Presque un mois après le second tour de l’élection présidentielle péruvienne, qui s’est tenu le 7 juin, Keiko Fujimori, la fille de l’autocrate Alberto Fujimori – qui a dirigé le pays de 1990 à 2000 –, a finalement été élue avec 50,13 % des voix. Il s’agit de la septième présidente proche ou alignée sur Trump à être élue en Amérique latine depuis janvier 2025.

  • L’élection de Javier Milei en Argentine, en 2023, avait marqué un tournant face à la « marée rose », la vague de victoires de candidats de gauche qui avait culminé du Mexique en 2018 au Brésil et à la Colombie en 2022.
  • La réélection de Trump, en novembre 2024, a coïncidé avec un effet domino qu’il semble avoir au moins en partie entraîné : en plus du Pérou, l’Équateur, la Bolivie, le Chili, le Costa Rica, la Colombie et le Honduras ont élu au cours des 18 derniers mois des présidents de droite et d’extrême droite.
  • Au Salvador, Nayib Bukele, un des plus proches alliés de Trump dans la région, a signalé son intention de se présenter pour un troisième mandat en 2027.

L’Amérique latine compte désormais 12 présidents de droite qui affichent ou revendiquent une proximité avec Trump 1. Seul le Suriname a vu une présidente de gauche, Jennifer Geerlings-Simons, accéder au pouvoir suite aux élections générales de mai 2025, tandis que Yamandú Orsi a été élu en Uruguay en novembre 2024, quelques jours seulement après l’élection de Trump – mais avant son investiture.

  • Sur les cinq principales économies de la région, le Brésil et le Mexique, qui représentent plus de la moitié du PIB de l’Amérique du Sud sont les seuls pays dirigés par un président de gauche.
  • Lors de l’élection présidentielle brésilienne d’octobre, Flávio Bolsonaro, le fils de l’ex-président Jair Bolsonaro, pourrait affronter Lula lors du second tour.
  • Au Mexique, si la présidente Claudia Sheinbaum ne pourra pas se représenter à sa réélection en 2030, son parti, Morena, est actuellement en tête des sondages pour les élections législatives de juin 2027.

Les campagnes menées par les candidats de droite en Amérique latine ont pour la plupart repris des thèmes mis en avant par Trump comme la lutte contre l’immigration, à l’image de José Antonio Kast au Chili, et la guerre contre le crime et le narcotrafic.

  • Quelques jours après son élection, le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, a donné un délai d’un mois aux groupes armés pour « organiser leur reddition ».
  • Au cours de la campagne, de la Espriella avait promis à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de négociations entre l’État et les groupes armés sous son mandat, et que seule la force militaire pourrait mettre fin à la violence. Il a érigé en modèle Trump et Milei, mais également Nayib Bukele.
Sources
  1. Brady Knox, « Five countries in Latin America have elected pro-Trump governments since his election », Washington Examiner, 30 juin 2026.