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«  Comment se libère-t-on d’un mensonge  ?  » Meeresbrise, dernier roman de l’écrivaine autrichienne Carolina Schutti, est l’histoire enchanteresse d’un désenchantement. Une jeune narratrice s’éveille peu à peu de la fiction à la fois merveilleuse et malheureuse dans laquelle elle a grandi et fait l’épreuve de son «  entrée dans le monde  ».

«  Je suis celle qui raconte cette histoire. Elle ressemble à un gant retourné. Quelqu’un a dû l’enlever dans la précipitation, peut-être en fuite. Il gît sur la neige, à l’envers.  » Troisième volet d’un cycle de romans sur la guerre, la fuite et les déplacements forcés, Die Verwandelten (Les Métamorphosées) de l’écrivaine allemande Ulrike Draesner fait entendre des voix de femmes captivantes à travers trois générations, toutes liées les unes aux autres par les violences du 20e siècle.

De Charles Quint à Kim Jong-un en passant par Louis XIV — pourquoi ceux qui gouvernent ont-ils besoin de se voir  ?

Sur la période qui s’étend de 1494 à 1788, Jean-Marie Le Gall a recensé plus de 3 340 rencontres au sommet. Dans un ouvrage co-écrit avec Claude Michaud, il déploie une vaste enquête quantitative et qualitative sur la structuration d’une République princière européenne. Battant en brèche les soubresauts juridico-diplomatiques d’un ordre plat entre souverains issu du mythe westphalien, il invite à entrer dans une réalité complexe au prisme de la confiance.

Dans son premier roman, Pour Séka, la jeune autrice d’origine bosniaque Mina Hava livre un grand récit sur la guerre de Bosnie, la vie de travailleurs immigrés yougoslaves en Suisse et le désir d’inscrire son propre destin dans la grande Histoire pour y trouver un sens et sa place.

À travers ce récit, Sabrina Janesch convoque et visite un chapitre méconnu de l’histoire allemande, mais aussi européenne  : celle des populations d’origine et de langue allemandes. Cette exploration romanesque suit les trajectoires d’une mosaïque familiale qui s’agence au fil des errances, migrations et déportations.

Dans Il mondo al contrario, un général de l’armée italienne expose sa vision pessimiste de la société contemporaine en multipliant les propos ouvertement racistes, xénophobes et homophobes dans une langue aux accents martiaux. Le livre, en tête des ventes en Italie, divise profondément le gouvernement de Giorgia Meloni  : le ministre de la défense, Guido Crosetto, a relevé le soldat de ses fonctions — mais de nombreux membres de l’exécutif continuent à le défendre. Vannacci pourrait-il faire vaciller l’équilibre fragile de la coalition au pouvoir  ?