Emmanuel Veron


Tandis que l’activité reprend, Pékin s’affaire à la préparation d’un événement. Le Parlement chinois y tiendra en effet sa session annuelle à partir du 22 mai. La date a été annoncée mercredi 29 avril à l’issue d’une réunion du comité permanent de l’Assemblée nationale populaire. Simple chambre d’enregistrement, une réunion parlementaire de ce type – surtout dans le contexte post-Covid19 – permettra toutefois d’observer lesquels parmi les députés auront trouvé grâce auprès de Xi Jinping ou au contraire, celles et ceux qui seront tombés.

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En dépit des déclarations lénifiantes de Narendra Modi sur la nécessité de la coopération internationale pour lutter contre le Covid-19, les tensions de l’Inde avec le voisin chinois sont au rendez-vous. L’opinion publique indienne est en proie à la crainte d’un «  péril jaune  ». Cette situation a des racines profondes dans l’histoire et la géopolitique.

La diplomatie tonitruante de Pékin en matière d’«  assistance  » aux pays touchés par le Covid-19 est une application claire du stratagème «  faire du bruit à l’est et frapper à l’ouest  ». En ce sens, Taïwan, gros caillou dans la chaussure de la politique étrangère de Pékin, pourrait faire l’objet d’une affirmation militaire de la RPC, qui pourrait ainsi se débarrasser de l’un des «  cinq poisons  » (Taïwan, les Ouïghours, les Tibétains, le Falungong et les militants pro-démocratie) définis par le régime communiste. Face au Léviathan chinois, et dans le contexte de la lutte au coronavirus, la vigueur avec laquelle Taïwan défend son modèle politique intéresse et interroge le reste du monde.

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Alors que la pandémie de COVID-19 est en train de tuer et de s’étendre sur toute la planète, les autorités centrales chinoises se sont lancées, par l’intermédiaire de leur diplomatie, dans une révision de l’histoire de l’apparition et de la dissémination du virus. Cet article propose une synthèse de l’action politique de Pékin à l’international depuis le début de la crise.

Le président Trump avait fait de la réduction du déficit commercial avec la Chine une des priorités de son mandat. Après près de deux ans de guerre commerciale, le déficit commercial s’est réduit de 323 à 296 milliards de dollars entre 2018 et 2019. Dans la foulée, le 15 janvier dernier était marqué par la signature d’une première phase d’accords entre les deux premières puissances économiques, synonyme d’une «  trêve  » et dans le même temps, par la signature entre le Japon, l’UE et les Etats-Unis d’une déclaration commune pour réformer l’OMC, en particulier pour mieux juguler les actions déloyales chinoises.

Forum initié par Pékin pour étendre son influence économique et politique en Europe en dehors du cadre institutionnel et formel de l’Union européenne (UE), le format 17+ 1 ne cesse de prendre de l’ampleur et défie l’UE. L’année 2020, selon les mots du Ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi, est à un «  nouveau point de départ historique  ».

Réunis du 12 au 14 novembre au Brésil pour le sommet annuel des BRICS, les grands pôles de puissances non occidentales (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont mis en avant les sujets commerciaux, passant sous silence les sujets politiques compliqués et la situation dégradée en Amérique latine. Organisation internationale étatique, les BRICS donnent à comprendre les convulsions contemporaines du système international  : atomisation des acteurs, concurrence technologique, géoéconomie et recomposition stratégique des pôles de puissance.

Au lendemain des célébrations des 70 ans de règne communiste à Pékin, Xi Jinping est polarisé par la diplomatie régionale en Asie du Sud, où les tensions entre les trois puissances nucléaires structureront ou non les équilibres stratégiques pour demain. En quelques jours, Xi a rencontré le premier ministre pakistanais, l’indien et le népalais, de quoi illustrer le «  grand jeu  » de la diplomatie dite de bon voisinage de la République populaire. Si le voisin pakistanais est l’allié stratégique de la zone, l’Inde représente le grand concurrent stratégique de la Chine dans la durée.