Réécrire l’histoire

LES MUTATIONS DU RÉCIT SCOLAIRE DANS LA RUSSIE POSTSOVIÉTIQUE

par Olga Konkka

L’année 2017 marque le centenaire de la révolution de 1917, très médiatisé en Europe occidentale et plutôt occulté par les autorités comme par la société en Russie1. À cette occasion, un autre anniversaire, qui touche également à la Russie et à son histoire, est passé inaperçu : celui des vingt-cinq ans d’existence des manuels d’histoire postsoviétiques. C’est en 1992 que sont parus les premiers livres scolaires dont le titre n’était plus Histoire de l’URSS, mais Histoire de la Patrie, ce dernier titre était retenu car des doutes subsistaient sur le nom de l’Etat-héritier de l’Union soviétique. Cet anniversaire est le moment opportun pour tirer les conclusions d’un long processus de construction du récit scolaire postsoviétique, particulièrement tumultueux et douloureux lorsqu’il touche au XXème siècle.

Les mutations du récit du XXème siècle dans ces manuels scolaires nous interrogent autant sur la nature de ces transformations après la chute de l’URSS en 1991, que sur les modifications qu’entraînent la mutation politique de la Russie depuis le début des années 2000. L’évolution du discours historique et l’analyse de l’ensemble des facteurs qui l’ont déterminée sont interrogés simultanément.

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La double page d’un manuel d’histoire du XXème siècle soviétique (1976)

Le cadre des années 1990, entre le vent de liberté et le poids du passé

La chute de l’URSS a libéralisé le domaine jadis très encadré et supervisé de la littérature scolaire. La loi sur l’éducation adoptée en juillet 1992 essayait de combiner l’économie du marché émergente avec un certain contrôle étatique. Elle introduisait ainsi la notion des normes éducatives, fixées également dans la Constitution de 1993. La labellisation des livres scolaires, confiée au Conseil fédéral d’expertise, est également mise en place au cours des années 1990. C’est à la même époque que le principe soviétique d’un manuel unique par discipline et par niveau est abandonné très rapidement. Le monopole de Prosvechtchenie, l’unique éditeur de la littérature scolaire à l’époque soviétique, est aboli dès 1994. De nouveaux éditeurs de manuels scolaires apparaissent. L’enseignant devient libre de choisir le ou les manuel(s) pour ses cours, en accord avec la politique éducative de l’établissement.

Le processus de la rédaction des manuels évolue également. L’auteur pouvait désormais prendre l’initiative de rédiger un manuel et de le présenter à un éditeur. Il était libre de choisir ses approches théoriques et d’expérimenter de nouveaux formats ainsi que de nouveaux outils didactiques.

Pourtant, cet assouplissement ne provoque pas une révolution formelle des manuels d’histoire. Ces livres de la première décennie postsoviétique ressemblent beaucoup à leurs prédécesseurs en manifestant le même attachement à la narration linéaire et la même carence en outils didactiques. L’iconographie déjà peu répandue dans les manuels d’histoire soviétiques, est absente des livres publiés durant cette période de crise économique. L’apparition de documents, plus nombreux, plus riches et plus critiques que dans les manuels antérieurs constitue le principal changement formel.

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Un manuel des années 1990 : plus de 500 pages de texte brut

Certes, la chute de l’URSS a entraîné une réécriture de l’histoire du XXème siècle. Ce constat mérite d’être précisé. Rappelons d’abord que la majorité des auteurs des nouveaux manuels ont étudié, préparé leur doctorat ou travaillé dans des établissements supérieurs et des instituts de recherche soviétiques. Ils sont, consciemment ou non, les héritiers de ces institutions. Certains, mais c’est plus rare, ont même contribué aux manuels scolaires soviétiques. Il arrive donc que, paradoxalement, les nouvelles approches théoriques appelées à remplacer la théorie marxiste ressemblent à cette dernière.

