OMS n’a pas été pleinement utilisée pour remplir le rôle qui lui a été confié dès sa création.

Ces actions ou ces inactions unilatérales représentent des réponses naturelles, impulsives à la crise du Covid-19. Il convient de les comprendre dans leur contexte. La question reste de savoir quel sera leur impact sur la gouvernance mondiale, en particulier sur la gouvernance de la santé au niveau mondial. Le multilatéralisme en tant que principe de la gouvernance mondiale a été fortement affaibli par le Covid-19 qui a modifié le mode de vie et de production dans le monde entier. L’Union européennne, qui était un phare de la gouvernance mondiale, est presque certaine de rencontrer davantage de difficultés dans son organisation régionale. L’ordre politique et économique axé sur la souveraineté l’emportera probablement sur le multilatéralisme.

La désintégration progressive du multilatéralisme à l’échelle mondiale et la fragmentation et l’anarchie accrues de la gouvernance mondiale seraient le signe avant-coureur d’un monde plus anarchique où les lois de la jungle prévaudraient à nouveau.

He Yafei

La crise du Covid-19 a attiré l’attention du monde entier sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS), non seulement en tant que point focal dirigé par les Nations unies pour mobiliser les ressources mondiales afin de combattre et de contrôler la pandémie, mais aussi en tant que centre spécialisé dans la surveillance de la pandémie et la recherche de vaccins et de remèdes ciblant le Covid-19.

Malheureusement, le système mondial de santé publique représenté par l’OMS est devenu le centre d’un jeu de reproches et d’une rivalité géopolitique, sapant ainsi les efforts concertés de lutte contre le virus. Si un tel organe technique et spécialisé de gouvernance de la santé mondiale devenait dysfonctionnel, la perspective d’une gouvernance mondiale serait en effet réduite, voire impossible.

La désintégration progressive du multilatéralisme à l’échelle mondiale et la fragmentation et l’anarchie accrues de la gouvernance mondiale seraient le signe avant-coureur d’un monde plus anarchique, où les lois de la jungle prévaudraient à nouveau. La proposition du président Trump de réduire l’immigration aux États-Unis est un autre symbole de la voie régressive qui mènera la gouvernance mondiale et le multilatéralisme au bord du précipice. Le monde serait plus dangereux pour tous les pays, car l’interdépendance et l’interconnectivité nous lient tous dans la mondialisation et la gouvernance mondiale. « Unis, nous tenons bon, divisés, nous tombons. »

L’unilatéralisme alimenté par le populisme et le nationalisme était en hausse bien avant la pandémie. Le Covid-19 a sans aucun doute donné une nouvelle impulsion à sa montée et à sa progression. La crise actuelle de l’Union européenne, l’America First et les tendances ultra-nationalistes dans de nombreux pays ont déjà mis à mal le système de gouvernance mondiale, accentuant la fragmentation et le désordre.

L’Union européennne, qui était un phare de la gouvernance mondiale, est presque certaine de rencontrer davantage de difficultés dans son organisation régionale. L’ordre politique et économique axé sur la souveraineté l’emportera probablement sur le multilatéralisme.

He Yafei

La crise de la dette de la zone euro s’aggrave encore avec le déclenchement par la BCE d’un système d’assouplissement quantitatif illimité. La dette publique du gouvernement italien a atteint 2,4 trillions d’euros, ce qui représente 135 % de son PIB. La Cour constitutionnelle allemande a remis en question la décision de la Cour européenne de justice d’autoriser la BCE à acheter des dettes pour soutenir l’euro, ce qui rappelle le souvenir de Thomas Jefferson qui, il y a 230 ans, avait décidé de faire assumer les dettes de ses 13 États par le gouvernement fédéral américain. Il est difficile de dire ce que cela impliquera, car de nombreuses banques centrales, dont la BCE et la FED, se permettent maintenant des taux d’intérêt nuls ou négatifs et des obligations d’achat illimitées. De telles mesures, prises par les pays ayant une monnaie de réserve mondiale, peuvent présenter des avantages, leurs dettes étant diluées par le gonflement des liquidités sur le marché mondial des capitaux, mais de nombreux pays en développement n’ont pas cette chance. Les sorties de capitaux et les turbulences sur les marchés de capitaux pourraient être fatales à ces pays, comme en témoignent la crise financière asiatique de 1998/1999 et la crise financière mondiale de 2007/2008.

