Théo Boucart


Le premier ministre Boris Johnson a annoncé mardi 4 février le lancement de «  l’année climatique  » au Royaume-Uni, avec en point d’orgue la COP26 à Glasgow en novembre prochain. Alors que Downing Street se considère comme un leader de la transition énergétique, quels seront les impacts de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, pour l’un et l’autre, dans la transition énergétique  ? Si Londres laisse planer le doute sur son respect des règles européennes après 2021, l’UE pourrait perdre avec le Brexit une voix pro-transition énergétique importante.

La chancelière allemande Angela Merkel a rappelé toute l’importance de la lutte contre le changement climatique lors de ses vœux télévisés du 31 décembre 2019, puis lors du forum économique de Davos. Si la rhétorique est engagée, peut-on en dire autant de la politique climat-énergie de l’Allemagne  ? Si le pays a été un pionnier de la transition énergétique, son action s’est quelque peu essoufflée ces dernières années.

Cette semaine, à l’occasion de la première session plénière du Parlement européen de 2020, le Grand Continent propose une analyse des grands volets de la politique climatique de la Commission européenne. Les ambitions du Green deal concernent tous les secteurs de la vie économique et politique européenne, et donneront lieu à des annonces et à des engagements des États membres et des institutions européennes tout au long de l’année, jusqu’à la COP26 à Glasgow en décembre, et en 2021. Aujourd’hui, le Green deal comme outil de la politique diplomatique de l’Union, entre difficile convergence des États membres sur les contraintes à consentir dans la lutte contre le changement climatique, et défis stratégiques pour l’Union à l’intérieur et au-delà de ses frontières.

Jeudi 12 décembre, la chambre des représentants américaine a voté des sanctions contre Nord Stream II, deuxième gazoduc devant relier la Russie et l’Allemagne. Alors que la plupart des obstacles ont été levés, ces sanctions pourraient-elles sonner le glas du projet, avant même sa mise en service  ? Quelles sont les implications plus larges pour la politique énergétique européenne  ?

Le 5 décembre, les équipes en charge des négociations du Parlement européen et la présidence finlandaise du Conseil ont trouvé un accord sur une «  taxonomie de la durabilité  » dotée de critères clairs pour le financement d’une économie durable et bas-carbone. L’accord est ambitieux et devra être validé par le Parlement et le Conseil. Il pourrait constituer un pilier solide du «  Green Deal  » de la nouvelle Commission.