Alors que les tensions s’intensifient dans l’Himalaya, Pierre Grosser revient sur l’histoire longue et compliquée de la frontière entre l’Inde et la Chine.
Alors que les tensions s’intensifient dans l’Himalaya, Pierre Grosser revient sur l’histoire longue et compliquée de la frontière entre l’Inde et la Chine.
Le foyer de contagion de COVID-19 détecté à Pékin dans le marché alimentaire de Xinfadi la semaine dernière est finalement déclaré « sous contrôle » par les autorités, mais non sans débats. En outre, la longue marche de la Chine vers l’indépendance dans la production de semi-conducteurs continue.
L’Etat-parti a publié dimanche dernier un « livre blanc » de l’histoire de l’épidémie de COVID-19 en Chine. Ce document de 37 000 caractères constitue « l’histoire officielle » du COVID, relate le déroulement de l’action gouvernementale et fait la part belle aux réussites de l’exécutif. Au même temps, deux nouveaux rapports sur le commerce avec la Chine ouvrent une nouvelle perspective sur les relations entre l’UE et Pékin.
Si conflit entre la Chine et les États-Unis il y a, la situation à Hong Kong a été une nouvelle occasion de dénoncer la Chine pour l’administration Trump. Mais cette dernière a vite été rattrapée par la situation intérieure aux États-Unis.
À l’aube du XXIe siècle, la construction géopolitique de l’Asie-Pacifique est progressivement devenue trop restreinte. Au cours des années 2000, l’émergence de l’Inde d’une part, et la fulgurante ascension de la Chine d’autre part, qui s’applique à déployer ce qu’elle nomme à l’époque sa stratégie du « collier de perles », mettent en évidence le lien entre océans Indien et Pacifique. Après le pivot américain vers l’Asie, le concept géopolitique d’Indo-Pacifique semble plus approprié pour décrire les logiques qui traversent cette zone, et cette vision est progressivement adoptée par l’ensemble des acteurs internationaux.
Alors que la crise se déploie dans le monde entier, de nouveaux rapports de force émergent. Lassée d’être prise en étau au sein du conflit impliquant les deux géants mondiaux, l’Europe s’est alors risquée à promouvoir une meilleure coopération entre Pékin et Bruxelles. Dans un communiqué paru dans le China Daily, les ambassadeurs européens appellent à un rapprochement entre l’Europe et la Chine. Problème ? La diplomatie européenne a fait les frais d’une censure chinoise intraitable modifiant une phrase du texte original.
Après avoir vécu l’épidémie de COVID-19 à distance, de l’autre côté de sa frontière avec la Chine, la Birmanie a rapidement été rattrapée par le virus, même si les chiffres demeurent relativement bas. Surtout, la crise révèle combien la Birmanie s’inscrit dans la zone d’influence chinoise : elle constitue un carrefour essentiel des Nouvelles routes de la soie.
Le récit de la gestion de la crise par les gouvernements est à la fois un enjeu diplomatique extérieur et de politique intérieure. La Chine, la Russie et l’Europe semblent déjà se positionner et investissent le terrain narratif.
Au cours de la semaine dernière, des dizaines de soldats russes sont partis de Moscou pour gagner le nord de l’Italie, afin d’aider à la lutte contre le coronavirus. Mais les politiciens et les sources de renseignement disent que cela pourrait être la première pièce d’une stratégie à long terme pour gagner de l’influence politique dans le pays, en réponse à l’intervention de la Chine dans le pays.
La monnaie a pris des formes très différentes au cours des siècles, évoluant avec le degré de sophistication des sociétés. Le mouvement actuel, tourné vers des monnaies numériques émises par des banques centrales, peut-il s’accélérer une fois la pandémie du COVID-19 passée pour compenser via ce biais les pertes économiques liées à l’épidémie ? En particulier, le développement de telles monnaies par d’autres pays, à commencer par la Chine, peut-il amener les Etats-Unis à faire évoluer sa position, avec en jeu la préservation de la domination du dollar comme outil politique américain ?