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Yang Yongliang

5.

La pandémie a provoqué dans tous les pays une prise de conscience brutale de la présence de menaces non conventionnelles pour la sécurité, comme une crise mondiale de santé publique, ou comme la crise de la sécurité énergétique précipitée par la chute brutale des prix du pétrole au cours des derniers mois. Ces menaces non conventionnelles pour la sécurité figurent désormais en priorité sur la liste des défis à relever dans le monde, dépassant les conflits militaires et les autres menaces traditionnelles.

L’apparition du Covid-19 et sa propagation aux quatre coins du monde illustre ce point plus clairement que jamais. La pensée stratégique des États, en particulier celle des grandes puissances, doit encore évoluer en ce sens.
Les questions politiques et économiques dominent toujours dans la gouvernance mondiale, mais une grande variété de défis mondiaux posés par la santé publique, la sécurité environnementale, les catastrophes naturelles causées par des conditions météorologiques extrêmes, la cybersécurité et autres se sont accentués, car la mondialisation et l’interconnectivité ont rendu l’endiguement des crises locales ou sectorielles de plus en plus difficile.

La communauté internationale devrait redéfinir ses priorités pour surmonter ces menaces non traditionnelles et traditionnelles. Plus vite ce processus sera engagé, meilleures seront nos chances de survie dans le monde qui émerge.

He Yafei

La plupart des États, notamment les grandes puissances, vont-ils continuer à verser des sommes considérables dans la course aux armements et dans le matériel militaire ? Y a-t-il suffisamment de fonds disponibles pour l’éducation, la santé publique, le changement climatique, la recherche et le développement des nouvelles technologies ? Malheureusement, les ressources disponibles pour lutter contre le Covid-19 ne sont pas suffisantes dans de nombreux pays. Ces questions stratégiques nécessitent une profonde réflexion et des réponses qui devraient être faites sur la base d’une consultation à l’échelle mondiale, la plus large possible. Malheureusement, le monde et son système de gouvernance connaissent une fragmentation et un désordre accrus, la pandémie s’avérant encore difficile à contrôler et à contenir totalement. La communauté internationale devrait redéfinir ses priorités pour surmonter ces deux types de menace. Plus vite ce processus sera engagé, meilleures seront nos chances de survie dans le monde qui émerge.

La mondialisation économique relie le monde comme jamais auparavant, les maladies transmissibles deviennent de manière toujours plus évidente une menace non conventionnelle pour la sécurité mondiale qui pèse sur la communauté internationale. L’épidémie actuelle de COVID-19 met à rude épreuve la Chine, les États-Unis, les pays de l’Union européenne et le monde entier. Pour la même raison, les crises financières et de la dette, la sécurité énergétique, le changement climatique et le cyberespace constituent également des défis plus pressants et plus importants pour l’humanité que les menaces traditionnelles pour la sécurité.

Le déficit de gouvernance mondiale se creuse regrettablement, les États-Unis se désengageant de la gestion des biens publics mondiaux et ceux de la santé publique ne font pas exception.

He Yafei

Le déficit de gouvernance mondiale se creuse de manière regrettable, les États-Unis se désengageant de la gestion des biens publics mondiaux, et ceux de la santé publique ne font pas exception. Il est triste de constater que le système de gouvernance mondiale fondé sur des règles, à partir des Nations unies, est en train de s’effriter. Peut-on empêcher son enfoncement dans la spirale descendante actuelle ?

