L’énergie est un domaine des plus complexes pour l’Union européenne. En effet, si celle-ci s’immisce de plus en plus dans les orientations des États comme la transition énergétique, l’Union n’acquerra probablement jamais de compétences concrètes dans la définition, très stratégique, des mix énergétiques au niveau national1. Néanmoins, les institutions européennes développent depuis deux décennies une politique énergétique sinon autonome, du moins structurant les actions nationales. Les États se trouvent donc encadrés par une action européenne de plus en plus prégnante, en réalité difficilement acceptable pour de nombreux pays européens, surtout en Europe centrale. La Hongrie est de ceux-là. Membre de l’Union européenne depuis 2004, elle a développé au cours de son histoire un mix énergétique singulier, marqué par l’importance du nucléaire et la relative faiblesse du charbon, tout en partageant des problématiques communes à la région, telles que la dépendance au gaz russe et le développement progressif des énergies renouvelables.

À la lumière de ces paramètres, comment l’histoire et la politique énergétique de la Hongrie ont-elles pu mener à la situation actuelle, celle d’un pays à la charnière entre l’Europe occidentale et l’Europe orientale, subissant de multiples dépendances énergétiques à l’impact éminemment politique ? Quel rôle peut ainsi jouer Budapest dans l’élaboration d’une politique énergétique cohérente à l’échelle centre-européenne comme à l’échelle de l’Union tout entière ?

La Hongrie, histoire d’une (multiple) dépendance énergétique

Démocratie populaire dans le glacis soviétique de 1948 à 1990, la Hongrie a vu ses flux économiques et énergétiques réorganisés pour favoriser une forte dépendance à l’égard de l’URSS. Le Conseil d’assistance économique mutuelle (CAEM) créé en 1949 fut le principal outil de cette dépendance économique et in fine politique. Même si le CAEM fut pensé comme la « version orientale » de l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) et favorisa d’une certaine manière l’intégration économique des démocraties populaires participantes, cette intégration fut fortement déséquilibrée en faveur de l’URSS, au point de parler à l’époque de « colonisation soviétique de l’Europe de l’Est »2. Puisque l’économie planifiée socialiste reposait principalement sur l’industrie lourde, la consommation énergétique avait un rôle absolument fondamental dans l’activité économique. Même si celle-ci ne s’exprima qu’à partir des années 1960, la dépendance des pays d’Europe centrale et balkanique vis-à-vis des ressources énergétiques soviétiques était donc manifeste, quoique différente selon les pays3.

Une dépendance énergétique de plus en plus profonde

La république populaire de Hongrie était dépendante énergétiquement à plusieurs titres pendant la période communiste, quoique pas immédiatement après la Seconde guerre mondiale4. En 1945, la Hongrie du général Miklos Horthy, allié des nazis, fut ainsi considérée comme un pays vaincu et dut ainsi payer de lourdes réparations à l’Union soviétique5.

Concernant les ressources énergétiques, près de 172 000 tonnes de pétrole furent expédiées vers l’URSS entre 1945 et 1947 ; les chiffres officiels soviétiques montrent que Moscou était importateur net de pétrole hongrois jusqu’en 19536. Ainsi, dans une période que l’on qualifia « d’autarcie énergétique » (1945-1960) où chaque pays du bloc communiste devait développer ses propres réserves énergétiques, des transferts de ressources eurent bien lieu vers l’URSS7, aussi bien chez les pays dits « vaincus » comme la Hongrie ou la Roumanie que dans les autres démocraties populaires comme la Pologne, qui dut exporter des quantités considérables de charbon, ou bien la République démocratique allemande (RDA) qui « loua » des mines d’uranium à l’URSS dans le massif de l’Erz (Erzgebirge)8. Ce n’est donc pas une dépendance énergétique d’un point de vue comptable qui s’est exercée de prime abord, mais une mainmise plus insidieuse, exprimée notamment par la création de sociétés mixtes hungaro-soviétiques encadrant l’extraction du pétrole et de l’uranium hongrois.

Ce n’est pas une dépendance énergétique d’un point de vue comptable qui s’est exercée de prime abord, mais une mainmise plus insidieuse, exprimée notamment par la création de sociétés mixtes hungaro-soviétiques encadrant l’extraction du pétrole et de l’uranium hongrois.

Théo Boucart

Cette situation ambiguë ne fit que préparer le terrain à une dépendance énergétique bien plus explicite à partir des années 1960. Les autorités soviétiques puis est-européennes décidèrent alors d’axer la production sur les hydrocarbures extraits en Sibérie au détriment du charbon, ce qui priva la Pologne, la Tchécoslovaquie et la RDA d’une précieuse manne financière domestique9. Malgré ses ressources pétrolières (surtout concentrées à l’Est de la plaine pannonienne, à la frontière avec la Roumanie), la Hongrie ne pouvait pas subvenir totalement à ses besoins énergétiques croissants, provoqués par la prévalence de l’industrie lourde et le modèle de planification quinquennale. Le pays commença ainsi à importer des hydrocarbures depuis la Russie soviétique, seul pays du bloc de l’Est à afficher des excédents à partir des années 1960. Dès 1962, le réseau énergétique hongrois fut connecté à l’oléoduc soviétique Droujba10. La Hongrie couvrait encore 82 % de ses besoins en pétrole en 1960, contre à peine 52 % en 1980. Dans le même temps, l’URSS passait de l’autosuffisance (100 %) à un confortable excédent (130 %). Tous les pays européens sous la domination de Moscou étaient concernés.