La structure du système de l’enseignement supérieur russe est aussi héritée de l’URSS. La formation à l’enseignement et la recherche est en effet séparée entre les instituts pédagogiques, appelés à former les enseignants du primaire et du secondaire, et les universités. En découle ainsi un décalage certain entre le récit historique proposé par les manuels et la recherche historique. La chute de l’URSS ne remet pas en cause la dimension éducative de l’histoire scolaire et les manuels contiennent de nombreux passages qui relèvent davantage de l’éducation civique et patriotique que de l’histoire. Dans les années 1990, ce discours patriotique met en valeur non pas l’Etat, qui a pu être défaillant, mais le peuple.

Enfin, ces nouveaux manuels sont publiés dans une société russe en pleine mutation. La majorité des premiers manuels postsoviétiques sont sortis en 1995. C’est à ce moment-là que s’accentue la déception vis-à-vis du modèle occidental et des réformes libérales qui ont entraîné l’inflation, le chaos économique et la croissance faramineuse des inégalités.  « Faut-il rejeter l’ensemble de notre passé et dénigrer le modèle soviétique ? » est la question qui obsède l’opinion publique comme certains historiens de cette époque. Les sondages du milieu des années 1990 témoignent d’une lassitude générale des révélations historiques sensationnelles et d’une nostalgie des « exemples positifs ». Le grand retour du discours patriotique est alimenté par la célébration du 50ème anniversaire de la « Grande victoire » de 1945.

Les manuels de la première décennie postsoviétique :  une réécriture de l’histoire ?

Les récits que proposent les manuels des années 1990 sont profondément marqués par ces tendances complexes et parfois contradictoires. Ils peuvent varier considérablement d’un manuel à l’autre. Leur mérite incontestable est d’éclairer les angles morts en s’inscrivant dans le sillage de la Glasnost encore récente. C’est ainsi que les nouveaux textes dévoilent les évènements passés sous silence dans les manuels soviétiques : la famine provoquée par la collectivisation, la grande terreur, le pacte Molotov-Ribbentrop ou encore le massacre des ouvriers à Novotcherkassk en 1962.

De nombreux événements et processus bénéficient d’une nouvelle lecture. Si les manuels soviétiques célébraient une révolution de 1917 libératrice, les premiers textes postsoviétiques racontent la Russie « perdue » des Romanov. Ils s’intéressent également à la courte expérience du parlementarisme russe et, surtout, aux partis libéraux qui ont attiré de nombreux intellectuels. Ils font l’éloge du self-government local des zemstvos, issus des réformes d’Alexandre II. Les ministres-réformateurs Piotr Stolypine et Serge Witte bénéficient également d’une image très positive.

Loin de condamner le capitalisme à l’instar des textes soviétiques, les nouveaux manuels célèbrent l’esprit d’entreprise des marchands et des manufacturiers russes et opposent à la société soviétique déshumanisée l’expérience des mécènes et des philanthropes du début du XXème siècle. De manière générale, les droits de la personne et l’inviolabilité de la propriété privée sont affirmés avec force. Ces exemples traduisent la volonté de légitimer le nouveau régime en affirmant sa continuité avec le passé prérévolutionnaire.

L’aspect sanglant de l’expérience soviétique est déplorée dans l’ensemble des manuels des années 1990. Le récit des années révolutionnaires (1917-1918) est hanté par « l’histoire alternative » : il apparaît souvent comme une séquence des opportunités manquées. Octobre 1917 est désormais présenté comme un coup d’Etat antidémocratique, et l’image de Lénine, figure centrale dans les manuels soviétiques, devient beaucoup plus complexe. Le régime stalinien, désigné comme totalitaire, est condamné sans réserve. Les manuels des années 1990 s’inscrivent également dans un contexte plus général l’ouverture à l’Occident. Présenté comme le modèle d’un système ouvert et efficace, il est souvent confronté au socialisme sclérosé.

