Lorenzo Castellani


La pandémie a changé pour toujours la nature du pouvoir. Après la crise, trois hypothèses extrêmes se dessinent  : un scénario bureaucratique et dirigiste, un scénario «  populiste  » ou bien une transformation en profondeur des structures de pouvoir.

La carrière de Beneduce, de postes de direction dans la finance à la présidence de l’Institut pour la Reconstruction Industrielle (IRI), offre un formidable exemple d’autonomie technocratique au sein même de l’État fasciste. L’étroite relation entre Beneduce et Mussolini ainsi que la distance que ce technocrate entretenait avec le parti fasciste posent des questions historiographiques majeures, qui présentent une mosaïque institutionnelle complexe du totalitarisme fasciste.

Alberto Beneduce est un personnage oublié de l’histoire politique italienne du début du XXe siècle. Réformateur technocrate influencé par le socialisme et le radicalisme, il est à l’origine d’un groupe de disciples qui a traversé l’État libéral, fasciste, ainsi que l’État républicain d’après-guerre, révélant un véritable «  système Beneduce  » d’organisation de la relation entre l’État et le marché. Première partie de son portrait.

Dans cette longue conversation qui ouvre la traduction italienne de The New Class War de Michael Lind, qui vient de paraître aux Luiss University Press, Raffaele Alberto Ventura et Lorenzo Castellani partent des thèmes mis en avant par le penseur américain pour proposer une réflexion sur les fractures et les recompositions en cours dans la politique et les sociétés mondiales, en soulignant la dimension elle-même idéologique de ce nouveau clivage.

La combinaison de l’approbation de la réforme constitutionnelle et des résultats des élections régionales rend la législature plus stable. En effet, les chances de la plupart des députés d’être réélus ont diminué, en raison de la réduction du nombre de sièges parlementaires d’ici la prochaine législature. Et pourtant, si la législature est plus sûre, il est douteux que le gouvernement soit plus fort, notamment dans la conduite des réformes. En effet, tous les problèmes antérieurs sont toujours là, selon le nouveau rapport de la LUISS School of Government.

Giuseppe Conte

La figure du Premier ministre monopolise l’attention politique  : Giuseppe Conte a exploité la pandémie, non seulement pour centraliser la prise de décision dans son bureau de Palazzo Chigi, mais aussi pour renforcer sa position central dans le système politique. Néanmoins, les fissures derrière sa stratégie le montrent  : même si une élection anticipée semble peu probable, il n’y a aucune garantie que la majorité actuelle, et donc son Premier ministre, reste au pouvoir.

Giuseppe Conte

Les crises offrent parfois des opportunités, et à court terme, la pandémie a été une aubaine pour Giuseppe Conte, bloquant toute tentative d’ouverture d’une crise gouvernementale. Le Premier ministre a utilisé l’épidémie à des fins politiques pour se présenter comme un homme d’État, tout en critiquant ceux qui ont tenté d’utiliser la pandémie à des fins politiques (à savoir l’opposition). Cependant, la pandémie a éclipsé, mais n’a pas effacé, la faiblesse de Conte.