Le pétrole ne fut néanmoins pas la seule énergie de plus en plus importée par Budapest. Le gaz naturel et l’énergie nucléaire furent également concernés. Apparue seulement dans les années 1970, la dépendance au gaz naturel continua de croître les années suivantes. En 1975, la Hongrie n’était dépendante de l’extérieur que de 13,5 %, contre 42,5 % en 1980. L’influence de l’URSS sur la consommation hongroise de gaz fut d’autant plus importante qu’elle concernait, en plus des volumes de gaz, les tracés des gazoducs. La construction du gazoduc Soyouz, à partir de 1967, contournait la Hongrie par le Nord, via Oujgorod. Quant au deuxième gazoduc Yamal, celui-ci passait encore plus au Nord, en Pologne. Cette « exclusion énergétique » fut peut-être l’une des conséquences géopolitiques de la révolution hongroise de 1956. Concernant le nucléaire, la Hongrie prit un chemin différent de ses voisins en entreprenant dès les années 1970 la construction de centrales, là encore sous la dépendance des Soviétiques11. La centrale nucléaire de Paks, construite entre 1967 et 1987 dans le centre du pays, est la seule en activité en Hongrie. Cette centrale, qui produit encore 35 à 40 % de l’électricité nationale, possède quatre réacteurs de type VVER, une technologie soviétique12.

La singularisation du cas hongrois dans les années 1990

La répercussion en 1975 du choc pétrolier de 1973  par l’URSS (en augmentant les prix des hydrocarbures) eut pour effet une baisse des livraisons d’hydrocarbures et des tentatives d’économie d’énergie (qui connurent un échec relatif)13. Pour autant, l’Europe centrale resta très dépendante du « grand frère » soviétique jusqu’à sa dislocation. Aussi bien les réseaux d’hydrocarbures que les infrastructures étaient conçus pour permettre à Moscou d’exercer la plus grande influence possible sur les pays du CAEM. La Hongrie était qui plus est handicapée par deux facteurs endogènes : les faibles ressources en charbon et la politique de planification soviétique, qui la priva de la capacité de faire transiter les hydrocarbures soviétiques.

L’indépendance énergétique : un objectif second

Pourtant, l’effondrement du bloc communiste à partir de 1989 et 1990 puis la disparition de l’Union soviétique en décembre 1991 ne changea pas fondamentalement la situation. La Hongrie, démocratique à partir de 1990, tenta bien de réorienter son approvisionnement énergétique vers l’Europe occidentale14 via le gazoduc austro-hongrois mais ne sembla pas accorder autant d’importance que la Pologne ou la République Tchèque à la réforme profonde de son système énergétique et prit conscience assez tardivement dans les années 1990 de l’importance des choix de politique énergétique. Les premiers gouvernements de droite sous József Antall et Péter Boross considérèrent la question énergétique comme secondaire15, d’autant que les politiques de restructuration firent sensiblement baisser le PIB, la part de l’industrie lourde dans la richesse nationale, et donc la demande en énergie.

Ce n’est qu’à la fin des années 1990, avec le retour de la croissance et l’importance de l’« énergie à bas coût » que la demande, particulièrement en gaz naturel, repartit nettement à la hausse. Des considérations économiques l’emportèrent sur la sécurité énergétique et la part du gaz naturel atteignit dans les années 2000 entre 40 et 45 % du mix énergétique national, 85 % du gaz venant de Russie. Cette dépendance historique au gaz russe se doubla d’une dépendance à l’Ukraine en tant que pays de transit. La période fut également marquée par une privatisation drastique de l’industrie énergétique16, notamment sous le gouvernement socialiste de Gyula Horn entre 1994 et 1998, dont la compagnie nationale de pétrole et de gaz MOL (Magyar Olaj és Gazipari)17. L’objectif de ce mouvement de privatisation fut d’enrayer le déficit budgétaire abyssal de la fin de la décennie mais eut pour corollaire l’affaiblissement du rôle de l’État dans la définition d’une politique énergétique cohérente, à l’inverse de pays voisins comme l’Autriche ou la Pologne. Une vague de renationalisations fut décidée au début des années 2010 par le FIDESZ, en réaction à cet état de fait18.