Cependant, la lecture positive de l’expérience occidentale est strictement limitée, et la politique extérieure de l’URSS est moins facilement remise en cause que sa politique intérieure. La victoire dans la Grande guerre patriotique (l’expression communément utilisée depuis l’époque soviétique pour désigner l’implication de l’URSS dans la Seconde Guerre mondiale entre 1941 et 1945) constitue la clef de voûte de l’histoire du XXème siècle. Le récit de la guerre a été relativement peu modifié par rapport aux manuels d’avant 1991. La mémoire de la guerre, telle qu’elle s’est constituée sous Léonid Brejnev, est d’ailleurs particulièrement chère à la société. C’est dans ce contexte que s’envisagent les tentatives de bannir le manuel d’histoire universelle d’Alexandre Kreder paru en 1994. Ce dernier est accusé, dans une campagne lancée par les associations d’anciens combattants et reprise par les élus locaux, d’avoir minimisé le rôle de l’URSS dans la victoire des Alliés.

L’expérience soviétique est loin d’être rejetée dans son ensemble et les acquis dans les domaines de la science et de la culture sont mis en valeur, notamment à travers le récit de l’URSS poststalinienne. L’image de Gorbatchev est très négative dans l’ensemble des manuels, et la Pérestroïka apparaît comme un projet comportant de nombreuses contradictions et voué à l’échec.

Années 2000-2017 : vers les manuels patriotiques et unifiés

Les années 1990 sont une période de libéralisation réelle de l’éducation. Cependant, cette liberté nouvelle constitua une épreuve pour certains enseignants qui furent nombreux à exprimer leur nostalgie du fonctionnement simple et directif de l’époque soviétique. Ainsi, les manuels préparés avec le soutien d’une ONG et fondés presque exclusivement sur des documents bien organisés ont suscité peu d’enthousiasme chez des enseignants qui souhaitaient travailler avec des textes narratifs et dogmatiques. Cette nostalgie des enseignants coïncide avec le retour du discours patriotique dans la seconde moitié des années 1990. Dès la fin de la décennie, une partie de la société, lassée par la diabolisation de l’URSS, était prête à accueillir des manuels plus « pondérés » à l’égard du passé soviétique. C’est dans un manuel rédigé en 1999 et publié en 20002 que l’on trouve, pour la première fois, un passage qui tente de justifier la grande terreur des années 1930. Ainsi, toutes les mesures ultérieures encadrant la rédaction et la publication des manuels n’ont fait qu’entériner certaines tendances nostalgiques de la fin des années 1990.

Ces mesures ont été mises en place rapidement, et elles s’inscrivent dans un contexte global de réorientation des initiatives publiques après l’élection de Vladimir Poutine en 2000. Le renouveau patriotique du début des années 2000 visait à réconcilier une société russe profondément divisée par et à propos des grandes mutations des années 1990, et à lui proposer une nouvelle identité. L’élaboration de celle-ci passait par la construction d’un nouveau regard sur le passé soviétique. C’est donc sans surprise que le nouveau Président a manifesté rapidement son intérêt pour l’histoire scolaire. Sa première intervention au sujet des manuels d’histoire date ainsi de 2003. Elle a coïncidé avec le moment où, pour la première fois, le Ministère de l’éducation a pris l’initiative de retirer son label à un manuel sur le XXème siècle rédigé par un enseignant du secondaire, Igor Doloutski.

Dans les dix ans qui ont suivi, Vladimir Poutine a multiplié les références aux manuels d’histoire dans ses discours en déclarant notamment que ces livres devaient inculquer aux élèves « un sentiment de fierté pour leur pays »3 et « des valeurs citoyennes qui consolident la nation »4. Son successeur temporaire, Dimitri Medvedev, a continué dans cette veine. C’est lors de sa présidence qu’a été instaurée la célèbre Commission de lutte contre les tentatives de falsification de l’histoire au détriment des intérêts de la Russie. Des mesures concrètes, aux répercussions immédiates sur le choix des manuels d’histoire, n’ont pas tardé à suivre. Alors que quelques auteurs rencontraient des difficultés, apparemment administratives, à publier leurs textes, d’autres, lauréats d’un concours organisé par le Ministère de l’éducation ou sollicités par les milieux proches du Président bénéficiaient, au contraire, d’un soutien important. C’est le cas d’une série de livres sur le XXème siècle destinés aux enseignants et des manuels correspondants qui ont vu le jour entre 2006 et 20095.

