Entretiens


Au lendemain du sommet de Madrid, le secrétaire général de l’OTAN revient pour le Grand Continent sur la doctrine qui a guidé son action depuis le début de son mandat. Alors que l’Alliance atlantique s’apprête à accueillir la Suède et la Finlande, il assume qu’elle soit aussi une arène de négociations et un espace de frictions mais plaide, dans le contexte de la guerre en Ukraine, pour une solidarité stratégique entre ses membres.

Alors qu’une nouvelle génération de dirigeants de gauche est en train de transformer en profondeur l’Amérique latine, nous avons rencontré l’ancien président équatorien Rafael Correa. Selon lui, si la séquence ne redéfinit pas les équilibres, elle change le sens de l’action politique dans la région. La prochaine étape, si Lula parvenait à être élu au Brésil, serait de faire bloc en vue de constituer une union monétaire.

Le retour d’un conflit armé en Europe en 2022 nous a obligé à repenser brutalement la catastrophe et l’improbable. Pour le réalisateur du Chant du loup, «  il faudrait appliquer au réel des questions que l’on se pose dans la fiction.  » Antonin Baudry revient dans cet entretien sur ce que le travail de l’imagination peut nous apprendre en temps de guerre.

Quel rôle la science prédictive peut-elle jouer à l’ère d’incertitude ouverte par le Covid-19 et la guerre en Ukraine  ? L’un de ses spécialistes mondiaux, Spyros Makridakis, évoque l’étendue des capacités de la prévision pour nous aider à anticiper le futur. Il nous invite aussi à être conscient des limites de cette technique dès lors que des éléments plus politiques – qui impliquent le jugement humain – entrent en jeu.

Dans un entretien accordé au Grand Continent en pleine crise du corridor de Suwałki, l’eurodéputée et ancienne ministre de la défense lituanienne Rasa Juknevičienė revient sur la crise entre la Lituanie et la Russie autour de Kaliningrad. Alors que les membres de l’OTAN se réunissent à Madrid, elle plaide pour une approche commune des menaces et pour une stratégie de défense européenne axée autour des capacités.

Contre la critique souverainiste de l’Europe, il faut prendre au sérieux l’argument de la souveraineté. Dans cette conversation, Céline Spector et Paul Magnette reviennent sur ce que l’Union a hérité de Montesquieu, de Hamilton, mais aussi de Machiavel. Pour tenir la route, le projet fédéraliste qu’ils défendent tous deux de manière différente devra s’appuyer sur l’assimilation du conflit interne – qui fait aussi l’essence de sa démocratie.

Comment mettre en œuvre de vastes solutions lorsqu’on est contraint par des portefeuilles limités  ? Comment façonner la politique dans des domaines qui dépassent leurs associations traditionnelles  ? La députée verte irlandaise Neasa Hourigan revient sur l’expérience des Verts au gouvernement en Irlande. Pour faire de l’espace aux voix dissidentes tout en essayant d’infléchir l’action gouvernementale, elle revient sur l’importance du dialogue avec les autres écologistes européens.

«  Les États-nations ont trouvé le moyen de raconter l’histoire de 1848 comme si elle ne s’était passée que dans un seul pays.  » Des nationalismes aux constitutions, les deux grands historiens Jonathan Sperber et Christopher M. Clark brossent une perspective continentale de 1848 et montrent comment la dimension technocratique de l’Union européenne actuelle est, aussi, un héritage de ce moment.

En adoptant un langage qui entretient l’ambiguïté, le Président français est-il en train de se mettre l’Europe à dos  ? Pour le journaliste et député européen Bernard Guetta, accorder le statut de candidat à l’Ukraine est une priorité politique absolue à court terme. Dans le temps long, il faudra selon lui non pas une Confédération, mais bien une Union à plusieurs étages, profondément repensée.

La question du rapport à l’Europe reste un clivage majeur pour la gauche française, écartelée entre le soutien à la construction d’un ordre politique européen et ses ambitions en matière de progrès social et écologique. Depuis que l’alliance électorale NUPES a proposé l’utilisation de la «  désobéissance  » prônée par la gauche radicale, de nombreuses questions émergent – sur sa nature profonde mais aussi sur sa portée tactique.