L’histoire énergétique de la Hongrie est celle d’un pays profondément influencé par l’héritage soviétique, toutes sources d’énergie confondues, qui tenta progressivement d’européaniser sa politique énergétique dans les années 1990, avec toutefois moins de vigueur que ses voisins d’Europe centrale.

Théo Boucart

Ainsi l’histoire énergétique de la Hongrie est-elle celle d’un pays profondément influencé par l’héritage soviétique, toutes sources d’énergie confondues, qui tenta progressivement d’européaniser sa politique énergétique dans les années 1990, avec toutefois moins de vigueur que ses voisins d’Europe centrale. La dépendance énergétique du pays a même augmenté depuis la chute du bloc communiste, même s’il s’agit d’une tendance partagée dans l’Union européenne. Quelles traces ce legs historique laisse-t-il aujourd’hui, alors que la politique énergétique européenne est en train de se façonner, en particulier dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique ?

La Hongrie dans la politique énergétique européenne : bon élève de Bruxelles ou cheval de Troie du Kremlin ?

L’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne en 2004 intervint dans un contexte très différent de celui des années 1990 : le choc pétrolier de 200319 avait précipité la hausse considérable  du prix du gaz, indexé sur celui du pétrole20. Les crises du gaz que subirent l’Ukraine et la Biélorussie à partir de 2006 marquèrent un tournant dans les esprits des politiciens hongrois, comme dans bon nombre d’esprits européens : non seulement le gaz n’était plus bon marché, mais l’approvisionnement devenait incertain. La priorité se déplaça vers les enjeux de sécurité énergétique, tant par la diversification des sources d’approvisionnement que des voies de transit. L’intégration régionale et européenne fut une première occasion de multiplier les routes gazières21. La Hongrie et ses voisins d’Europe centrale développèrent en premier lieu l’intégration régionale des marchés gaziers après le choc pétrolier de 2003 (même si la première intégration énergétique en Europe centrale concerna l’électricité : les pays du CAEM furent liés entre eux dès 1959 par l’interconnexion énergétique Mir)22. Ces premières initiatives préfigurèrent la création en 2015 du Central and South Eastern Europe energy connectivity (CESEC), un groupe de travail regroupant la Hongrie et ses voisins pour accélérer l’intégration des marchés gaziers et électriques23. La Hongrie développa également dès 2006 des capacités de stockage qui s’avérèrent stratégiques en 2009 durant la seconde crise d’approvisionnement en gaz entre la Russie et l’Ukraine : Budapest put non seulement assurer son approvisionnement durant l’hiver, mais fut également capable d’exporter du gaz vers les Balkans occidentaux, en extrême difficulté24.

Nabucco vs. South Stream

La diversification des sources d’hydrocarbures se joua également au niveau européen avec le lancement du projet de gazoduc Nabucco, soutenu par la Commission européenne et censé acheminer du gaz extrait en Asie centrale et dans la région de la mer Caspienne vers l’Europe occidentale. La Hongrie aurait été l’un des principaux bénéficiaires de ce projet, puisque près de 400 kms de gazoducs devaient transiter par son territoire. Néanmoins, le milieu des années 2000 fut également marqué par le « contre-projet » russe de South Stream, un gazoduc devant relier la Russie à l’Europe, via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie en contournant l’Ukraine, remédiant donc aux yeux de l’UE à la menace d’une rupture d’approvisionnement en cas d’un nouvel épisode de crise bilatérale. Le débat énergétique se politisa alors considérablement, symbolisé par l’opposition entre les projets Nabucco et South Stream25.

Cet intense débat fut en quelque sorte la première manifestation claire du dilemme énergétique de la Hongrie, entre européanisation de la politique énergétique nationale et dépendance aux abondantes ressources russes. Tandis que le gouvernement socialiste de Ferenc Gyurcsány (2004-2009) pencha plutôt vers South Stream, l’opposition conservatrice du Fidesz dirigée par Viktor Orbán (qui avait déjà été premier ministre entre 1998 et 2002) affirma son europhilie de circonstance en soutenant le projet Nabucco. Débat avant tout guidé par des considérations de sécurité énergétique, les partis politiques hongrois ne parvenant pas à s’accorder sur les moyens de la garantir. Si ces deux projets de gazoducs sont aujourd’hui abandonnés, il semblerait que la Russie ait pris un avantage décisif avec la mise en service de Blue Stream et de Turkish Stream (qui traversera la Hongrie à partir de 2021)26.

Tandis que le gouvernement socialiste de Ferenc Gyurcsány (2004-2009) pencha plutôt vers South Stream, l’opposition conservatrice du Fidesz dirigée par Viktor Orbán (qui avait déjà été premier ministre entre 1998 et 2002) affirma son europhilie de circonstance en soutenant le projet Nabucco.

