Livres

Long format

Écrit par l’un des plus éminents sinologues français, L’Empire terrestre apparaît à bien des égards comme l’œuvre d’une vie. Privilégiant une approche par le temps long, le livre se présente comme une gigantesque enquête à plusieurs dimensions qui vise à penser le politique en Chine un peu comme François Furet — souvent pris pour modèle — avait jadis proposé de penser la Révolution française.

Quelques jours avant la sortie de son épopée tchèque, Florian Louis a rencontré Gilles Kepel pour évoquer la lente maturation de cette première œuvre littéraire  : une enquête familiale nouée autour de la lettre K. — celle du père — où l’on croise entre Prague et Paris des personnages historiques et des destins hors normes nourris de multiples coïncidences.

À l’occasion de la parution du dernier volume de sa trilogie Le Musée, une histoire mondiale (Gallimard), nous avons rencontré l’historien et philosophe franco-polonais Krzysztof Pomian. Dans cet entretien encyclopédique, il revient sur la géopolitique et l’histoire de ce lieu singulier inventé par les Européens pour conserver et exposer des œuvres, et dont la forme a ensuite largement voyagé et évolué  : le musée.

La guerre en Ukraine redessine la carte mondiale des affinités et des alliances. Mais assiste-t-on vraiment au retour d’une logique de non-alignement  ?

Parce qu’un débat sérieux ne peut faire l’économie de repères historiques, Florian Louis propose une bibliographie synthétique.

Au cours des dernières décennies la gauche a vu son image se modifier, bien loin de la révolte, de la désobéissance et de la transgression qu’elle était censée incarner historiquement. Le terrain perdu sur la canalisation de l’indignation sociale a été conquis par une certaine droite, qui se révèle de plus en plus efficace dans la remise en cause du «  système  ». Nous avons affaire à des nouvelles droites qui disputent désormais à la gauche la capacité de s’indigner face à la réalité et de proposer des moyens de la transformer. Nous publions les bonnes feuilles du dernier livre de Pablo Stefanoni.

La tour Melbourne devait à l’origine faire partie du plan des Olympiades, mais n’a finalement «  jamais vu le jour  ». C’était sans compter l’imagination de Doan Bui qui érige en roman ce brillant système archi-textuel. Derrière les 296 fenêtres de la fictive tour et ses 37 étages, combien de vies  ? Au-delà de cette formidable galerie de personnages en quête d’identité, le roman illustre de façon prototypique ce que Gérard Genette nomme «  transtextualité  », c’est-à-dire tout ce qui met le texte «  en relation, manifeste ou secrète, avec d’autres textes  ».