Comptes-rendus


Dans ce long entretien, Stella Ghervas revient sur ses hypothèses, ses méthodes de travail, et la spécificité disciplinaire d’une approche historique de la paix en Europe. Alors que son ouvrage se termine à l’époque contemporaine, sa perspective historique sur la paix résonne forcément, au moment où la guerre apparaît en pleine mutation pendant que les organisations internationales qui ont émergé après la Seconde Guerre mondiale paraissent toujours plus impuissantes.

À travers son livre The Rise and Fall of the British Nation publié en 2018, l’historien David Edgerton propose une histoire renouvelée de la Grande-Bretagne du XXe siècle qui remet en cause les orthodoxies établies sur la place du libre-échange dans l’histoire britannique, l’importance de l’État-providence et la continuité de l’idéologie impérialiste. Nous avons ainsi demandé à ce critique du Brexit comment l’histoire du XXe siècle pouvait éclairer l’état actuel de la politique britannique.

Māris Bērziņš signe avec son Forgeron du futur un «  docufiction  » exhumant Vilis Lācis, personnage controversé de l’histoire lettonne, tristement célèbre pour avoir signé des décrets de déportation dans les années 1940. Dans un style romanesque associant documents historiques et extrapolations fictionnelles, Bērziņš s’enfonce à travers ce roman dans la conscience de son personnage.

L’arrivée au pouvoir de Silvio Berlusconi a eu une profonde influence sur le paysage politique italien, accordant une importance croissante à la communication et à l’image. Pour Giovanni Orsina, la force de Berlusconi réside dans l’utilisation de la «  méthodologie libérale utopique  », réduisant la politique à un cadre en la vidant de sa substance idéologique. Nous publions les bonnes feuilles du livre de conversations entre David Allegranti et Giovanni Orsina, Antipolitica. Populisti, tecnocrati e altri dilettanti del potere.

Le grand poète, prosateur et essayiste estonien, Jaan Kaplinski, est décédé le 8 août à l’âge de 80 ans. Grand polyglotte et intellectuel européen, Kaplinski a placé la nature et la pensée écologique au cœur de son œuvre, opposant au capitalisme occidental une vision holistique de la vie et de l’univers.

Dans le chaos du débat contemporain, les intellectuels ont un rôle à jouer  : loin des injures et des invectives, continuer à prendre parti, à «  soutenir des idées et en combattre d’autres  ». Nous publions les bonnes feuilles du dernier livre d’Elisabeth Roudinesco, Soi-même comme un roi. Essai sur les dérives identitaires.

European Review of Books est une nouvelle revue littéraire consacrée à l’Europe dans sa définition, et dans ses frontières les plus larges. Dans cet entretien, Sander Pleij, l’un de ses fondateurs, développe les valeurs qu’il entend donner à cette revue  : ouverture, pluralité, multilinguisme… et une nouvelle manière de faire l’Europe culturelle – au-delà des frontières géographiques.

La Chine contemporaine est profondément intégrée au capitalisme mondial. Pourtant, la croissance fulgurante de la Chine n’a pas conduit à une convergence institutionnelle pleine et entière avec le néolibéralisme, allant à l’encontre du triomphalisme de l’après-guerre froide qui prédisait la “victoire sans partage du libéralisme économique et politique” dans le monde entier (Fukuyama, 1989, 3). […]

Dans ce dernier opus en date d’une série familiale, Édouard Louis livre le portrait de sa mère, héroïne de laquelle il se sent proche en raison d’une solidarité de dominés, dans une relation nocive avec le père «  Bellegueule  », figure repoussante de Qui a tué mon père. Une nouvelle fois, mais de manière différente, Édouard Louis joue sur les limites entre la politique et la littérature – au risque de s’épuiser.