Théo Boucart

Des objectifs de transition énergétique atteints

Parallèlement à l’approvisionnement en hydrocarbures, le développement de la politique énergétique européenne connut une accélération à la fin des années 2000, impulsée par deux événements : d’une part le vote par les institutions européennes du Paquet climat-énergie 2020, fixant d’ici 2020 une part de 20 % de sources d’énergies renouvelables dans le mix européen, une augmentation de l’efficacité énergétique de 20% et une baisse de 20% des gaz à effet de serre (GES) par rapport aux niveaux de 1990, et d’autre part la ratification du traité de Lisbonne en décembre 2009 avec l’article 194 TFUE posant les bases formelles d’une politique énergétique communautaire.

Le Paquet climat-énergie 2020 introduisit une innovation majeure, qui ne fut d’ailleurs pas reprise dans le Paquet de 2030 : des objectifs contraignants, aussi bien au niveau européen qu’au niveau national. La Hongrie s’engagea donc à porter à 13 % la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2020. Un objectif atteint dès le milieu des années 2010 (en 2016, cette part atteignait 14.5 %, toutefois en baisse depuis)27. Dans son plan national en matière d’énergie et de climat, la Hongrie porta la part de sa consommation d’énergie renouvelable à 20 %28. La dynamique demeure pourtant incertaine : la part des énergies renouvelables décline depuis 2014 et il n’existe pas encore d’industrie hongroise de la transition énergétique, la faute à un environnement réglementaire peu propice aux investissements29.

Source : Introduction to the Hungarian energy market, Investhipa.hu

Concernant l’efficacité énergétique, l’autre pilier majeur de la transition énergétique européenne, les progrès de la Hongrie sont considérables, puisque celle-ci a augmenté de 30 % entre 2000 et 2015 (et jusqu’à 40 % dans l’industrie)30. Il faut dire que le pays revient de loin : à l’instar de toute l’Europe centrale et orientale, son parc immobilier construit durant la période communiste fait office de véritable passoire énergétique. En juin 2015, le vice-président de la Commission européenne de l’époque en charge de l’union de l’énergie, le Slovaque Maroš Šefčovič, félicita d’ailleurs la Hongrie pour ses efforts31.

La Hongrie est-elle alors le bon élève européen ou le partenaire privilégié de la Russie ?

Théo Boucart

La Hongrie est-elle alors le bon élève européen ou le partenaire privilégié de la Russie ? Si les dernières années montrent clairement un rapprochement entre Budapest et Moscou, la perspective historique met en lumière une situation plus nuancée. Ainsi, les performances du pays dans la transition énergétique européenne sont plutôt honorables, même si le développement des énergies renouvelables y est moins prononcé qu’ailleurs. D’autre part, si les conservateurs du Fidesz se posèrent longtemps en défenseurs de l’intégration européenne, Viktor Orbán est aujourd’hui un allié inestimable de Vladimir Poutine en Europe centrale et voit l’intégration énergétique européenne d’un mauvais œil, malgré quelques inflexions récentes.

L’Union de l’énergie, une « menace » pour la Hongrie ?

En 2014, la consommation primaire d’énergie de la Hongrie égalait 22.8 MTEP32 (cf figure 2). La production primaire d’énergie (d’une valeur de 10 MTEP) révélait les proportions suivantes : 40.3% de nucléaire, 20.4% d’énergies renouvelables, 15.8% de charbon, 14.3% de gaz naturel et 5.7% de pétrole brut33. On voit donc à travers ces données que la part des hydrocarbures reste très importante, tandis que le charbon est moins essentiel. D’autre part, le nucléaire occupe une place prépondérante dans la production d’électricité (un cas unique en Europe centrale). Les années 2000 et 2010 virent également la Hongrie se tailler une place de choix dans la région, avec de nombreuses OPA effectuées par des entreprises nationales dans les pays voisins (comme la Serbie, la Croatie ou la Slovaquie), activement soutenues par le gouvernement de Budapest, conscient de l’importance stratégique d’établir une politique énergétique nationale34. La position géographique du pays, au carrefour entre Europe occidentale, orientale et balkanique, joua aussi en sa faveur.

Source : Introduction to the Hungarian energy market, Investhipa.hu

Une position floue et fluctuante

Comme bon nombre de pays européens, la Hongrie voit donc avec un certain scepticisme les tentatives récentes de l’Union de créer un marché énergétique intégré. Les intérêts divergents et les groupes de pression ne sont jamais très loin lors de l’élaboration de la législation européenne. Lors de la publication de la communication de la Commission européenne sur l’union de l’énergie en février 2015, Viktor Orbán qualifia le projet de « menace » pour la souveraineté de son pays35. L’obligation de contrôle juridique de la Commission des contrats énergétiques nationaux fut en effet un sujet particulièrement sensible pour un pays qui s’engageait déjà à l’époque dans des relations énergétiques très étroites avec la Russie. En mars 2015, le ministre hongrois de l’énergie ne se rallia pas à la position commune du groupe de Visegrád en faveur de l’union de l’énergie. D’une manière générale, la Hongrie se montra au début bien plus critique du projet que la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque (même si l’union de l’énergie fut étonnamment peu discutée lors des sommets du groupe en 2015 et 2016)36. Budapest signa pourtant une déclaration en décembre 2015 en faveur de l’union de l’énergie et continua de soutenir le projet dans les mois qui suivirent. La coopération régionale en Europe centrale, via notamment des grands projets d’infrastructures financés par l’Union européenne (avec les programmes Connecting Europe Facility ou bien le Fonds européen d’investissements stratégiques) sembla être une condition sine qua non pour l’acceptation d’une politique énergétique européenne plus intégrée37.

