Asie Intermédiaire

Long format

Dans un affrontement préparé depuis quarante ans, la guerre d’Iran s’est étendue.

Elle est aussi devenue celle du Liban.

Depuis Beyrouth, l’autrice de Black Wave (Henry Holt, 2020) propose de qualifier le moment intense et plein d’incertitudes qui se déploie au Moyen-Orient  : une mini guerre mondiale.

Depuis le début de l’opération déclenchée avec Israël contre l’Iran, l’administration Trump met en scène un spectacle de la cruauté en s’appuyant sur les codes du jeu vidéo.

Cette gamification de la guerre n’est ni accidentelle, ni gratuite.

En récupérant une grammaire visuelle comprise par des millions de jeunes joueurs, elle s’inscrit pleinement dans le projet politique trumpiste.

La carte des réactions des pays à l’opération militaire lancée samedi 28 février par les États-Unis et Israël révèle la fragmentation accélérée de tous les espaces d’alliance.

Mais avec le développement de la guerre, une dynamique de fond semble s’installer  : alors que l’alignement des pays occidentaux sur les États-Unis n’est pas unanime, autour de la Chine, l’Asie affiche des positionnements plus cohérents.

Trump a joué — Khamenei est mort.

Mais le Moyen-Orient n’est pas un échiquier dont les hommes forts pourraient bouger les pions à leur guise.

Pour la championne d’échec iranienne exilée en France Mitra Hejazipour, après l’heure des prédateurs s’ouvrira le temps des sociétés.

Alors que la guerre d’Iran s’étend désormais à seize pays, le Pakistan et l’Afghanistan voisins sont eux aussi engagés dans un conflit ouvert.

Si ces deux théâtres sont distincts, leurs interdépendances pourraient créer un embrasement régional.

Pour comprendre la géopolitique de cette Asie intermédiaire, il faut revenir à l’histoire — Christophe Jaffrelot signe une étude fouillée.

La guerre — le pétrole — le dollar.

Le cycle qui s’est ouvert au Moyen-Orient après l’opération lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran a quelque chose d’étrangement familier.

Mais si la dynamique politique profonde de cette crise est fondamentalement différente, il faut se préparer à entrer dans une instabilité structurelle.

Entretien avec Helen Thompson, autrice d’une Histoire politique du monde fossile (Flammarion, 2024).

Netanyahou a réussi à faire basculer Trump dans ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre sans fin.

Après les visées des néoconservateurs de l’ère Bush, le Premier ministre veut forger «  un nouveau Moyen-Orient  » par la guerre.

Entretien avec le spécialiste germano-égyptien Asiem El Difraoui.

Du brouillard de guerre émergent des images et des données.

Plus de 1 000 frappes, plusieurs centaines de morts, dont le guide suprême Ali Khamenei, des milliers de drones et de projectiles, et des millions de personnes impactées dans plus de dix pays.

Après 24 heures, la guerre pour le changement de régime se poursuit en Iran et dans tous les pays du Golfe—même si Donald Trump annonce avoir donné son accord pour reprendre les négociations.

Nous faisons le point.

L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique depuis 1989 est mort hier, 28 février 2026, dans le cadre des attaques menées par les États-Unis et Israël contre la République islamique afin de provoquer un changement de régime par la force.

Sa disparition, sans savoir si elle conduira à un changement de régime par la force, à une transition vers un proche, ou vers un chaos généralisé, marque la fin d’un pouvoir de 37 ans qui a défini et structuré la nature du pouvoir de la République islamique.

Nous revenons sur les grandes étapes de son existence, de son enfance pieuse au Nord de l’Iran et sa rencontre avec l’ayatollah Khomeyni pendant des études de théologie au renforcement progressif de son pouvoir brutal au sein du régime iranien.

La carte des réactions des pays à l’opération militaire lancée ce matin, 28 février, par les États-Unis et Israël, révèle l’implosion de normes communes au sein du bloc occidental et plus généralement une fragmentation accélérée de tous les espaces d’alliance.

Il n’y a pas d’«  Occident  » opposé à un «  Sud global  », pas de BRICS + ou d’OTAN, mais une seule ligne de fracture non linéaire qui traverse tous les ensembles et se traduit par une absence de positionnement global.