Ce dimanche, 7 juin dans la soirée, Téhéran a tiré deux salves de missiles balistiques sur Israël, en représailles à une frappe israélienne qui a visé un bâtiment du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth en provoquant deux morts 1.

  • Ce sont les premiers tirs iraniens vers Israël depuis le cessez-le-feu fragile entré en vigueur en avril. 
  • L’armée israélienne a confirmé l’activation de sirènes dans plusieurs régions du pays et dit avoir intercepté les missiles. 
  • Le commandant des Gardiens de la révolution menace de « coups encore plus écrasants et regrettables » si Israël poursuit ses frappes au Liban 2 : « L’opération de ce soir était un avertissement, et si les agressions se répètent, les ripostes seront plus importantes ». 

Lors d’un appel avec le premier ministre israélien le 1er juin, le président américain avait freiné un projet israélien de frappes massives sur Beyrouth, puis annoncé un cessez-le-feu partiel — un engagement israélien à ne pas frapper Beyrouth contre l’arrêt des tirs du Hezbollah — que ce dernier a ensuite rejeté, laissant la trêve « sur le papier » 3.

  • En ouvrant de nouveau la séquence militaire, la frappe de ce dimanche pourrait constituer pour Netanyahou un levier précieux à l’approche des élections israéliennes. Le tout sur fond de critiques de l’opinion face aux pertes infligées par le Hezbollah au moyen de drones à fibre optique qui parviennent à percer les défenses israéliennes 4, et de la crainte que ces drones longue portée n’atteignent les villes du nord d’Israël, jusqu’à Haïfa 5.

Cette séquence militaire pourrait impacter directement les négociations en cours entre Téhéran et Washington. 

  • Dans un entretien avec Fox News, Donald Trump a pris ses distances avec les frappes israéliennes menées dimanche au Liban, affirmant qu’elles n’avaient pas été coordonnées avec Washington. 
  • Il a également adressé un message direct à l’Iran : « Vous avez lancé vos missiles, cela suffit. Revenez à la table des négociations et concluez un accord »

Les discussions en cours portent surtout sur un mémorandum qui reporterait, de 30 à 60 jours les négociations sur la question nucléaire et le statut juridique permanent du détroit. Il prévoirait toutefois l’ouverture d’Ormuz et la levée du blocus américain. 

  • Trois scénarios se dégagent désormais : (1) signature du mémorandum, levée des blocus, avec report des éléments les plus difficiles à négocier ; (2) prolongation du statu quo, mais le régime iranien aurait du mal à survivre à un blocus indéfiniment ; (3) escalade vers un nouveau conflit ouvert. 

Dans un entretien avec Meet the Press diffusé dimanche, le président américain a affirmé que sa « ligne rouge » pour ordonner de nouvelles frappes contre l’Iran serait la conviction qu’un accord n’avance pas suffisamment vite.