Plus récemment, la Hongrie a déclaré que la transition énergétique au niveau européen ne pouvait se faire sans recours au nucléaire, se frottant ainsi à de nombreuses résistances au sein des 28 membres de l’Union européenne et du Parlement européen, ce qui montre à quel point cette énergie est controversée38. Si le pays n’est pas prêt à abandonner l’atome, il semblerait enclin à se passer du charbon d’ici 2030, devenant le premier pays d’Europe centrale (et surtout au sein du groupe de Visegrád) à le faire39. Cela s’explique par l’importance du nucléaire en Hongrie, unique dans la région, parallèlement au déclin des ressources en charbon.

Pourtant, il serait prématuré de dire que la Hongrie s’est entièrement jetée dans les bras de la Russie. Budapest joue en effet sur plusieurs tableaux pour diversifier un tant soit peu ses approvisionnements en hydrocarbures. Cette diversification est en effet essentielle car les ressources domestiques se font rares40. Viktor Orbán annonça ainsi l’année dernière que la dépendance au gaz russe allait décliner à partir de 2022, grâce à des contrats signés avec la Roumanie, Chypre, ou encore le Qatar pour du gaz naturel liquéfié (GNL)41. La Hongrie se dit également prête à investir dans le terminal GNL en construction à Krk, en Croatie42. De plus, la sécurité énergétique joue un rôle important dans le travail du groupe de Visegrád, et Varsovie, Prague et Bratislava ne voient pas d’un bon œil l’influence russe sur l’approvisionnement énergétique en Europe centrale. Tout cela paraît néanmoins bien peu face à la dynamique des relations avec la Russie et sa manne considérable de ressources énergétiques à bas prix.

Il serait prématuré de dire que la Hongrie s’est entièrement jetée dans les bras de la Russie. Budapest joue en effet sur plusieurs tableaux pour diversifier un tant soit peu ses approvisionnements en hydrocarbures.

THéo Boucart

Après avoir qualifié l’union de l’énergie de « menace », la Hongrie s’est finalement ralliée au projet au cours de l’année 2015, même si sa position reste toujours floue et oscille constamment entre un soutien à une politique énergétique européenne (et ce que cela implique en termes de mix énergétique et de diversification des sources d’hydrocarbures) et un renforcement des liens déjà étroits avec la Russie, notamment dans les domaines du gaz naturel et du nucléaire. Un mouvement de balance qui n’est pas sans rappeler celui de son premier ministre au fil de son parcours politique.

Viktor Orban, de l’hostilité vis-à-vis de la Russie à « l’homme de Poutine »

La Hongrie est à un tournant de son histoire démocratique post-communiste. Les conservateurs du Fidesz gouvernent sans discontinuer depuis 2010 (ils avaient déjà le pouvoir entre 1998 et 2002) et imposent depuis lors un rythme toujours plus autoritaire. Leur majorité écrasante au Parlement leur donne en outre une légitimité conséquente aux yeux des électeurs. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas : Viktor Orbán est une figure de la politique hongroise depuis la chute du rideau de fer, et son parti politique, le Fidesz, fut un chantre du social-libéralisme avant de virer vers le conservatisme  au milieu des années 1990. Il fut une première fois premier ministre entre 1998 et 2002 avant de retourner dans l’opposition durant les années 2000. C’est alors qu’il développa une rhétorique hostile à la Russie et favorable à l’intégration euro-atlantique, même si ce positionnement était plutôt motivé par la politique intérieure et l’opposition aux gouvernements sociaux-démocrates43.

Le retour au pouvoir du Fidesz en 2010 marqua au contraire une proximité renouvelée avec le Kremlin. Viktor Orbán et Vladimir Poutine se rencontrèrent une dizaine de fois en neuf ans et affichent aujourd’hui une complicité insolente. Le secteur énergétique fut rapidement mis sur le devant de leur relation diplomatique. En janvier 2014, en pleine crise russo-ukrainienne qui allait déboucher sur un conflit ouvert, la Hongrie signa un accord avec la Russie sans appel d’offre pour que Rosatom, l’agence nucléaire russe, rénove et agrandisse à hauteur de 12 milliards d’euros la centrale nucléaire vieillissante de Paks44. En février 2015, juste avant l’adoption formelle par l’Union européenne de l’union de l’énergie, la Russie réaffirma sa volonté d’approvisionner la Hongrie en gaz à des taux préférentiels45. La question des tarifs est en effet fondamentale pour comprendre le positionnement de Viktor Orbán, le credo de l’énergie à bas coût étant le pivot de sa politique énergétique domestique et l’une des conditions de sa popularité. Si Budapest peut se targuer de profiter des prix du gaz les plus bas d’Europe centrale, elle le doit à ses bonnes relations avec Moscou46. La Hongrie ne peut absolument pas se permettre de connaître le même sort que l’Ukraine ou la Biélorussie qui connurent entre 2006 et 2009 des hausses vertigineuses des tarifs gaziers pour avoir manifesté des désaccords avec la Russie47.

