Doctrines

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Pour devenir la première présidente de la Commission, Ursula von der Leyen devait convaincre un Parlement européen qui n’aura jamais été aussi politique. Son discours paraît un exercice d’acrobatie, mais son positionnement vaut un programme et mérite d’être étudié de près, dans la première transcription intégrale, traduite en français et largement commentée.

«  Les deux composantes de notre monde social-politique s’éloignent l’une de l’autre, en même temps qu’elles s’éloignent l’une et l’autre de la démocratie représentative. La question pratique est de savoir si se feront jour des forces politiques […] capables de «  moyenner  » entre les deux parties, ou les deux partis, et, ce faisant, de ramener l’un et l’autre vers la démocratie représentative.  » Par Pierre Manent

Avant d’être un enjeu politique, l’écologie s’est d’abord construite comme un programme éthique, notamment parmi les idéologues européens de droite à partir du XIXe siècle. En passant en revue l’histoire des idées, l’architecture, le design et les expériences politiques qui ont mis au centre de leur programme l’écologie, Carlo de Nuzzo et Clémence Pèlegrin retracent l’histoire du concept d’écofascisme dans la pensée européenne.

«  La conquête du pouvoir semble résumer une action politique en butte à l’immédiateté, qui n’est plus capable d’échapper aux visions de (très) court terme. L’affolement les entretient et rend presque impossible une intentionnalité politique de long terme.  »

À quelques jours du scrutin de dimanche, l’idée européenne est figée. Les think tanks et autres cercles de réflexion qui étaient autrefois des laboratoires d’idées sont enfermés dans une méthode qui ne correspond plus à la réalité. Pour donner une nouvelle dynamique à l’Europe, il faut changer de méthode – radicalement.

Stratégie  ? bluff  ? taqîya  ? Hier après-midi à Milan, à moins d’une semaine des élections européennes, a eu lieu le seul véritable événement politique transnational de cette campagne électorale. Seul problème  : il s’agissait d’un meeting de forces néonationalistes.

L’ancien directeur de cabinet de Nicolás Maduro propose une troisième voie pour sortir de la crise et faire dialoguer les deux camps qui s’opposent au Venezuela. Énarque, ancien conseiller diplomatique et Vice-Ministre des Affaires Étrangères d’Hugo Chavez, Temir Porras, qui se définit comme «  social-démocrate  », revient sur son expérience et analyse les causes profondes de la crise au Venezuela. Ouvrant peut-être la voie à un technopopulisme chaviste, il identifie les contours d’une «  coexistence démocratique  » possible à Caracas.

Conversation avec Olivier Roy

Le politologue, spécialiste des religions, fin observateur de l’état de l’Église aujourd’hui, livre ses analyses sur la réception par l’Église et par les catholiques de l’incendie de Notre-Dame. Son constat est sans appel  : la catastrophe est un signe de plus pour une Église déjà en crise  ; sur cette affaire, elle semble «   complètement et pour l’instant définitivement dépossédée.   »