Lorsque les premiers pronostics concernant l’issue des élections du Land de Hambourg ont été annoncés dimanche soir, les commentateurs ont été unanimes : malgré les succès électoraux spectaculaires des deux grands vainqueurs de la soirée – le SPD et les Verts – ce ne sont pas tant les résultats des deux partis eux-mêmes, mais plutôt le score de l’AfD qui a le plus suscité l’enthousiasme au centre-gauche.
Avec l’annonce des résultats officiels des élections le 7 novembre, les tendances prévues par les premières projections de la soirée électorale sont devenues réalité : pour la première fois dans l’histoire de la République fédérale, une coalition de la CDU, du SPD, des Verts et du FDP n’a pas la majorité dans un parlement allemand.
Alors que les Verts s’affirment comme le deuxième, voire le premier parti d’Allemagne, ils peinent à s’imposer dans l’Est du pays où chrétiens-démocrates, gauche radicale et extrême-droite prédominent. Le jeune mouvement écologiste de la République démocratique allemande a pourtant joué un rôle essentiel dans la création du parti. Quelles perspectives électorales se dessinent pour les Verts dans l’Est, trente ans après la chute du mur de Berlin ?
Les élections régionales qui ont eu lieu en Saxe et au Brandebourg, deux Länder très favorables au parti d’extrême-droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), ont vu un grand parti de gouvernement terminer en tête. Avec l’AfD en deuxième position, les négociations de coalition s’annoncent complexes.
L’arithmétique électorale met au jour le dilemme en apparence paradoxal auquel seront confrontés tous les partis allemands dans les années à venir : soit accepter le principe d’une longue période de « Très Grandes Coalitions », soit payer le prix du chaos institutionnel.