La Hongrie ne peut absolument pas se permettre de connaître le même sort que l’Ukraine ou la Biélorussie qui connurent entre 2006 et 2009 des hausses vertigineuses des tarifs gaziers pour avoir manifesté des désaccords avec la Russie.

Théo Boucart

Pour autant, signe que Viktor Orbán n’est peut-être pas totalement dupe vis-à-vis de la Russie, celui-ci a réaffirmé explicitement lors d’une conférence de presse commune que la Hongrie cherchait à diversifier son approvisionnement énergétique pour que la relation russo-hongroise ne soit pas trop déséquilibrée. « Le fait est que [dans les relations commerciales entre la Hongrie et la Russie] les Russes ont un immense excédent, parce que nous importons du pétrole et du gaz de Russie. C’est une situation déséquilibrée et nous travaillons à un rééquilibrage »48. Cette déclaration, couplée aux multiples déplacements en Europe du ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, pour signer des contrats gaziers, montrent que la Hongrie ne veut pas se retrouver dans la même situation que l’Ukraine. L’intégration énergétique européenne rendrait de toute manière cela impossible, et la classe politique hongroise au pouvoir ne doit pas non plus l’oublier.

La Hongrie est devenue au fil des années un acteur de poids sur la scène énergétique régionale, reste à savoir si elle mettra son influence au service de l’intégration européenne ou d’une coopération toujours plus poussée avec la Russie.

Théo Boucart

La Hongrie au carrefour des influences

Selon un rapport paru en 2017 par l’AIE, la consommation intérieure brute de la Hongrie provient à 31 % du gaz, livré à 95 % par la Russie. Le pétrole, qui représente 27 % de sa consommation finale, est importé à plus de 75 %49. Ces taux très élevés, assez communs en Europe centrale du reste, sont conjugués à une volonté politique très forte du côté hongrois d’approfondir la relation énergétique avec Moscou, une relation de plus en plus politique sous Viktor Orbán, « l’enfant terrible de l’Union européenne ». L’influence de la Russie est donc prégnante, à la fois sur le système énergétique et sur l’économie entière. Pour autant, il est difficile de lire avec certitude la trajectoire énergétique de la Hongrie, entre intégration européenne certaine (notamment dans la transition énergétique et les interconnexions gazières avec ses voisins) et dépendance des livraisons russes d’hydrocarbures.

Encore aujourd’hui, le système énergétique de la Hongrie est profondément marqué par le legs soviétique, l’URSS avait en effet à cœur de contrôler les moindres aspects de la vie économique des pays du CAEM. Les approvisionnements en pétrole, en gaz et en nucléaire furent entièrement décidés par Moscou, même si cela s’est fait progressivement dans les quinze années suivant 1945. La chute du rideau de fer ne changea pas fondamentalement la donne, malgré des tentatives de réorientations vers l’Europe occidentale (via l’Autriche).

La Hongrie est devenue au fil des années un acteur de poids sur la scène énergétique régionale, reste à savoir si elle mettra son influence au service de l’intégration européenne ou d’une coopération toujours plus poussée avec la Russie. Budapest peut-elle être un futur carrefour de coopération entre l’Union européenne et la Russie, indispensable dans la configuration géo-énergétique européenne ?

