Selon les chiffres du groupe d’analystes ukrainiens DeepState, la progression territoriale de l’armée russe en Ukraine s’est établie à 5 km² au cours du mois d’août, soit environ 0,16 km² d’avancée par jour en moyenne. Il s’agit du chiffre le plus bas depuis octobre 2023, lorsque Moscou avait mis fin à la contre-offensive de l’été, dans la région de Donetsk.

La méthodologie utilisée par DeepState fournit une image imparfaite du ralentissement du rythme de l’armée russe.

  • Le groupe est notamment dépendant des autorités ukrainiennes, qui peuvent chercher à retarder la communication de certaines informations afin de ne pas nuire à une opération en cours.
  • Ainsi, en août, DeepState a attendu que le gouvernement communique sur les résultats de la contre-offensive lancée fin janvier pour les répercuter sur ses propres cartes, plutôt que de signaler au fil des opérations l’avancée réelle des forces ukrainiennes, provoquant ainsi un décalage artificiel.
  • Selon l’analyste Clément Molin, les résultats d’une nouvelle contre-attaque dans le secteur de Lyman pourraient être annoncés dans les prochains jours. Celle-ci pourrait conduire à la récupération de 200 km² de territoire supplémentaire par Kiev 1.
  • Malgré une chronologie parfois imprécise, la majorité des analystes s’accordent pour dire que l’armée russe ne parvient plus à avancer en Ukraine comme elle avait pu le faire depuis le début de l’année 2024.

L’essoufflement des capacités offensives ainsi que la montée en puissance des forces ukrainiennes pourraient pousser Poutine à une nouvelle escalade.

  • Selon une source proche du président russe, Poutine craint que mettre fin à la guerre sans avoir été en mesure de prendre le contrôle du Donbass pourrait sérieusement menacer son pouvoir – il aurait déclaré à un de ses proches : « Ils vont me pendre » 2.
  • La visite le 25 août du directeur de la CIA à Moscou pourrait avoir constitué l’élément déclencheur de cette escalade : Poutine aurait en effet considéré celle-ci comme un signe de faiblesse de Trump, de la même manière qu’il avait interprété la visite de Bill Burns, en novembre 2021, comme un signe de faiblesse de Biden.
  • Poutine pourrait notamment décider d’envoyer 300 à 400 000 soldats supplémentaires combattre sur le front, ce qui correspondrait à une hausse de 40 à 55 % par rapport aux forces russes déjà présentes en Ukraine, sans pour autant annoncer une nouvelle mobilisation.

Selon des renseignements obtenus par les services ukrainiens, Moscou pourrait notamment chercher à lancer de nouveaux assauts en direction de Kiev et de Tchernihiv, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière avec le Bélarus 3. La dernière offensive russe sur cet axe remonte à 2022, dans le sillage de la tentative ratée de décapitation du pouvoir.