Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s’est rendu hier, mardi 25 août, à Moscou pour la première fois depuis sa prise de fonction, en janvier 2025. Il s’agit de la visite de plus haut niveau d’un responsable américain en Russie depuis le dernier déplacement de Steve Witkoff et Jared Kushner, en janvier.

  • La dernière visite connue d’un directeur de la CIA en Russie remonte à novembre 2021, lorsque William Burns, le prédécesseur de Ratcliff, avait mis en garde Poutine contre une tentative d’invasion de l’Ukraine.
  • Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait déclaré mardi 25 lors d’une conférence de presse ne « disposer d’aucune information » concernant l’arrivée à Moscou d’un avion de transport de l’armée américaine, dont le vol depuis Riga avait été repéré quelques heures plus tôt par des analystes OSINT.

Aujourd’hui, mercredi 26, Peskov a déclaré que Poutine n’avait pas rencontré Ratcliffe lors de sa visite, et que les seuls contacts entre celui-ci et le Kremlin avaient eu lieu « par l’intermédiaire des services de renseignement » russes 1.

  • Le flou entourant les motifs de la visite de Ratcliffe à Moscou, alors que l’attention de l’administration Trump est principalement tournée vers l’Iran depuis février, alimente les spéculations.
  • Plusieurs chaînes Telegram russes évoquent des négociations relatives à la libération d’un prisonnier américain, Charles Wayne Zimmerman, arrêté en 2025 puis condamné en janvier à cinq ans de prison pour être entré en Russie avec une arme 2.
  • Un vol américain avec un itinéraire similaire avait eu lieu l’an dernier pour libérer l’enseignant américain Mark Fogel, condamné en 2022 à 14 ans de prison pour trafic de cannabis, en échange de l’homme d’affaires russe Alexander Vinnik.

Une autre hypothèse, avancée par des analystes cités par le Wall Street Journal, évoque une visite destinée à mettre en garde Poutine contre toute velléité de « tester la détermination de l’OTAN » par des attaques contre l’Alliance 3.

  • Les renseignements américains estiment que la Russie pourrait chercher à escalader sa guerre hybride menée contre l’Europe en lançant des cyberattaques, voire en envoyant des combattants dans un pays du flanc Est de l’Alliance.
  • Les opérations de sabotage russes en Europe ont presque quadruplé entre 2023 et 2024. La Russie a fréquemment recours à des agents « jetables » pour mener des opérations de sabotage, d’espionnage, de diversion ou d’autres attaques hors de son territoire national.

D’autres sources évoquent de possibles discussions visant à associer la Russie aux négociations avec l’Iran. Moscou soutient activement le régime de Téhéran en lui livrant, via la mer Caspienne, des composants destinés à la fabrication de drones, de munitions et d’explosifs.

  • La visite a été en partie coordonnée avec l’Ukraine, à qui les États-Unis ont demandé de « suspendre les frappes » sur Moscou et sa région jusqu’au départ de Ratcliffe 4.
  • Donald Trump, qui a confirmé mercredi 26 la visite, a suggéré qu’elle pourrait servir les efforts pour mettre fin à la guerre en Ukraine, déclarant : « Il pourrait en ressortir quelque chose. Nous travaillons d’arrache-pied pour que cette guerre prenne fin ».
  • Une visite à Moscou de Steve Witkoff et Jared Kushner, principaux négociateurs de Trump, initialement prévue avant la fin du mois d’août, a été reportée la semaine dernière. Ces derniers auraient également « repoussé » une visite prévue à Kiev « en raison des frappes de missiles et de drones ».
Sources
  1. « Песков : контактов Путина и директора ЦРУ Рэтклиффа не было », TASS, 26 août 2026.
  2. Publication sur Telegram de Кровавая барыня, 25 août 2026.
  3. Alexander Ward et Thomas Grove, « CIA Director John Ratcliffe Makes Surprise Trip to Moscow », The Wall Street Journal, 25 août 2026.
  4. Barak Ravid, « CIA director Ratcliffe visits Moscow », Axios, 25 août 2026.