Ce dimanche 16 août marque le début officiel de la campagne en vue des élections générales d’octobre au Brésil, au cours desquelles le mandat du président et des élus du Congrès national sera renouvelé.
- Le président Lula est actuellement en tête des sondages. Il se maintient depuis le début de l’année autour de 40 % d’intentions de vote, soit une avance d’environ 7 points sur son principal adversaire, Flávio Bolsonaro.
- Ce dernier ne semble pas avoir bénéficié, pour le moment, du soutien apporté fin juillet par le président argentin Javier Milei, qui s’était rendu à São Paulo pour participer à la convention nationale du Parti libéral (PL).
- Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, avait également préenregistré un message pour affirmer son soutien à Flávio Bolsonaro.
De son côté, Trump n’a pas explicitement appelé à voter pour Bolsonaro.
- Les proches de l’ex-président Jair Bolsonaro, actuellement assigné à résidence pour avoir tenté un coup d’État après avoir perdu l’élection de 2022, cherchent toutefois activement à obtenir le soutien du président américain, notamment via le frère de Flavio, Eduardo Bolsonaro.
- Il s’est installé aux États-Unis en 2025 après avoir rejoint en 2017 « The Movement », une organisation créée par Steve Bannon qui rassemble aussi des mouvements souverainistes européens.
Si Lula est donné gagnant dans un scénario de second tour l’opposant à Flávio Bolsonaro, sa campagne pourrait être affectée par l’ouverture, fin juillet, d’une enquête visant l’un de ses fils pour trafic d’influence et corruption. L’actuel président, qui vise un quatrième mandat, avait lui-même été condamné pour corruption en 2017, avant d’être libéré un an et demi plus tard. Ses condamnations ont été annulées par la Cour suprême en 2021.
- Lula fait figure de dernier dirigeant de gauche à résister à l’effet domino que connaît l’Amérique latine depuis l’an dernier.
- Suite à la victoire de Trump, en novembre 2024, 7 présidents proches ou alignés sur le président américain ont été élus ou réélus.
Les tarifs douaniers et les menaces proférées par la Maison-Blanche contre Lula, notamment concernant la condamnation de Jair Bolsonaro, semblent renforcer sa campagne plutôt que de la fragiliser. Depuis l’entrée en vigueur, le 22 juillet, de droits de douane supplémentaires de 25 % sur un grand nombre de produits, le Brésil est la deuxième grande économie la plus lourdement taxée par les États-Unis, après la Chine.
- Lors du congrès national du parti, début août, le président du Parti des travailleurs, Edinho Silva, a présenté l’élection comme un choix entre un « Brésil autoritaire qui se vend » et un « Brésil souverain qui défend ses intérêts ».
- D’autres sujets structurants comme l’économie, la santé, la sécurité et les gangs devraient toutefois également dominer les débats.
- La moitié des électeurs déclarent ne jamais vouloir voter pour Lula, peu importe quel candidat lui fait face. Une part similaire refuse quant à elle de voter pour le fils de Jair Bolsonaro.