La crise financière mondiale de 2008 a donné au monde une leçon qui donne à réfléchir : aucun pays n’est une île capable de gérer seul les défis et les crises mondiales. Comme le dit un proverbe chinois, l’eau peut soit soulever, soit renverser les bateaux. Un seul bateau n’est pas en mesure de flotter à nouveau sous l’effet des raz-de-marée. La coopération internationale synchronisée, y compris les mesures fiscales et monétaires, a permis au monde de surmonter un effondrement financier et économique sans précédent en 2008/2009. L’épidémie de Covid-19 a ravivé ce souvenir. La Chine, pour sa part, a coopéré étroitement avec les experts du monde entier afin de parveinr à maîtriser efficacement le Covid-19 grâce à des vaccins et des médicaments efficaces. Dans le même esprit, l’année dernière, la Chine a collaboré avec l’OMS pour fournir une assistance aux pays africains touchés par le virus Ebola, notamment en envoyant des équipes et des fournitures médicales, ce qui témoigne de l’importance de la coopération mondiale en matière de santé publique.

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Yang Yongliang

6.

Que faudrait-il faire pour remédier à l’effritement de la gouvernance mondiale et rendre le monde émergent meilleur et plus sûr ? Voici quelques pistes et suggestions.

  • Un axe me paraît prioritaire. Il faut refaçonner le système de gouvernance mondiale et s’adapter à la nouvelle phase de la mondialisation. La communauté internationale doit examiner attentivement les changements apportés par la crise du Covid-19 et d’autres défis mondiaux. Sur cette base, il faudrait appeler tous les pays à réaffirmer et à adhérer au système de gouvernance mondiale fondé sur des règles et des principes, avec les Nations unies en leur cœur. Dans un futur proche, l’OMS et l’OMC devraient être prioritaires par rapport aux autres organisations internationales.
  • Il faut s’efforcer de trouver un équilibre entre la concurrence des grandes puissances et la coopération afin d’éviter une confrontation totale. Il ne faut pas laisser les intrications et les difficultés géopolitiques dominer les relations entre les grandes puissances en entraînant la concurrence dans un cercle vicieux préjudiciable à tous les pays. La concurrence n’est acceptable que lorsqu’elle est fondée sur des règles reconnues et approuvées.
  • Le multilatéralisme doit être renforcé pour améliorer la gouvernance mondiale et la mondialisation. Dans le monde futur, où les défis mondiaux que représentent le cygne noir ou le rhinocéros gris apparaîtront plus souvent, les efforts concertés pour les combattre ne pourront pas se conjuguer sans une adhésion au principe du multilatéralisme. La négociation et le dialogue politiques devraient prévaloir sur l’action ou la coercition unilatérale dans le traitement des affaires et des différends internationaux.

En définitive, nous avons aujourd’hui le meilleur du monde et le pire du monde. La pandémie est un test grandeur nature et un appel pour tous les pays au réexamen de l’état du monde, afin de prendre des décisions judicieuses pour aller de l’avant vers un système meilleur et plus sûr à l’échelle mondiale.

Sources
  1. BC, Before Coronavirus
  2. AC, After Coronavirus
  3. Le Bureau de l’industrie et de la sécurité du ministère du commerce des États-Unis publie les noms de certaines personnes étrangères – y compris les entreprises, les instituts de recherche, les organisations gouvernementales et privées, les particuliers et d’autres types de personnes morales – qui sont soumises à des exigences de licence spécifiques pour l’exportation, la réexportation et/ou le transfert (dans le pays) de certains articles. Ces personnes composent la liste des entités (Entity List), qui se trouve au supplément n° 4 de la partie 744 du règlement sur l’administration des exportations (EAR). Les personnes figurant sur la liste d’entités sont soumises à des exigences et à des politiques individuelles en matière de licence. Url : https://www.bis.doc.gov/index.php/cbc-faqs/faq/281-1-what-is-the-entity-list
Crédits
Dans l’objectif partagé d’avancer des solutions de gouvernance mondiale face aux grands défis contemporains, Le Grand Continent s’associe au Forum de Paris sur la Paix. Cet évènement annuel rassemble les parties prenantes pour l'action collective et sert également de plateforme permettant de faire avancer des initiatives concrètes. Cet article est publié dans le cadre d’un appel à contribution rendu possible grâce à ce partenariat. D’autres contributions en anglais sont accessibles sur le blog Medium du Forum de Paris sur la Paix.