Résultat pour : poutine


En amont du troisième anniversaire du lancement de l’invasion russe, les États-Unis de Donald Trump refusent désormais de qualifier la Russie d’agresseur — l’unité occidentale qui avait conduit la réponse à l’invasion du février 2022 n’est plus.

Comment en est-on arrivé là  ?

Au cours des dix derniers jours, le président américain a fait voler en éclats le positionnement américain vis-à-vis de la Russie de ses prédécesseurs — démocrates comme républicains — en marquant un tournant absolument inédit dans l’histoire américaine.

L’alignement entre le Kremlin et les États-Unis de Donald Trump devient de plus en plus total et pourrait donner lieu à une victoire diplomatique décisive de Vladimir Poutine.

Mais un signal faible clef montre l’extrême fragilité de l’économie russe après trois ans de guerre.

Le maintien de la pression pourrait changer la donne en faveur de l’Ukraine.

À la tête du pays le plus sanctionné au monde et alors que la nouvelle administration américaine semble se plier à toutes ses demandes, le maître du Kremlin met en scène son retour sur la scène internationale

Dans son dernier grand entretien, Vladimir Poutine annonce une nouvelle réalité  : le partage de l’Ukraine marquera le retour du temps des Empires — la «  normalisation  » avec Washington marquera la vassalisation définitive du continent.

Pour négocier sur l’avenir de l’Ukraine, Poutine a envoyé l’un de ses anciens collègues du KGB  : Sergueï Narychkine.

Homme clef du premier cercle du Kremlin, il préside la Société historique russe.

Son obsession récurrente  : le démembrement total de l’Ukraine. Et une méthode  : puiser dans les sources historiques que lui fournissent les extrêmes droites européennes.

Nous le traduisons.

«  Un dictateur sans élections, Zelensky ferait mieux d’agir vite — ou il n’aura plus de pays.  »

Dans un message posté mercredi 19 février sur son réseau social, le président américain a accusé l’Ukraine d’avoir déclenché la guerre d’agression qu’elle subit de la part de la Russie de Poutine. C’est à ce jour la prise de position la plus agressive de Donald Trump contre Kiev.

En pleine négociations avec Moscou sur la fin de la guerre, une condition russe, légitimée par Washington, semble émerger  : l’éviction de Volodymyr Zelensky.

Lors de la rencontre entre la délégation américaine, menée par Marco Rubio, et une délégation russe menée par Sergueï Lavrov aujourd’hui, mardi 18 février, en Arabie saoudite, Washington a signalé vouloir «  prendre les mesures nécessaires pour normaliser le fonctionnement de nos missions diplomatiques respectives  ».

Une rencontre entre Trump et Poutine pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.

La Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, assure qu’un accord conclu dans le dos de l’Ukraine et de l’Europe ne pourra pas être mis en œuvre et a dénoncé aujourd’hui, jeudi 13 février, la «  politique d’apaisement  » vis-à-vis de la Russie de Poutine. Volodymyr Zelensky devrait rencontrer à partir de demain à Munich des représentants et dirigeants américains et européens, alors que Trump a annoncé hier «  l’ouverture des négociations  » de paix avec Poutine.

La position de la Maison Blanche rejoint-elle définitivement celle du Kremlin  ?

L’appel entre Trump et Poutine semble en tout cas confirmer une profonde convergence  : la volonté d’exclure l’Europe de la table des négociations sur la guerre en Ukraine.

Analyse à chaud d’un moment clef.

En décrivant l’Agence américaine pour le développement international «  d’organisation terroriste  » qui aurait financé des laboratoires biologiques, responsables notamment de la pandémie de Covid, Musk et Trump reprennent les éléments de langage du discours officiel russe — allant même jusqu’à le dépasser.

À Moscou, le démantèlement de l’USAID est lu comme une reconnaissance par l’administration républicaine de la véracité de la propagande du régime de Poutine.