Hier après-midi, Cristiano Ronaldo a réussi à inscrire un doublé lors de la victoire du Portugal face à l’Ouzbékistan (5-0), après un début décevant contre la République démocratique du Congo la semaine dernière.
- Il est ainsi devenu le premier joueur de l’histoire à trouver le filet lors de 6 Coupes du monde, et a mis fin à une disette de 10 matchs sans but avec le Portugal, toutes compétitions confondues.
- C’est précisément ce chiffre qui avait alimenté, ces derniers jours, les doutes sur son utilité au sein de l’équipe. À 41 ans, certains se demandaient si Ronaldo n’était pas devenu un poids pour le Portugal plutôt qu’un atout.
- « Il est difficile de comprendre pourquoi Martinez continue de le titulariser et plus encore de le laisser jouer 90 minutes », écrivait Miguel Dantes, pourtant fan assumé de Ronaldo : « Contre la RDC, il n’a touché le ballon que 25 fois ».
- Mais tout le problème est là : depuis plusieurs années, Ronaldo est devenu un attaquant qui ne vit que pour le but. Il ne participe pas au jeu collectif, ne revient pas défendre, ne crée rien pour les autres. Ce profil peut encore se justifier, mais à condition de marquer.
- La semaine dernière, une autre statistique était venue enfoncer le clou : parmi tous les attaquants de la compétition après le premier match, Ronaldo était celui qui avait parcouru la plus grande distance en marchant.
- Le joueur au plus grand nombre de buts de l’histoire du football – il approche désormais la barre des 1 000 – serait-il si égoïste qu’il se contenterait de se balader sur le terrain ?
La réalité est plus nuancée, et beaucoup marcher ne veut pas dire grand-chose en soi.
- Lionel Messi est lui aussi réputé pour passer de longues portions de match à marcher, et pourtant, c’est précisément lors de cette Coupe du monde qu’il enchaîne buts et records.
La phase à élimination directe approche, ce qui implique deux choses :
- Les matchs se jouent par paires simultanées : ce soir, 6 rencontres sont au programme, réparties sur 3 créneaux où 2 matchs se déroulent en même temps. L’objectif est de garantir l’équité et d’éviter tout arrangement tacite entre deux équipes d’un même groupe.
- Dans quatre jours, la phase de groupes sera bouclée, les tableaux seront complets et les 16e de finale débuteront.
En vue de la phase à élimination directe – où un match nul après 90 minutes mène aux prolongations, puis si nécessaire aux tirs au but –, la FIFA souhaite revoir les règles du tirage au sort pour les penalties.
Cela peut sembler anecdotique, mais c’est loin d’être le cas.
- Actuellement, deux tirages au sort précèdent la séance : le premier pour déterminer qui tire en premier, le second pour choisir la cage.
- Or, on sait depuis des années que tirer en premier est un avantage : selon une étude de 2023, cela augmenterait les chances de gagner de 22 %. Tirer devant ses propres supporters peut également peser dans la balance.
- Lors de la dernière finale de la Ligue des Champions, Arsenal a perdu les deux tirages au sort – et la Coupe avec, au profit du Paris Saint-Germain.
- La FIFA veut donc passer à un seul tirage : le vainqueur choisit en premier, le perdant en second. Une façon, selon elle, d’éviter qu’une même équipe cumule deux avantages. C’est à l’International FA Board (IFAB), l’instance qui régit les règles du football, de trancher avant dimanche.
Quelques observations et points d’intérêt
- Cette nuit, Haïti dispute son dernier match de poule, et fera ses adieux à la Coupe du monde : deux défaites en deux matchs, l’élimination est déjà actée.
- Mais ce que l’équipe a accompli en se qualifiant pour la première fois depuis 1974 relève déjà du miracle. Dans un pays livré aux gangs, meurtri par le séisme de 2010, aux frontières fermées et avec 6 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, participer à la Coupe du monde aura au moins offert une parenthèse de légèreté.
- Tout au long des qualifications, la sélection n’a jamais joué sur son propre sol – trop dangereux. Ses matchs à domicile se sont tenus à Curaçao. Quant au sélectionneur français Sébastien Migné, en poste depuis 2024, il n’a jamais mis les pieds à Haïti.