Sources
  1. Il doit être précisé aussi que la politique énergétique est une « compétence partagée » entre les États membres et l’Union européenne, restreignant la marge de manoeuvre de cette dernière.
  2. Apremont B, La colonisation soviétique de l’Europe de l’Est, in Politique étrangère, 1957 : https://www.persee.fr/docAsPDF/polit_0032-342x_1957_num_22_2_2494.pdf
  3. Le CAEM. Échec d’une mutualisation imposée, in Le Courrier des pays de l’Est, 2004/6 (n° 1046), p. 52-64 : https://www.cairn.info/revue-le-courrier-des-pays-de-l-est-2004-6-page-52.htm
  4. Giovanni Graziani, La dépendance énergétique de l’Europe Orientale vis-à-vis de l’U.R.S.S. : 1945 – 1981, in Revue d’études comparatives Est-Ouest, 1983, p. 37-60 : https://www.persee.fr/docAsPDF/receo_0338-0599_1983_num_14_2_2430.pdf
  5. L’industrie hongroise depuis la fin de la guerre, in Économie et Statistique, 1949, p. 30-71 : https://www.persee.fr/docAsPDF/estat_1149-3755_1949_num_4_3_9442.pdf
  6. Tous les chiffres de cette partie sont tirés de : Giovanni Graziani, La dépendance énergétique de l’Europe Orientale vis-à-vis de l’U.R.S.S. : 1945 – 1981, in Revue d’études comparatives Est-Ouest, 1983, p. 37-60 : https://www.persee.fr/docAsPDF/receo_0338-0599_1983_num_14_2_2430.pdf
  7. Ibid.
  8. Site officiel de Wismut : 1954 – 1991 SDAG Wismut – State within the GDR state. URL : https://www.wismut.de/en/sdag_wismut.php
  9. Giovanni Graziani, La dépendance énergétique de l’Europe Orientale vis-à-vis de l’U.R.S.S. : 1945 – 1981, in Revue d’études comparatives Est-Ouest, 1983, pp. 37-60. URL : https://www.persee.fr/docAsPDF/receo_0338-0599_1983_num_14_2_2430.pdf
  10. Deak Andras, « Hongrie : des stratégies dans le tuyau », in Outre-Terre, 2011/1 (n° 27), p. 165-176. DOI : 10.3917/oute.027.0165 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2011-1-page-165.htm
  11. I.S.  Zheludev, L.V. Konstantino, Nuclear power in the USSR (page 43), bulletin de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Volume N°22 : https://www.iaea.org/sites/default/files/publications/magazines/bulletin/bull22-2/22204763445.pdf
  12. Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, 1986 – 2011 – L’accident de Tchernobyl et la sûreté des centrales d’Europe de l’Est, Les réacteurs VVER : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accidents-nucleaires/accident-tchernobyl-1986/consequences-industrie-nucleaire/Pages/4-Les_reacteurs_VVER.aspx#.Xb73ttXjI2w
  13. Giovanni Graziani, La dépendance énergétique de l’Europe Orientale vis-à-vis de l’U.R.S.S. : 1945 – 1981, Revue d’études comparatives Est-Ouest, 1983, pp. 37-60 : https://www.persee.fr/docAsPDF/receo_0338-0599_1983_num_14_2_2430.pdf
  14. Deak Andras, « Hongrie : des stratégies dans le tuyau », in Outre-Terre, 2011/1 (n° 27), p. 165-176. DOI : 10.3917/oute.027.0165 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2011-1-page-165.htm
  15. Ibid
  16. Site officiel du Sénat, La Hongrie : un partenaire stratégique pour l’économie française : https://www.senat.fr/rap/r07-052/r07-05215.html
  17. En novembre 2018, la structure actionnariale de MOL était la suivante : Capitaux flottants (45 %), État hongrois (25.2 %), bons du trésor hongrois (9.8 %), Oman Oil (Budapest) Limited (7.1 %), OTP Bank Plc (4.9 %), ING Bank N.V. (4.1 %), UniCredit Bank AG (3 %).
  18. Euractiv.fr, La Hongrie se lance dans les nationalisations, 05 septembre 2012 : https://www.euractiv.fr/section/europe-centrale/news/la-hongrie-se-lance-dans-les-nationalisations/
  19. consécutif au déclenchement de la deuxième guerre d’Irak.
  20. « Pétrole : un choc sans traumatisme apparent. Département analyse et prévision de l’OFCE », Revue de l’OFCE, 2005/4 (no95), p. 159-173. DOI : 10.3917/reof.095.0159 : https://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2005-4-page-159.htm
  21. Deak Andras, « Hongrie : des stratégies dans le tuyau », Outre-Terre, 2011/1 (n° 27), p. 165-176. DOI : 10.3917/oute.027.0165 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2011-1-page-165.htm
  22. Menahem H, Le Marché commun de l’Est : le Conseil d’assistance économique mutuelle, Politique étrangère, 1965 : https://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1965_num_30_4_2238
  23. Site officiel de la Commission européenne, Central and South Eastern Europe energy connectivity : https://ec.europa.eu/energy/en/topics/infrastructure/high-level-groups/central-and-south-eastern-europe-energy-connectivity
  24. Deak Andras, « Hongrie : des stratégies dans le tuyau », Outre-Terre, 2011/1 (n° 27), p. 165-176. DOI : 10.3917/oute.027.0165 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2011-1-page-165.htm