Enfin, les manuels d’histoire n’ont pas pu échapper à la tendance, perceptible à partir du milieu des années 2000, qui visait à unifier et à mieux encadrer l’enseignement secondaire. Après avoir complexifié la procédure de labellisation des manuels qui a logiquement conduit à la réduction du nombre de livres d’histoire approuvés, un projet, très médiatisé, de la création d’un manuel d’histoire unifié a été lancé. C’est Vladimir Poutine lui-même qui a mis en route ce projet début 2013. Au bout de deux années de discussions, le projet a abouti à la publication non pas d’une, mais de trois séries de manuels. Chacune de ces séries déclarées conformes au nouveau Standard historique et culturel regroupe l’ensemble des livres pour chaque classe du secondaire. Aujourd’hui, seules deux des trois séries comprennent un manuel sur le XXème siècle. Le troisième, préparé avec deux années de retard, est sur le point d’être publié. Cependant, ces livres qui ont suscité une surprenante frénésie médiatique s’inscrivent dans les tendances qui caractérisent les manuels antérieurs.

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Les livres d’histoire du XXème siècle faisant partie des séries des manuels « unifiés ». Le livre présenté à droite n’a pas encore été mis en vente 

On découvre en effet qu’une partie non-négligeable des manuels des années 2000 et 2010, y compris des nouveaux manuels « unifiés », a été rédigée par les mêmes personnes qui sont à l’origine des textes des années 1990. Les auteurs des manuels en Russie constituent un cercle assez restreint qui se renouvelle peu. De nombreux facteurs, tels que l’héritage soviétique, l’attachement au discours patriotique, l’éloignement des milieux de la recherche ou tout simplement la pression des éditeurs désireux que le manuel soit labellisé et bien vendu, expliquent que les auteurs se soient rapidement pliés aux nouvelles exigences.

Les auteurs des manuels postsoviétiques : quelques statistiques

De ce fait, les manuels parus après 2003 chez différents éditeurs n’ont pas attendu l’« unification » pour se ressembler. Si ces livres ont gagné en attractivité, grâce aux nombreuses illustrations en couleur, le nombre de documents et la qualité des problématiques se sont appauvris. Une pédagogie réellement fondée sur la critique historique n’a jamais réussi à prendre racine en Russie. Rarement accompagnés de commentaires, les documents comme les images servent à illustrer un récit linéaire, donnant parfois l’impression que les affiches soviétiques et les clichés des journaux de l’époque représentent fidèlement la réalité.

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Photos et affichent qui accompagnent le récit de la collectivisation dans les manuels des années 2000 et 2010
Intégrer l’expérience soviétique dans le nouveau « roman national »

Dans la majorité des manuels des années 2000 et 2010, l’histoire de la Russie au XXème siècle devient plus positive et s’allège des détails les plus dramatiques. La période soviétique est assumée dans son ensemble : il ne s’agit plus d’une « parenthèse » ou d’une « dérive ». La mise en valeur du modèle soviétique, présenté comme un exemple de société « meilleure et juste », caractérise tous les manuels parus après 2004. L’URSS stalinienne, qui s’est modernisée à grand pas et a gagné la plus terrible des guerres, se trouve d’ailleurs au centre de cette réévaluation du passé soviétique. Les chapitres dédiés à la Grande guerre patriotique sont centraux dans le récit du XXème siècle et prennent des proportions démesurées dans certains manuels. De même, le portrait de Joseph Staline est révisé. S’il n’est pas, à proprement parler, réhabilité, Staline incarne désormais l’image d’un chef d’État capable de mettre en place des mesures peu populaires, mais « objectivement nécessaires » puisque contribuant à la force et à la grandeur de l’État. Derrière cette révision de l’histoire soviétique c’est un État fort, dont les intérêts sont supérieurs à ceux de l’individu, qui est mis en avant. Paradoxalement, ce récit révisé n’a pas entraîné une dévalorisation de la Russie impériale. Au contraire, les auteurs semblent désormais percevoir une continuité entre les deux régimes : l’un comme l’autre incarnant le Sonderweg russe.