  25. The New York Times, Hungary chooses Gazprom over EU, 12 mars 2007 : https://www.nytimes.com/2007/03/12/world/europe/12iht-hungary.4885468.html
  26. Euractiv.fr, Grèce, Macédoine, Serbie et Hongrie s’intéressent au «Turkish Stream», 08 avril 2015 : https://www.euractiv.fr/section/energie/news/grece-macedoine-serbie-et-hongrie-s-interessent-au-turkish-stream/
  27. Introduction to the Hungarian energy market : http://www.investhipa.hu/images/hipa_kiadvany_intro_greenenergy_web_201808.pdf
  28. Ministère hongrois du développement national, National Energy Strategy 2030 : https://2010-2014.kormany.hu/download/7/d7/70000/Hungarian%20Energy%20Strategy%202030.pdf
  29. Budapest Business Journal, Hungary ahead of 2020 renewables target, but ratio slips, 26 janvier 2018 : https://bbj.hu/energy-environment/hungary-ahead-of-2020-renewables-target-but-ratio-slips_144495
  30. Hungary energy efficiency & Trends policies : https://www.odyssee-mure.eu/publications/efficiency-trends-policies-profiles/hungary.html
  31. Bankwatch Report, Hungary and the Energy Union: The devil is in the details, 04 août 2015 : https://bankwatch.org/blog/hungary-and-the-energy-union-the-devil-is-in-the-details
  32. Introduction to the Hungarian energy market : http://www.investhipa.hu/images/hipa_kiadvany_intro_greenenergy_web_201808.pdf
  33. Ibid.
  34. Portail de l’intelligence économique, La Hongrie, nouveau nœud énergétique en Europe, 05 mars 2015 : https://portail-ie.fr/analysis/1184/la-hongrie-nouveau-nud-energetique-en-europe
  35. Euractiv.com, Orbán says EU’s Energy Union is a threat to Hungary, 20 février 2015 : https://www.euractiv.com/section/energy/news/orban-says-eu-s-energy-union-is-a-threat-to-hungary/
  36. Mišík Matúš, Energy Union and the Visegrad four countries: blurred unity? : https://www.jstor.org/stable/26591892?read-now=1&refreqid=excelsior%3Aeca44fbb6b6f4640d477e93f5707df59&seq=9#page_scan_tab_contents
  37. Ibid.
  38. Euractiv.fr, La Hongrie ne veut pas d’objectif de neutralité climatique sans nucléaire, 19 juin 2019 : https://www.euractiv.fr/section/energie/news/hungary-says-no-climate-neutrality-without-nuclear-but-backs-eu-target/
  39. Euractiv.com, Hungary backs 2050 climate neutrality goal, bringing EU total to 22, 19 juin 2019 : https://www.euractiv.com/section/climate-strategy-2050/news/hungary-says-no-climate-neutrality-without-nuclear-but-backs-eu-target/
  40. Le charbon joue encore pourtant un rôle non négligeable (le lignite est extrait dans les reliefs du Nord du pays, surtout dans le massif de Mátra, la houille est exploitée dans le Mecsek, au Sud).
  41. About Hungary, PM Orbán: Gas cooperation between Hungary and Romania will reduce reliance on Russian gas, 12 février 2018 : http://abouthungary.hu/news-in-brief/pm-orban-gas-cooperation-between-hungary-and-romania-will-result-in-less-reliance-on-russian-gas/
  42. About Hungary FM : Hungary has offered to purchase 25 percent of new Croatian LNG terminal, 15 avril 2019 : http://abouthungary.hu/news-in-brief/fm-hungary-has-offered-to-purchase-25-percent-of-new-croatian-lng-terminal/
  43. Deak Andras, « Hongrie : des stratégies dans le tuyau », Outre-Terre, 2011/1 (n° 27), p. 165-176. DOI : 10.3917/oute.027.0165 : https://www.cairn.info/revue-outre-terre1-2011-1-page-165.htm
  44. L’Obs, Poutine en Hongrie chez son allié Viktor Orban, 30 octobre 2019 : https://www.nouvelobs.com/monde/20191030.AFP7663/poutine-en-hongrie-chez-son-allie-viktor-orban.html
  45. L’Express, Viktor Orban, le petit Poutine de Budapest, 21 février 2015 : https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/viktor-orban-le-petit-poutine-de-budapest_1652844.html
  46. About Hungary, Natural gas prices in Budapest are lowest in the EU, 10 septembre 2019. URL : http://abouthungary.hu/news-in-brief/natural-gas-prices-in-budapest-are-lowest-in-the-eu/
  47. LaTribune.fr, La guerre du gaz russe reprend, cette fois-ci avec la Biélorussie, 21 juin 2010 : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20100621trib000522358/la-guerre-du-gaz-russe-reprend-cette-fois-avec-la-bielorussie.html
  48. Press statement by Prime Minister V. Orbán following his talks with President of Russia V. Putin : http://abouthungary.hu/speeches-and-remarks/press-statement-by-prime-minister-viktor-orban-following-his-talks-with-president-of-russia-vladimir-vladimirovich-putin/
  49. Visegrad Post, Comment la question de l’énergie joue un rôle dans l’écart entre la Hongrie et la Commission européenne, 25 avril 2018 : https://visegradpost.com/fr/2018/04/25/comment-la-question-de-lenergie-joue-un-role-dans-lecart-entre-la-hongrie-et-la-commission-europeenne/