Quant aux passages sur les relations internationales, ils se caractérisent par un retour de l’anti-occidentalisme. L’existence d’ennemis, affirmée et réaffirmée depuis 2000, permet, encore une fois, d’établir une continuité entre l’Empire russe et l’URSS, deux régimes différents devant faire face aux mêmes menaces extérieures. L’image d’un Occident belliqueux et hostile est redoublée par la représentation pacifique de la politique extérieure de la Russie et de l’URSS. Le pacte Molotov-Ribbentrop est ainsi justifié tandis que tout un éventail d’arguments est déployé afin de prouver que l’initiative dans la provocation de la guerre froide appartenait à l’Occident. La construction d’une image pacifique passe également par l’affirmation d’une influence bénéfique sur les pays et les peuples qui se sont retrouvés dans l’orbite de la Russie, que ce soit au temps de l’Empire ou de l’URSS, alors même que c’est essentiellement l’histoire des Russes ethniques que racontent les pages des manuels.

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La désintégration de l’URSS a naturellement engagé une réécriture de l’histoire. Influencés par des processus complexes et parfois contradictoires, de nombreux manuels, témoignant d’autant de visions différentes du passé, ont été publiés. Sans être rejetée dans son ensemble, l’expérience soviétique est profondément remise en question dans ces nouveaux livres d’histoire du XXème siècle. En revanche, l’Empire Russe tardif des années 1900-1917 devient une référence majeure et incarne le passé riche en initiatives démocratiques et libérales.

La seconde vague de changements apportés dans le récit du XXème siècle à l’époque postsoviétique reste étroitement associée à l’élection de Vladimir Poutine. Elle a conduit à une unification des récits historiques, allant dans le sens d’une déculpabilisation du passé soviétique afin d’asseoir le renouveau patriotique sur l’image positive de l’histoire russe. La réhabilitation de la période soviétique, inscrite dans la continuité narrative d’un nouveau « roman national », incarne et cristallise cette nouvelle vague. Les facteurs politiques et administratifs se trouvent incontestablement à l’origine de cette seconde vague. Cependant, on ne peut pas ignorer une large adhésion des auteurs comme de l’opinion publique russe au projet qui consiste à redonner à la Russie un statut de grande puissance et à la réconcilier avec son passé, d’autant plus que certains aspiraient à un tel projet dès la fin des années 1990. Le redressement économique des années 2000 a également contribué à cette adhésion. Aujourd’hui, l’histoire nationale, à côté des richesses naturelles, représente la première source de fierté pour les Russes6. Il est donc difficile de présager une nouvelle réécriture du récit scolaire du XXème siècle. Celle-ci ne pourrait survenir autrement que dans le cadre des transformations du paysage politique et des mutations profondes de la société en RussieScreenshot 2017-08-24 23.44.37

  1. Volkov D., Upravljaemaja pamjatʹ: kak 1917 god stal «slepыm pjatnom» rossijskoj istorii [La mémoire dirigée: comment l’année 1917 devint un  « point aveugle » de l’histoire russe], RBK, http://www.rbc.ru/opinions/politics/09/11/2017/5a03f8b39a79470ce66f1a01, 09/11/2017.
  2. Šestakov V.A., Gorinov M.M. et Vjazemskij E.E., Istorija Otečestva, XX vek [Histoire de la Patrie, XXème siècle], učebnik dlja 9 klassa obščeobrazovatel’nyh učreždenij, Moscou, Prosvechtchenie, 2000.
  3. Putin: Učebniki istorii dolžny vospityvat’ čuvstvo gordosti za stranu [Poutine: les manuels d’histoire doivent inculquer le sentiment de fierté pour le pays], Grani.ru, http://grani.ru/Society/History/m.52082.html, 27/11/2003.
  4. « Vladimir Putin raskritikoval učebniki po istorii [Vladimir Poutine a sévèrement critiqué les manuels d’histoire] », in Argumenty i Fakty, 13/02/2012.
  5. Ces manuels sont connus comme « manuels d’Alexandre Danilov et d’Alexandre Filippov ». Cependant, les auteurs sont plus nombreux et la composition de l’équipe est différente pour chaque ouvrage.
  6. Galanina A., « Rossijane gordjatsja svoej istoriej i armiej [Les Russes sont fiers de leur histoire et de leur armée] », in Izvestija, 04/05/2017.